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Un grand format d’affichage pour le chronographe le plus subtil du marché…
Un grand format d’affichage pour le chronographe le plus subtil du marché…
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Atlantic Tac

Quand la girafe se concentre et quand le chronographe se recentre : c’est l’actualité de pré-rentrée des montres

Mais aussi le petit chalet des petits rouges-gorges, la grande Lune qui mène les diamants à la baguette, le gyromanège enchanté, le soleil qui se lève où il veut, la sélection d’un grand prix et la rentrée horlogère…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ARNOLD & SON : Sélénitement précis…

Avec un nom qui rend hommage à un des plus fameux maîtres-horlogers britanniques du XVIIIe siècle, la manufacture suisse Arnold & Son n’en appartient pas à un groupe… japonais (Citizen), qui a au moins l’intelligence de la laisser exceller dans son segment de référence : la haute mécanique à valeur ajoutée artistique. Au programme de la nouvelle Luna Magna Ultimate I, l’affichage d’une très grande lune tridimensionnelle (12 mm) tapissée de saphirs bleus et de diamants blancs. C’est en soi spectaculaire, mais le cadran en cristaux de ruthénium – illuminé comme une Voie lactée dans un ciel d’été – et le compteur des heures en opale blanche de ce boîtier en or de 44 mm, serti de 7,62 carats de diamants (vingt diamants baguette) pour les seules cornes et de 112 diamants baguette pour la lunette, méritent le détour. Il faudra 122 ans de bons et loyaux services pour que cette Lune superlative prenne un jour d’affichage en retard – ce qui laisse de la marge aux huit futurs heureux possesseurs de cette série limitée, qui auront tout de même sacrifié plus de 160 000 heures pour se noyer dans la lumière de cette Lune cerclée d’un anneau de diamants…

SINGER REIMAGINED : La précision se gagne au centre…

On ne va pas vous refaire ici l’histoire des Porsche retravaillées par l’atelier Singer en Californie : deux à trois ans d’attente et un ou deux bons gros millions de dollars sont nécessaires pour se mettre au volant de ces 911 incomparablement restaurées, personnalisées ou sublimées avec des nouveaux matériaux high tech. Les montres Singer Reimagined procèdent de la même démarche : elles visent à procurer aux propriétaires de ces Porsche – mais pas qu’à eux – ce qui se fait de mieux en matière de chronographe suisse, tant pour ce qui concerne le design que la mécanique, la légèreté du boîtier ou la performance du mouvement. C’est là que le chronographe Singer DLS impose sa différence : un boîtier en titane de 43 mm qui débanalise l’idée qu’on se fait d’une montre dédiée à l’automobile, un mouvement automatique à lecture centrale (mécanique Agengraph) qui affiche toutes les fonctions au centre (les heures et les minutes de la montre, sur des disques périphériques), mais aussi les heures, les minutes et les secondes du chronographe, avec une lisibilité optimisée par ce format inhabituel, des poussoirs déportés à dix heures et deux heures, des finitions irréprochables, un style qui fait chavirer les cœurs des Porschistes et des autres. On peut évidemment assortir les couleurs de sa montre à celle de sa carrosserie ou de sa sellerie – les amateurs ne s’en privent. Précision utile : aussi extraordinaires soient-elles, les montres Singer Reimagined sont dix, vingt ou trente fois moins coûteuses que les 911 revues et corrigées par l’atelier Singer…

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JAQUET DROZ : Le petit chalet dans la vallée…

La manufacture Jaquet Droz fête les trois cents ans de la naissance de Pierre Jaquet-Droz, l’horloger suisse du XVIIIe siècle dont son nom célèbre la mémoire. Ce maître-horloger fournissait les cours européennes en pièces mécaniques et horlogères enrichies de spectaculaires automates. Cette montre mécanique rend un hommage animé à ces automates : on y découvre deux rouges-gorges qui veillent sur leur nid, dans un décor faussement naïf qui fait découvrir le chalet natal de Pierre Jaquet-Droz dans sa vallée neuchâteloise où frissonne une rivière, la Ronde, dont les rives bruissent d’insectes (un papillon, une libellule). Les oiseaux chantent quand on sollicite le poussoir à neuf heures, les œufs s’ouvrent et les oisillons semblent piailler dans cette montre en or rouge de 47 mm, où les heures et les minutes se lisent sur un cadran en onyx noir déporté à douze heures. Trois siècles plus tard, la magie des belles mécaniques du temps est toujours au rendez-vous…

