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Nicolas Sarkozy gagne des points dans son camp et obtient davantage de soutien des sympathisants du Modem.
Nicolas Sarkozy gagne des points dans son camp et obtient davantage de soutien des sympathisants du Modem.
©Reuters

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Sarkozy : l'été en pente (ascendante) douce

C’est ce qu’il faut retenir de la tendance estivale : si la gauche est toujours donnée gagnante dans les intentions de vote pour la présidentielle, le Président sortant bénéficie d’une bonne séquence dans les sondages, que ce soit en termes de popularité ou en termes d’intentions de vote. Décryptage.

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.

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Dans la dernière mesure réalisée par l’institut Ipsos pour l’hebdomadaire Le Point, la popularité de Nicolas Sarkozy a progressé de cinq points par rapport au mois dernier. Si le chef de l’État demeure largement impopulaire (seulement 35% des Français portent un jugement favorable sur son action contre 61% de jugements défavorables), la dynamique est redevenue positive. Il s’agit du meilleur résultat pour le président de la République depuis décembre dernier, mais toujours en deçà du niveau de popularité dont il bénéficiait avant le décrochage qui a suivi les régionales de mars 2010.

Dans le détail, Nicolas Sarkozy gagne des points dans son camp (80% de bonnes opinions chez les sympathisants UMP, en hausse de six points en un mois et de treize points depuis avril), obtient davantage de soutien des sympathisants du Modem (35%, +7) et retrouve un niveau de soutien plus conséquent chez les 60 ans et plus (45%, +9 points), qui s’étaient montrés très critiques ces derniers mois.

Dans le sondage Sofres pour le Figaro-Magazine, si la cote de confiance de Nicolas Sarkozy reste encore faible, la hausse se confirme (25%, +3 points et +5 points en deux mois). Cette progression de trois points, cumulée à celle de deux points du mois dernier, confirme sa remontée depuis le niveau historiquement bas du mois de mai dernier (20%). De même, si la défiance à son égard avait atteint son niveau le plus élevé en mai et juin dernier (76%), elle diminue ce mois-ci de 3 points pour s’établir à 73%.

Ce regain de confiance s’observe parmi toutes les catégories : aisées (+4 points à 28%), populaires (+2 points à 17%), inactifs (+2 points à 28%) ainsi que chez les sympathisants UMP (+3 points à 75%) ou PS (+3 points à 7%).

Pour la Sofres, « la confiance envers le Président de la République n’avait pas connue de hausse consécutive sur deux mois depuis 2009, au moment des élections européennes. La stratégie de moindre exposition médiatique et sa présence sur la scène internationale semblent donc pour l’instant lui réussir ».

Même tendance dans le baromètre Ifop/JDD paru le 24 juillet dernier (Sarkozy, +6 à 36%) ou dans Paris-Match dans lequel Nicolas Sarkozy gagne six points et huit places dans le classement des personnalités. Avec 41% de bonnes opinions, le Président de la République semble, là aussi, bénéficier de sa stratégie de re-présidentialisation opérée il y a quelques semaines (hauteur de vue, parole rare…) et des événements favorables en termes d’image pour l’Elysée (libération des otages, cérémonie des Invalides,…).

Il obtient ainsi 54% de bonnes opinions auprès des plus de 65 ans, 85% parmi les sympathisants de l’UMP et 78% chez ses électeurs de 2007, des chiffres qu’il n’avait pas atteint depuis longtemps.

A gauche la tendance est à l’inverse à la baisse, en particulier pour les candidats à l’investiture socialiste. Pour Ipsos/le Point du 21 juillet 2011, après de longs mois de progression ininterrompue, François Hollande perd cinq points (54% d’opinions favorables) et recule à la troisième place du palmarès général, derrière la nouvelle Directrice du FMI et Bertrand Delanoë (56%, +3 points pour le Maire de Paris). La cote de popularité de Martine Aubry se dégrade également (48%, -3 points) après la confirmation de sa candidature aux primaires, de même que celles de Ségolène Royal (30%, -3 points), Manuel Valls (27%, -5 points) et  Arnaud Montebourg (26%, -1 point).

Intentions de vote

Dans les deux dernières intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2012, une tendance identique semble se dégager : la remontée de Nicolas Sarkozy. Aussi bien pour l’institut CSA pour RMC/20 Minutes (26/27% pour l’hôte de l’Elysée, +3 à 4 points) que chez l’IFOP pour France-Soir et publiée le 22 juillet dernier (23/23,5%, + 1 à 2 points en un mois).

Au cours des dernières semaines, les déclarations de candidature au PS et la primaire écologiste ont davantage installé l’élection présidentielle prochaine dans l’esprit des Français. Ce phénomène s’est accompagné d’une polarisation autour des candidats principaux, dans un contexte d’affaiblissement de l’extrême-gauche, et de stagnation de Marine Le Pen. Aujourd’hui, selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de l’institut CSA, « les deux candidats les mieux placés rassembleraient ensemble plus de 50% des suffrages du premier tour. Aux dépends de Dominique de Villepin et de Jean-Louis Borloo, cette polarisation profiterait surtout à Nicolas Sarkozy, qui, s’il affrontait Martine Aubry, serait en tête au premier tour de scrutin ».

