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revue de presse du 11 mars Valeurs Actuelles Marianne L'Express Emmanuel Macron
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Revue de presse des hebdos

Vers une alliance LR-LREM pilotée en sous-main par Nicolas Sarkozy ?; Le retour de Wauquiez fait grincer les dents chez LR, Lisnard irrite Jacob; L’industrie française coule, le nucléaire coute de plus en plus cher

Mais aussi : EDF va très mal.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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"Vaccination le mal français" titre Le Point avec un montage montrant Emmanuel Macron assis sur un escargot, mais le dossier n'oublie pas la responsabilité de l'Europe dans ce fiasco. L'Express tire "Les leçons du Covid" même si c'est un peu tôt, alors que la crise est loin d'être finie, et que nous n'avons donc aucun recul. Marianne essaie d'expliquer "Comment les obsédés de la race colonisent la culture". Valeurs, pas vraiment optimiste comme souvent, explique "Comment ils ont liquidé la France". Et Challenges annonce "La vérité sur le nucléaire" qui serait devenu un gouffre financier tout en étant ami du climat.. Tandis que l'Obs met en avant une réalisatrice, Céline Sciamma.

Vers une alliance LREM-LR ?

"Sarkozy est très ambigu sur ses relations avec le président de la République" selon un cadre LR cité par Valeurs Actuelles. Et "selon ce cacique Sarkozy et ses soutiens envisagent une grande alliance LREM-LR. Et il faut dire que les différences de fond entre les deux partis sont tenues" ajoute perfidement l'hebdo dans une de ses deux pages de brèves intitulées "Coulisses Politiques".

Wauquiez : aimé et détesté au sein de LR

Laurent Wauquiez compte s'appuyer sur ses bons résultats dans sa région pour revenir dans la politique au niveau national remarque Le Point : " brandissant les rapports de la Cour des comptes et des agences de notation financière, Wauquiez affirme que la région Auvergne-Rhône-Alpes est « la mieux gérée du pays », bien qu’aucun classement formel n’existe. De quoi financer, tout en ayant réduit sa dette, un plan de relance régional de 1 milliard d’euros… "

Un député LR du Centre estime  "Il sera faiseur de roi, le candidat de la droite ne pourra pas être désigné sans lui." Mais d'autres sont nettement plus critiques :"« Aboyer en permanence, sauter à la gorge, démolir l’autre… C’est pire que Trump », a dit  de Wauquiez, l’ex-LR Xavier Bertrand, qui le déteste". Sans oublier un cadre du parti qui déclare : « Quand je vois Wauquiez dans un escalier, je ne sais jamais vraiment s’il monte ou s’il descend ».

Wauquiez, lui, ne mâche pas ses mots à propos de LR : " « Est-ce que je pense que ma famille politique est sur le bon chemin quand elle propose le revenu minimum d’activité sans travail ? Non. Est-elle sur le bon chemin quand elle dit que la dette n’a aucune importance ? Non. Ce soulagement de politiques qui pensent avoir trouvé le chaudron magique et s’autorisent n’importe quoi, historiquement, n’a conduit qu’aux grandes débâcles. »

David Lisnard n'enthousiasme pas le patron de LR

Ce n’est pas l’amour fou entre David Lisnard, le maire de Cannes, et la direction des Républicains selon Le Point. : " Christian Jacob ne porte pas David Lisnard dans son cœur. L’un des proches du patron des Républicains lâche : « Il est si prétentieux et se croit si puissant intellectuellement ! »" 

Le naufrage de l'industrie française

"Pechiney, Arcelor, Alstom, Alcatel, depuis le début des années 1980, l'État regarde passivement les entreprises stratégiques françaises être rachetées par les concurrents internationaux" constate Valeurs (12 pages) très pessimiste : "Santé, nucléaire, télécoms, la France ne sait plus faire."

Cela ne vas pas fort non plus dans le domaine de la défense : Valeurs souligne que le nouveau de l'armée française est allemand. Le prochain char d'assaut, qui va remplacer le Léopard sera fabriqué par une entreprise franco-allemande. Et le prochain programme d'avion de chasse voit la France reléguée au rang d'exécutant par son partenaire allemand qui veut accéder aux technologies et au savoir-faire de Dassault développées pour le Rafale.

Quel avenir pour l'énergie nucléaire ?

"Dix ans après Fukushima, l'atome, énergie décarbonée, mise sur la montée de l'urgence climatique pour rebondir. Pour le moment, ce scénario fait pschitt." estime Challenges (12 pages). Et du côté d'EDF "l'atome qui a fait la fierté du groupe public, est aujourd'hui sa plaie. Pour autant, l'électricien ne compte pas l'abandonner."

Ceci alors que, selon un rapport de RTE (Réseau de Transport Électricité) estime que l'Hexagone pourrait "potentiellement" se passer du nucléaire à l'horizon 2050. Car le prix du megawattheure aux normes de sécurité post Fukushima (entre 120 et 70 euros) n'apparaît plus compétitif face à la baisse des renouvelables  dont le coût s'est effondré: 60 euros pour l'éolien terrestre, 45 euros pour l'éolien marin, et 45 euros pour le voltaïque.

