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"Les saisons de la nuit" de Colum McCann.
"Les saisons de la nuit" de Colum McCann.
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"Les saisons de la nuit" : les terrassiers de New York, ces sans-abri que nous ne voulons pas voir

Patrick Brandily

Patrick Brandily

Patrick Brandily est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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Les saisons de la nuit

De Colum McCann
Traduction : Marie Claude Peugeot - Éditeur 10/18 - 320 pages - 7,50 €

Recommandation

BonBon

Thème

Ces “ laissés-pour-comptes” d'une Amérique industrielle qui se développe, ce froid glacial que l'auteur sait si bien nous faire pénétrer dans les os, ces terrassiers qui au péril de leur vie sont des héros. Héros de la misère, héros du quotidien. Qu'ils creusent un tunnel sous l'Hudson ou qu'ils montent les structures des gratte-ciels, ces forçats de la misère n'en demeurent pas moins profondément humains. Une fois usés, ils redeviennent des squatteurs de ces tunnels qu'ils connaissent si bien. Décrits dans leur langue du quotidien, ces milliers de sans-abri participent à une fresque que trop nombreux sont ceux qui feignent de les ignorer.

Points forts

- Une épopée surprenante des bas-fonds new-yorkais dans tous les sens du terme.

- Une intéressante observation d’un microcosme obscur et prenant, fort bien rédigée. 

Points faibles

Est-ce vraiment un point faible un écrit qui dérange ?

En deux mots ...

 McCann n'a pas été un écrivain-touriste-voyeur ; il est dans la narration et au cœur du sujet.

Un extrait

 “ Les journées passent avec une langueur perverse. Même le jour est long à s'éteindre. On dirait qu'un présent éternel met sans cesse l'avenir à plus tard. Walker prend le présent en horreur. Il tourne la pendule face au mur. Le seul jour qu'il reconnaisse est le dimanche, parce que, par la fenêtre, il voit des gens qui vont à l'office. Il est agacé par leurs dents blanches, leur joie, l'assurance avec laquelle ils tiennent leur bible sous le bras. A les voir marcher ainsi sur la pointe des pieds , on croirait que les gospels les portent déjà…”

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L'auteur

 Colum McCann est d'abord un «  irlandais journaliste ». Né en 1965 près de Dublin, son père est journaliste et éditeur. Ainsi il fera des études, lui aussi, de journaliste afin de devenir reporter. Anglophone, il quitte, comme tant d'autres, son île à 21 ans pour un parcours initiatique - comparable à la même démarche qui a animé Jack Kerouac-  pour un circuit à vélo de 20 000 km. Puis il découvre le Japon avant de s’installer définitivement aux Etats-Unis. Il enseigne l' Écriture créative à l' Université de la Ville de New York et publie de nombreux ouvrages, dont son premier livre Le Chant du Coyote, Editions Marval, 1996 (VO Songdogs, Phoenix House, 1995); Les Saisons de la nuit, édité en 1998 chez Belfond et réédité en 2000, 10/18 (VO This Side of Brightness, Orion, 1998). En 20009, il reçoit  le National Book Award pour Et que le vaste monde poursuive sa course folle, Editions Belfond, 2009 (VO Let The Great World Spin, Airport & Export, 2009). Son dernier livre, Apeirogon, vient d'être publié en août 2020, enjolivé par un style d'une concision extrême qui met en scène deux homme terrassés par la vie puisque chacun a perdu une fille par fait de guerre. L'un est israélien, l'autre est palestinien un «  chant d'horreur » mais ces deux-là ensemble arrangent, imaginent l'espoir. Nulle place pour la joie. Magnifique. 

Ci-dessous, le lecteur intéressé pourra se reporter à la chronique de Véronique Roland  concernant cet ouvrage (Apeirogon) ainsi qu'à celle de Treize façons de voir

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