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La barrière à bulles est testée notamment dans les canaux d'Amsterdam.
La barrière à bulles est testée notamment dans les canaux d'Amsterdam.
©Robin van Lonkhuijsen / ANP / AFP

Atlantico Green

La barrière de bulles : une nouvelle méthode simple et écolo pour piéger le plastique sur les cours d’eau

Il suffisait d'y penser : des ingénieurs ont eu l'idée de créer une barrière de bulles d'oxygène pour piéger les déchets qui flottent sur les cours d'eau, avant qu'ils arrivent en mer. Contrairement aux barrières classiques, les bulles n'ont aucun impact sur la faune et la flore.

François Galgani

François Galgani

François Galgani est responsable de projet à l'Ifremer et spécialiste d'écotoxicologie marine. Il est particulièrement concerné par les effets toxicologiques des pollutions à caractère industriel sur les organismes marins.

Il est par ailleurs  spécialisé dans le suivi des déchets en mer et sur le littoral, leur dégradation et leurs impacts  sur la faune marine. A ce titre, il coordonne un groupe européen en support à la mise en place de la directive Stratégie pour le milieu marin.

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Atlantico : Des chercheurs travaillent depuis plusieurs années sur une barrière à bulles pour empêcher la pollution plastique de s'écouler des cours d'eau vers l'océan. Comment fonctionne cette technologie ?  Est-elle efficace ?

François Galgani : Cette technologie est simple : il s'agit de mettre une canalisation au fond du cours d'eau et d'envoyer des bulles, un peu comme on peut le faire dans un aquarium. Ces bulles forment une barrière et retiennent tous les objets ayant un comportement passif en surface, c'est-à-dire principalement les feuilles, les branchages, etc., et les conduit vers un endroit où il est possible de les récupérer. C'est un principe simple d'utilisation mais limité à certaines zones : on ne peut ainsi pas l'utiliser en mer car il y a trop de houle. En tout cas, les tests dans des zones calmes montrent que ça semble marcher.

Le procédé est-il économiquement et écologiquement viable ?

Tout dépend du coût de l'oxygénation. En termes de matériel, le coût n'est pas prohibitif car le système est relativement simple, mais il faut évaluer son coût de fonctionnement. Sur le plan environnemental, dans les zones très polluées – comme les fleuves européens ou les canaux – ça peut servir aussi à réoxygéner l'eau, ce qui est intéressant. En plus d'être un outil pour récupérer les plastiques et limiter leur arrivée en mer. C'est probablement plus efficaces que les grosses opérations de nettoyage qui ont été envisagées en milieu marin et qui sont très difficiles à mettre en œuvre. L'autre gros avantage par rapport aux autres systèmes de récupération des déchets en mer, qui peuvent aussi prendre des poissons ou de la faune marine, est que les animaux ne sont pas freinés par la barrière de bulles. Sur le plan environnemental, c'est donc plus adapté que les autres systèmes.

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Ne devrions-nous pas installer des barrières à bulles à chaque cours d'eau pour vraiment combattre la pollution plastique dans l'océan ? Est-ce vraiment faisable ?

Cela se justifie dans certaines zones particulièrement problématiques. En Asie du Sud-Est, par exemple, où l'on trouve de grands fleuves qui connaissent des apports importants et qui manquent de systèmes d'assainissement, ce procédé est intéressant. Mais dans d'autres cours d'eau, si l'on prévient les arrivées, il n'est pas forcément nécessaire. Une stratégie doit être élaborée.

Les barrières à bulles peuvent-elles fonctionner dans la mer ?

Dans certaines parties du milieu marin – des baies, etc., relativement fermées – cela peut être utile, notamment pour limiter les arrivées sur les plages. Mais cela ne peut pas être utilisé partout, du fait de l'état de la mer. Des projets européens sont en cours afin de comprendre dans quelles conditions ce type de procédé pourrait être utilisé en milieu marin.

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Quelles sont les limites de ce genre de projets ?

C'est utile lorsqu'il y a beaucoup de déchets et que l'on se trouve dans un milieu fermé – comme un fleuve où l'on peut récupérer tout ce qui arrive et le canaliser vers un piège. Par contre, dans des milieux ouverts ou avec trop de courant, c'est inutile.

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