EDF va très mal

L'électricien public est à un tournant de son histoire. Lourdement endetté, il n'a pas les moyens de peser dans la transition énergétique, le PDG d'EDF est inquiet, et on comprend pourquoi en lisant l'Express (2,5 pages).

" Nous sommes entravés par notre endettement [NDLR : 42,3 milliards d'euros fin 2020] et par la réglementation actuelle, qui nous oblige à vendre notre électricité à nos concurrents à un prix trop faible. Ce poison nous coûte chaque année 2 milliards d'euros. Cela nous oblige sans cesse à faire des arbitrages. Nous ne pouvons pas répondre aux nombreuses opportunités qui se présentent pour construire de la production d'électricité bas carbone, et nous sommes obligés de vendre régulièrement des actifs. Sans Hercule, nous risquons de devenir un énergéticien de second rang. Nous serons dépassés par les grands pétroliers (Shell, Total, Eni, BP) qui arrivent en force sur l'électricité, et nous le sommes déjà par plusieurs électriciens européens, comme l'espagnol Iberdrola, l'italien Enel... " explique, entre autres Jean-Bernard Lévy  qui plaide pour le plan Hercule qui veut réorganiser les activités en trois entités.

Barons locaux et fièvre électoraliste

"Ratage d'Hidalgo, volontarisme calculé de Christian Estrosi, esbroufe activiste d'Hervé Morin... La critique sur la stratégie Covid du gouvernement par les responsables régionaux ne résiste pas à la réalité". Challenges (2 pages) n'est pas tendre avec les "barons locaux en pleine fièvre électoraliste."

Parti Socialiste : les frères Guérini devant la justice

" Jean-Noël Guérini, l'ancien homme fort du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône, et son frère Alexandre seront jugés à partir du 15 mars devant la sixième chambre correctionnelle de Marseille.. La justice aura à examiner un système de favoritisme d'une ampleur inégalée" souligne l'Obs (3 pages).

Longtemps, le sénateur Jean-Noël Guérini, a cru pouvoir échapper à une comparution devant le tribunal. Son cadet, Alexandre, encore plus fort en gueule et surnommé pour sa part  l'empereur des ordures ménagères », en était tout aussi convaincu. Sur des écoutes judiciaires on l'entend: «Je suis inatteignable, je suis indestructible. » Il aura fallu dix ans pour que tous deux soient renvoyés devant la justice. Alexandre doit répondre de blanchiment, abus de confiance, abus de biens sociaux. Jean-Noël, seulement, si l'on peut dire, de prise illégale d'intérêts précise l'Obs.

La haine entre Marine Le Pen et Éric Dupond-Moretti

" Chez Marine Le Pen, officiellement, on ne se soucie guère des attaques de Dupond-Moretti. "Son attitude est de notoriété publique et depuis déjà plusieurs années totalement obsolète et inefficace", répond à L'Express la présidente du RN, qui ne relève même plus la dernière attaque du ministre la traitant de "menteuse" et "d'incompétente", à la radio, le 3 mars." remarque l'Express (2 pages).

L'hebdo ajoute "Il n'empêche, dans un parti qui concentre tous ses efforts à lisser son image et à crédibiliser son programme, être sans cesse renvoyé au Front national des origines est désagréable. "Il est fier de dire qu'il appelle encore le Rassemblement national "Front national". Mais il n'est pas capable d'un seul argument, ça dit beaucoup de sa paresse intellectuelle", évacue Philippe Olivier, beau-frère et conseiller spécial de Marine Le Pen".

Christian Jacob : pas de surenchère face au RN

Le président des Républicains, Christian Jacob, est convaincu que la droite ne doit pas s'adonner à la surenchère en courant derrière le Rassemblement national selon l'Obs. Il a fait réaliser, à usage interne, un sondage (Harris-Interactive) pour savoir où sont passés les électeurs LR qui ont voté Macron en 2017 : 70 % des électeurs de François Fillon avaient en effet reporté leur vote sur le candidat d’En Marche ! Résultat : aujourd’hui, un tiers de ces électeurs sont rentrés au bercail LR ; un deuxième tiers est composé de déçus de Macron qui se sentent « un peu perdus » ou « en l’air » ; quant au troisième tiers, il reste pour le moment fidèle au chef de l’État." Christian Jacob est persuadé qu’un large espace existe pour une droite qui saurait s’adresser aux catégories populaires.

Un fleuron soviétique pour aider Notre-Dame

"La manufacture de montres russes Raketa a perdu de sa splendeur, pas son savoir-faire. Reprise par des Français, elle souhaite participer à la restauration de l'horloge de la cathédrale Notre-Dame de Paris". Belle histoire dans l'Express (1 page) mais pourquoi en parler alors que rien n'est décidé ?

Une réalisatrice influente

L'Obs se passionne pour la réalisatrice Céline Sciamma (8 pages) "Avec ses films féministes et son action militante, la réalisatrice de "Portrait de la jeune fille en feu" poursuit un objectif : modifier le rapport de force entre hommes et femmes dans le cinéma. A la veille des César, récit d'une conquête, menée par une cheffe de bande dont la radicalité dérange et fascine."

