"La nuit de feu" : au secours Blaise ! | Atlantico.fr
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"La nuit de feu", Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel.
"La nuit de feu", Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel.
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"La nuit de feu" : au secours Blaise !

Le titre du dernier livre d'Eric-Emmanuel Schmitt est emprunté à Blaise Pascal. Mais le contenu n'est pas au même niveau...

Christine Geliot-Lallour pour Culture-Tops

est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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Christine Geliot-Lallour est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Show.

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L’auteur

Normalien,philosophe, écrivain contemporain d’une grande notoriété, Eric Emmanuel Schmitt est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, d’essais, de romans, de nouvelles qui lui ont valu les plus beaux succès et les meilleures récompenses. Oscar et la Dame Rose, l’Evangile selon Pilate et la Nuit de Valogne, par exemple, sont aujourd’hui des incontournables de la littérature française contemporaine.

Thème

Eric Emmanuel Schmitt a 28 ans. Il participe en tant que scénariste à un projet de film sur le Père Charles de Foucault et se rend sur les lieux, dans le Hoggar, avec son réalisateur, Gérard (qui n’a pas de nom de famille). Ils partent au désert en voyage organisé, avec un guide et un groupe de touristes. Après quelques jours, Eric Emmanuel est très ému par l’expérience du désert et épuisé par le changement de rythme tant physique que psychologique : il pète les plombs, sème le groupe pour montrer sa joie, et fait une fulgurante expérience de décorporation.

Points forts

1) Quelques très belles pages sur le désert.

2) L’efficacité de l’agence de voyage ! Qu’on me donne l’adresse tout de suite ! Accueil exquis, paysages magnifiques, organisation sans faille, excellente cuisine, mystère du désert, parfum des ambiances ; des partenaires de marche choisis : un astronome et un géologue pour expliquer tout cela … et une prof de maths catholique pour en discuter ; et pour guide, un seigneur du désert bon et beau à mourir...

3) L’excellent bouquet de thèmes : la chaleur, l’effort physique, l’amitié, le partage des idées, le mysticisme, les traces de Charles de Foucault, le désert et le ciel de ses nuits, la Révélation divine, wouaaaah !

Points faibles

1) Le titre. Emprunter à Blaise Pascal le titre de sa révélation divine, datant de 1654, « la Nuit de feu », c’est téméraire ! D’accord, il y a prescription...

2) Manque de simplicité dans l’écriture. Elle ne coule pas, les dialogues manquent de naturel.

3) Manque de simplicité, et en même temps, manque de fond : pour un philosophe de son niveau, pour un écrivain cultivé, Eric Emmanuel Schmitt étonne en nous livrant des pensées et des conversations, notamment sur le problème du mal, qui me rappellent celles de mes copines de collège en classe de troisième.

4) L’occasion manquée d’une belle réflexion sur la vie de Charles de Foucault, sur sa prière et sur ses valeurs. Après son expérience mystique, l’auteur conclut : « Ce que Foucault avait à me dire m’avait été révélé au pied du Mont du Tahat », autrement dit : j’ai vécu la même chose et ce type n’a rien à m’apprendre !!! Et Schmitt préfère nous livrer ses états d’âme et son moi au monde...

Une phrase

Ou plutôt un court extrait: « A l’inverse de l’angoisse, la joie m’avait intégré au monde et mis en face de Dieu. Grace à elle, je ne me sentais plus isolé, étranger, mais fécondé, uni. La force qui tenait le Tout grouillait également en moi … Si l’angoisse m’avait fait trop grand, la joie m’avait ramené à de justes proportions : pas grand par moi-même, plutôt grand par la grandeur qui s’était déposée en moi. L’infini constituait le fond de mon esprit fini, comme un bol qui aurait contenu mon âme »…

En deux mots

Enrichi de son expérience mystique, Eric-Emmanuel Schmitt décrit les conséquences bénéfiques qu’il en tire : d’anxieux, il est devenu durablement joyeux et il a enfin confiance en lui-même, ce qui va lui permettre d’entreprendre sa carrière d’écrivain, une réussite. Il se demande « pourquoi moi ? ». J’aurais préféré qu’il disserte sur « pour quoi faire ? » Pour prier, pour adhérer à une religion ? Aider les gens dans la misère, enseigner la foi ? Visiter les malades ? Faire le bien ? Son Dieu s’apparentant à l’Etre suprême, militer pour rapprocher les religions ? Il a bel et bien écrit par la suite sur le sujet religieux. Mais, pour moi, sa « Nuit de feu » n’est pas son meilleur opus. Si j’ai bien compris, sa rencontre avec Dieu, c’était un super coup de pouce psychologique, un antidépresseur avec effet retard à vie. En tout cas, ça lui a très très bien réussi !

Recommandation

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Informations

"La nuit de feu", Eric-Emmanuel Schmitt, éditions Albin Michel.

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