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Etes-vous conscient de l’impact environnemental de vos recherches Google et de votre usage du web ? Attention, cet article pourrait vous effrayer...

Les recherches sur Google représentent à elles seules 40% des émissions de CO2 d'internet. Mais ce chiffre ne prend pas en considérant la fabrication des équipements nécessaires pour y accéder...

Atlantico : Un article du site Quartz explique que les recherches sur Google représentent à elles seules 40% des émissions de CO2 d'internet. Quel est le bilan carbone d'internet aujourd'hui et est-il seulement possible de le calculer ?

Romuald Ribault : Internet est un terme trop large. Il convient de définir un périmètre précis. Lorsque l'on parle d'Internet, de quoi parle-t-on ?  Des data-centers, des smartphones qui permettent d'y avoir accès… Ce qui est important c'est de regarder la problématique de l'usage numérique pour remonter le système complexe qui compose ce service numérique. C’est-à-dire un smartphone, un réseau 4g, un réseau fibre, un serveur, un datacenter… Une fois que l'on a pris l'ensemble de ce système complexe, il faut faire des "ACV" (Analyse du Cycle de Vie) sur l'ensemble de ces équipements pour calculer l'ensemble des émissions carbone tout en incluant la problématique du mix énergétique. C'est donc difficile de valider le moindre chiffre et il vaut mieux considérer la problématique par l'usage.

Quel est l'impact d'une requête sur Google ? Quand je tape une recherche sur Google, qu'est ce que je consomme en eau, quelle quantité de gaz à effet de serre, qu'est-ce que j'émet sur l'ensemble du cycle de vie, quel est l'impact sur la biodiversité (de l'énergie dépensée à l'extraction des matières pour fabriquer un objet à la production, la distribution et la fin de vie des équipements…) ? D'autant plus que l'impact ne sera pas le même en fonction de si vous effectuez une recherche sur votre ordinateur connecté en ADSL ou sur un smartphone, par exemple. La 4G consomme 23 fois plus qu'une connexion ADSL. Et quand vous taper une requête sur votre téléphone dans un TGV lancé à 300km/h, vous allez mobiliser trois antennes 4G par kilomètre.

Il est donc herculéen de calculer précisément ce que coûte vraiment une requête sur Google mais l'on peut conseiller d'aller voir le site "ecoindex.fr" qui va mesurer et donner l'impact d'un site internet. Il s'appuie sur un référentiel de 145 bonnes pratiques en matière de construction de site web.

Il est très important que chacun ait conscience de l'impact de nos habitudes.  Il y a des chiffres récents sur lesquels s'appuyer, notamment ceux de "Socialter" qui datent d'août 2017. Internet, selon leurs chiffres, représente 9 milliards d'équipements, 45 millions de serveurs, 12% de la consommation électrique en France (et 10% au niveau mondial)

Pour rester sur le CO2 et répondre à votre question, l'ensemble des services internet sont responsables de 2 à 5% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. 2% étant l'équivalent de l'ensemble du trafic aérien mondial. Mais il faut dépasser ce cadre et rajouter la problématique des ressources. Les métaux (rares ou non) nécessaires à la fabrication des équipements sont de plus en plus rares et de fait il faut de plus en plus d'énergie pour aller les chercher. C'est un cercle vicieux qui ne fait qu'empirer.

Dernier chiffre marquant : la vidéo "Gangnam Style"  du chanteur Psy sur Youtube avec ses 2,7 milliards de vues a consommé l'équivalent de la production annuelle d'une petite centrale nucléaire, comme l'expliquait Gary Cook, analyste pour l'ONG Greenpeace dans Le Parisien en 2017.

Google affirme avoir un bilan carbone neutre depuis 2007. L'entreprise semble s'investir dans des programmes de compensation de ses émissions carbone. Comment les géants d'internet se sont-ils saisis de ces questions et leurs efforts sont-ils suffisants ?

Tout l'enjeu est le coût du carbone qui n'est pas véritablement définit et impactant. La première réflexion de ces acteurs est économique.  On ne peut pas dire que leurs initiatives ne sont pas vertueuses. C'est évidemment bien de dire que 100% de l'énergie est renouvelable. Mais le vrai enjeu est la surconsommation des utilisateurs de ces services et la problématique est vraiment multicritère. Présenter un bilan carbone neutre ne devrait pas permettre aux entreprises et aux utilisateurs de se dédouaner de leurs responsabilités et ne doit pas faire oublier la problématique de la surconsommation que l'on fait tous de ces services.

 

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