Vaccins : échec européen et français

""Bureaucratie sclérosante, scepticisme tétanisant, lobbying paralysant… Comment le pays de Pasteur s’est retrouvé à la traîne d’une campagne vitale" Le Point tente d'expliquer ce fiasco.

Est-ce une consolation, l'Allemagne, d'habitude citée comme une référence, a les mêmes problèmes, selon Le Point : " Les déceptions de la vaccination outre-Rhin ternissent la fin du règne de la chancelière."

 « Quand on sortira de tout ça, la plus grosse cicatrice sera européenne. Le chacun pour soi était impossible, mais les grands pays auraient dû piloter les commandes, car on sait que la Commission est un monstre d’administration. Il aurait fallu incarner l’Europe en nommant un Monsieur ou une Madame Vaccin, qui aurait tenu un point presse quotidien, harcelé les labos, comme on a nommé un Monsieur Brexit avec Michel Barnier », regrette l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine. 

On note par ailleurs "la revanche de Vladimir Poutine" : " Considéré pendant plusieurs mois comme un vaccin de seconde catégorie, le Spoutnik V affiche d’excellents résultats." et "les études sont formelles, le Spoutnik V est efficace à plus de 91 %. Il fait donc jeu égal avec les « grands » vaccins occidentaux. Pour beaucoup de scientifiques, ce n’est pas une surprise." 

Humiliation ultime, la Grande-Bretagne post-Brexit nous toise avec ses 23 millions de doses injectées, contre 40 millions pour l’UE au grand complet. 

Le Point pose des questions qui restent sans réponses. Exemple : " « Pourquoi diable n’ont-ils pas eu recours à l’armée ? Il y a deux ministères qui savent faire en matière de logistique, c’est l’Intérieur et les Armées. Pas la Santé, qui a voulu tout garder ! » s’emporte un expert des questions sanitaires. Ceci alors qu'en Angleterre " L’armée, réquisitionnée dès novembre pour coordonner les opérations et s’assurer que chaque Britannique puisse avoir accès à un centre à moins de 10 miles (16 kilomètres) de chez lui, a joué un rôle de premier plan." 

Les ratés de la campagne vaccinale révèlent les carences de l’État en matière de logistique, selon deux spécialistes de cette discipline interrogés par Le Point.

L'échec des politiques face au coronavirus

"Beaucoup de gens pensent que le très lourd bilan du coronavirus démontre l'impuissance de l'humanité face à la toute-puissance de la nature. En réalité, 2020 a montré que l'humanité était loin d'être impuissante. Les épidémies ne sont plus des forces incontrôlables de la nature. La science en a fait des défis surmontables. Mais pourquoi, alors, déplore-t-on autant de victimes et de souffrance ? À cause de mauvaises décisions politiques" écrit dans l'Express (5 pages), Yuval Noah Harari, historien, et auteur d'ouvrages à succès comme "Sapiens". 

Succès scientifique et échec politique : "Une des raisons qui expliquent le décalage entre les prouesses des scientifiques et l'échec des politiques est que les premiers ont coopéré à l'échelle internationale tandis que les seconds étaient généralement en bisbille". 

Dans le même dossier la philosophe Monique Canto-Sperber estime (2 pages) que, "la crise sanitaire, loin de condamner le libéralisme, en démontre la nécessité : l'État doit savoir gouverner avec le parlement et la société." tout en reconnaissant que " Comme toute crise majeure, cette année de pandémie a joué le rôle de révélateur. Elle a jeté une lumière crue sur les inégalités de notre société ainsi que sur la vulnérabilité des étudiants, des personnes âgées et démunies, des enfants pauvres, de même que de tous ceux vivant de l'économie informelle ou dépendant des aides sociales.

Culture et race

Pour illustrer l'influence "des obsédés de la race" dans l'univers de la culture (11 pages) Marianne cite le "rapport sur la diversité à l'Opéra national de Paris" publié en janvier. "répondre, le texte préconise des solutions racialistes aux relents de révolution culturelle woke : création d’un poste de « responsable diversité et inclusion », mise en place d’un baromètre comptabilisant les salariés de l’Opéra par couleur de peau, « sensibilisation » du personnel aux « biais cognitifs via des formations, démarchage d’« artistes non blancs de haut niveau », expurgation des passages « offensants » des œuvres classiques... Mesure phare : l’installation d’« objectifs de recrutement en matière de diversité ». Bientôt des quotas ethniques à l’Opéra de Paris ?

Un pro-nucléaire présenté comme écologiste

L'Obs s'intéresse (6 pages) à Jean-Marc Jancovici, décroissant fataliste et pro-nucléaire, sceptique face aux énergies renouvelables, qu'il présente, étrangement, comme une "icône écologiste". En tout cas Jancovici n'aime ni les politiques, ni les journalistes, mais beaucoup les entreprises qui font vivre son cabinet, avec son associé "parfois accusé d'être le porte-voix d'EDF."

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