Selon l’IFOP, avec 23% à 25% d’intentions de vote, Nicolas Sarkozy demeure encore loin de son étiage électoral du 22 avril 2007 (31.1%) et s’avère devancé par François Hollande (5 points d’écart au premier tour) comme par Martine Aubry (1.5 point seulement).

Pour autant, dans cette enquête comprenant une offre pléthorique de candidats se situant au centre droit et à droite sur l’échiquier politique (Dupont-Aignan, Boutin, Nihous, Villepin, Borloo et Bayrou), les intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy progressent (1 à 2 points selon les configurations), ce qui lui permet de mettre à distance relative Marine Le Pen (3 à 3.5 points). Pour Frédéric Dabi, directeur de l’IFOP, « la présidente du Front National quoique en léger recul par rapport à l’enquête du 10-11 juin (-1 dans l’hypothèse François Hollande, -2 dans l’hypothèse avec Martine Aubry) bénéficie toujours avec 20% des intentions de vote d’un potentiel électoral suffisamment élevé pour se mêler à la lutte pour la qualification au second tour ».

Dans le détail, Nicolas Sarkozy conforterait son socle auprès de l’électorat féminin (25%), des 25-34 ans (24%), des ruraux (26%), des plus de 65 ans (36%) ainsi qu’auprès des sympathisants UMP (80%). Marine Le Pen, quant à elle, bénéficierait encore de larges soutiens auprès des 35-50 ans (27%), des ouvriers (35%), des ruraux (25%) et des électeurs Le Pen de 2007 (96%).

A gauche, les soubresauts liés à l’affaire DSK ne modifient guère le rapport de force électoral. A l’exception de Ségolène Royal (16% au premier tour derrière Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen), les prétendants socialistes testés arrivent en effet en tête dans les configurations de premier tour et l’emporteraient nettement au second. Toutefois, avec 28% des intentions de vote, François Hollande réalise un meilleur score au premier tour que Martine Aubry (25%) et connait également une progression supérieure des intentions de vote en sa faveur comparée à l’enquête Ifop / JDD réalisée les 9 et 10 juin dernier (+3 points en faveur du député de la Corrèze, +2 points pour la Maire de Lille).

Dans le détail des réponses, François Hollande bénéficie d’une avance chez les personnes âgées de plus de 65 ans (31% contre 25% en faveur de Martine Aubry) et, à l’instar de Dominique Strauss-Kahn dans des enquêtes précédentes, auprès des électeurs du centre : ainsi, près d’un quart des électeurs 2007 de François Bayrou (24%) déclare au premier tour un vote en faveur de François Hollande (15% dans l’hypothèse avec Martine Aubry).

Enfin, comme le souligne Frédéric Dabi de l’Ifop, « l’issue de la bataille pour l’incarnation du centre constitue l’une des inconnues du prochain scrutin présidentiel ». Au sein de cet espace très concurrentiel, les intentions de vote sont équilibrées entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo avec toutefois dans cette enquête un avantage en faveur de ce dernier. A l’inverse, le score de Dominique de Villepin (2 à 3% des intentions de vote) continue de baisser, lui qui frôlait les 8% d’intentions de vote il y a encore six mois. Par ailleurs, au lendemain de sa victoire sur Nicolas Hulot lors de la primaire écologiste, Eva Joly progresse. Avec 7% des intentions de vote dans les configurations comprenant François Hollande ou Martine Aubry, l’ancienne juge serait en passe de réaliser le score le plus élevé pour un candidat écologiste lors d’une élection présidentielle (5.3% pour Noel Mamère le 21 avril 2002).

Au final, le début de l’été 2011 semble plutôt profiter au Président de la République qui redresse son image, comme son socle électoral, dans la plupart des études réalisées depuis la mi-juin. La gauche conserve, toutefois, une avance substantielle et la présidente du FN, Marine Le Pen, attend la rentrée politique en embuscade.

Nicolas Sarkozy devra poursuivre ses efforts pour consolider ses points forts, comme les plus de 65 ans, et adopter des mesures fortes et concrètes, dans les domaines de la justice sociale, de l’équité et de la mondialisation, pour convaincre à nouveau les catégories populaires et les classes moyennes qui l’avaient porté à l’Elysée en 2007. Les graves secousses européennes, liées à la crise grecque, comme l’instabilité internationale semblent aujourd’hui le servir, à l’instar du manque de crédibilité dans l’opinion du projet du Parti socialiste.

Guillaume Peltier pour La Lettre de l'opinion

Jérôme Fourquet pour l'IFOP

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