HERMÈS : L’écho des savanes…

Le nom de cette montre Arceau d’Hermès, baptisée « Les trois grâces », a été inspiré par la vision pleine d’émotions de trois girafes africaines cachées derrière un acacia au cœur d’une savane africaine – une scène de premier matin du monde, rendue encore plus sensible pour l’étrangeté légèrement extravagante que constituent les girafes, mammifère spectaculaire par son élégance et sa grâce autant que par sa taille. Tout la génie des artisans d’Hermès a été de rendre cette grâce par une marqueterie de bois dont la texture de chaque fragment évoque le pelage très graphique de la girafe : il ne faut pas moins de 195 éclats de bois (noyer, érable, tulipier) pour brosser le portrait de cette girafe. Le décor de savane est évoqué par une peinture miniature sur fond d’aventurine : il faut plusieurs semaines de travail pour terminer un seul cadran – et cette série en comptera vingt-quatre, logés dans un boîtier de 38 mm en or blanc serti de 82 diamants (mouvement mécanique suisse signé Hermès). Du grand Hermès !

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BYRNE : Un manège enchanté…

Ne cherchez pas, vous ne connaissez pas cette nouvelle marque indépendante franco-suisse, qui se lance ces jours-ci en choisissant de se frotter aux plus célèbres références dans la catégorie « Homme » du Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG). Ce qui est assez culotté ! Argument fort de la montre Gyro Dial : on peut à volonté et très simplement changer les chiffres du cadran (quatre options proposées, avec une personnalisation possible des polices de chiffres) sans changer de montre, avec une belle lisibilité de jour comme de nuit. Avec la vidéo ci-dessous, on comprend mieux cette complication vraiment pas très compliquée, mais mécaniquement plutôt complexe à mettre au point et c’est plutôt très original. De facture assez classique, la montre n’est pas esthétiquement renversante, ni d’ailleurs très accessible (comptez un peu plus de 20 000 euros), mais elle se flatte d’un mouvement automatique suisse haut de gamme (manufacture Fleurier) et de finitions très soignées, avec une série limitée à 100 exemplaires. C’est en tout cas du jamais vu dans l’univers des montres-bracelets…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• RENTRÉE HORLOGÈRE : dès la semaine prochaine, l’actualité des montres se fait plus haletante avec les Geneva Watch Days, premier rendez-vous « physique » des horlogers suisses organisé en Suisse depuis l’année dernière. Une cinquantaine de marques sont concernées (notamment Bvlgari, Breitling, Greubel Forsey, Girard-Perregaux, Ulysse Nardin et quelques autres), mais on verra éclore à Genève, pendant ces GWD, un espace Baselworld (le grand rendez-vous horloger de Bâle, éternel concurrent des salons genevois). L’union est un combat… •••• GRAND PRIX D’HORLOGERIE DE GENEVE : autre point fort de la rentrée horlogère, la préparation du Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG). On connaît les 209 montres placées dans la compétition par 109 marques venues d’une vingtaine de nations horlogères, européennes (gros bataillons suisses, français et anglo-saxons) et non-européennes – donc asiatiques. Les membres de l’Académie du GPHG sont en train de voter pour les montres qui seront sélectionnées pour la finale (six modèles dans chacune des 14 catégories officielles de prix, à choisir dans la liste des montres en compétition pour 2021). Un coup d’œil sur cette liste permet déjà de se faire une idée des tendances de l’année… •••• KRAYON : si beaucoup de marques prétendent avoir « inventé » une nouvelle complication mécanique, bien rares sont celles qui y parviennent ! C’est le cas de la jeune maison indépendante suisse Krayon, qui nous propose tout simplement de connaître, où qu’on soit sur cette planète, l’heure du lever et du coucher de soleil. Ce qui n’avait effectivement jamais été mis en scène dans une montre, qu’elle soit de poche ou de poignet. Nous vous épargnons les détails techniques qui permettent de parvenir à cette performance horlogère, mais il faut savoir que le prototype de cette montre Anywhere sera une des pièces vedettes de la vente aux enchères Only Watch en novembre prochain (vidéo ci-dessous)… •••• THE ELECTRICIANZ : ce sera la prochaine campagne à suivre sur Kickstarter, avec un lancement la semaine prochaine d’une montre mécanique « hybride », c’est-à-dire dotée d’un module électronique qui fait danser à la demande les secondes au rythme des lumières qui rendent la montre plutôt spectaculaire. The Electricianz est une marque suisse indépendante et disruptive qui a une vraie passion pour l’illumination spectaculaire des montres – histoire de faire rimer ludique et électronique (ci-dessous)…

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