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Maxime Minot : "Le projet de société d'Emmanuel Macron est fataliste et injuste. Celui de Marine Le Pen est chaotique. La droite doit incarner une autre voie en phase avec la société de 2019"
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Avenir de la droite

Maxime Minot : "Le projet de société d'Emmanuel Macron est fataliste et injuste. Celui de Marine Le Pen est chaotique. La droite doit incarner une autre voie en phase avec la société de 2019"

Maxime Minot, le député Les Républicains de la 7e circonscription de l'Oise, a signé un "appel" à la reconstruction de la droite. En exclusivité pour Atlantico, il évoque la crise traversée par le parti ainsi que les perspectives pour l'avenir de la droite.

Maxime Minot

Maxime Minot

Maxime Minot (Les Républicains) est Député de l’Oise. Il est également Secrétaire de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation. 

 

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Atlantico.fr : Vous avez signé avec 10 autres jeunes députés LR un "appel" à la reconstruction de la droite dans lequel vous demandez un "nouveau départ". Quelle place comptez-vous tenir dans la nouvelle mouture en germe de votre parti, durement touché par les répliques des défaites électorales essuyées depuis 2017 ?

Maxime Minot : Il ne s’agit pas d’une ambition personnelle. Je ne crois d’ailleurs pas en la femme ou en l’homme providentiel(le) mais plutôt en un mouvement qui se régénère, qui se renouvelle. L’objectif est vraiment de faire en sorte que notre famille politique tire les conclusions des échecs de ces dernières années.Chaque sensibilité doit pouvoir s’exprimer en toute liberté. Nous devons nous moderniser, nous adapter à la société d’aujourd’hui, il nous faut redonner l’envie de voter Les Républicains aux sympathisants de droite.


Vous affirmez vouloir créer un « comité de renouvellement » qui aurait une place officielle au sein du parti, en somme, en quoi est-ce que cela consisterait ?

Nous demandons, en effet, la création d’un Comité du Renouvellement indépendant afin d’y regrouper tous ceux - élus locaux, maires, parlementaires - qui veulent participer au renouveau de la droite française, qu’ils soient adhérents ou non aux Républicains ! Cette nouvelle entité permettra d’amener de nouveaux visages et surtout de poser les bases d’un projet solide et concret pour notre pays.

Il nous faut vraiment être force de proposition et enfin faire entendre nos idées y compris sur les questions sociétales. Le gouvernement actuel veut museler l’opposition et, force est de constater qu’il y parvient. On le constate dans les médias et je le constate moi-même à l’assemblée où les députés LREM se revendiquent du nouveau monde mais n’écoute pas les oppositions, même quand celles-ci se rejoignent. C’est un déni de démocratie. Et nous nous devons de le combattre.

Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse vous ont d'une certaine façon répondu en quittant l'un la présidence du parti, l'autre le parti lui-même. Voyez-vous le départ de tous ces ténors de la droite comme une conséquence naturelle de la situation dans laquelle votre parti se trouve ? Y a-t-il une forme de clarification, voire de passage de témoin ?

Une fois de plus, les journalistes et les commentateurs politiques ne parlent que des personnes. Il faut en finir avec cette guerre des chefs et des egos. Ne cédons pas à la facilité individuelle. 

Il nous faut refonder notre projet de fond en comble et ne pas avoir peur d’être de droite. Je peux vous assurer que de l’intérieur, chez nos militants, chez nos élus locaux, l’audace est là, elle n’est pas dans l’abandon, pas dans la fatalité du moment. Le vrai courage aujourd’hui pour notre famille, c’est d’accepter de se renouveler, de se remettre en question. L’objectif est de faire mentir tous ceux qui n’auront pas eu la force d’y croire encore. C’est aussi cela l’honneur en politique : ne pas abandonner.

Comprenez-vous la critique de Valérie Pécresse quand elle dit que le parti est verrouillé ?

Je peux comprendre les griefs de Valérie à l’encontre des Républicains mais dans cette période troublée je pense que notre devoir collectif est de rassembler nos sensibilités et nos talents pour reconstruire une droite moderne au service des Français. Le projet de société d'Emmanuel Macron est fataliste et injuste. Celui de Marine Le Pen est chaotique. La droite doit incarner et proposer une autre voie en phase avec la société de 2019 !

Pour aller plus loin, n'avez-vous pas l'impression que cette barrière générationnelle est un problème social qui dépasse le monde politique ?

L’exemple des manifestations mondiales de la jeunesse pour sauver la planète témoignent de l’engagement citoyen encore très fort chez les jeunes y compris dans notre pays. Peut-être le monde politique n’a-t-il pas su parler aux jeunes… Je pense que notre parti doit se réinventer tant sur le fond que sur la forme. Nous devons nous saisir de tous les sujets qui touchent nos concitoyens et y apporter des réponses concrètes que ce soit sur l’écologie, sur le travail ou encore sur les questions sociétales … Il s’agit là de points d’entrée qui permettront de retisser un horizon d’attente pour tous nos jeunes concitoyens. 

Vous parlez de perte de repère de la droite. Pour vous, quels sont les repères indépassables pour être vraiment un homme de droite ? 

Ma vision de la droite est celle d’un mouvement populaire, au sens noble du terme, ancrée dans nos territoires, animée par l’esprit du rassemblement, qui aborde l’ensemble des sujets et qui s’adresseà tous les Français ! 

La matrice fondatrice de la droite de demain, à partir de laquelle toutes nos idées découleront me semble-t-il doit être celle de la valeur travail, le travail qui émancipe, le travail qui intègre, le travail qui répare l’ascenseur social ! En somme, une droite qui reconnaît la valeur travail, qui protège et qui incarne l’équilibre entre les droits et les devoirs.

Les municipales vont être cruciales pour LR, car les municipalités restent un des bastions de votre parti, et le gouvernement est récemment passé à l'offensive. Ne craignez-vous pas que la tentation du "chacun pour soi" pousse nombre de maires LR à choisir de ne pas jouer la carte partisane ? 

Je ne pense pas qu’elles soient à ce point cruciales. Vous savez, les choix opérés par les électeurs sur cette élection ne concerneront pas des enjeux nationaux mais bien des problématiques locales. C’est une vision très parisienne que de penser que les gens votent uniquement pour un parti aux municipales. Vous savez j’aime rappeler que j’ai été maire d’Étouy, une petite commune de l’Oise. Mes administrés souhaitaient avant tout qu’on réponde à leurs problèmes quotidiens. D’ailleurs la liste que je conduisais en 2014 reflétais différentes sensibilités politiques. Alors peut-être les grandes villes seront certes scrutées à la loupe mais il ne faudra pas en tirer de conclusions trop hâtives.  

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