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"Angélique" : un film d'Ariel Zeitoun avec Nora Arnezeder et Gérard Lanvin.
"Angélique" : un film d'Ariel Zeitoun avec Nora Arnezeder et Gérard Lanvin.
©Capture d'écran / AlloCiné

Atlantico Lettres

"Angélique" d'Ariel Zeitoun : il aurait mieux valu en rester là

Toutes les semaines, le journal Service Littéraire vous éclaire sur l'actualité romanesque et culturelle. Aujourd’hui, retour sur le film "Angélique" d'Ariel Zeitoun.

Jean-Philippe Guérand

Jean-Philippe Guérand

Jean-Philippe Guérand est écrivain et critique cinéma au Nouvel Observateur et pour le journal Service Littéraire. Dernier ouvrage paru : “Bernard Blier, un homme façon puzzle” chez Robert Laffont.

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Que serait le cinéma d’aujourd’hui sans ses suites et ses remakes ? À la conjonction des deux, la saga consacrée à Angélique par Anne et Serge Golon possédait quelques atouts évidents aux yeux des marchands du temple en mal d’inspiration.

Les auteurs de ces romans picaresques vendus à 150 millions d’exemplaires ne s’étaient d’ailleurs pas privés de critiquer en leur temps les cinq films inspirés de leur oeuvre. Leur fille Nadia veille donc ici sur le respect de la doxa familiale en apparaissant au scénario. Ariel Zeitoun succède à Bernard Borderie aux commandes de cette évocation du règne de Louis XIV à travers le destin d’une jeune femme à la tête aussi pleine que bien faite. C’est Nora Arnzeder qui a la redoutable mission de succéder à Michèle Mercier et s’en tire plutôt bien dans un rôle qui nécessite davantage une nature qu’une tragédienne. Il n’en est pas vraiment de même de Gérard Lanvin en Joffrey de Peyrac dont le seul point commun avec Robert Hossein est d’arborer un visage grêlé qui n’affecte pas sa séduction naturelle. Anachroniques, Tomer Sisley et Mathieu Kassovitz ne forcent pas leur talent dans les emplois tenus il y a un demi-siècle par Claude Giraud et Giuliano Gemma, pour leur part rompus au cinéma de cape et d’épée, là où Simon Abkarian soutient la comparaison avec Jean Rochefort.

Reste la mise en scène… Ariel Zeitoun a eu beau escamoter prudemment de sa filmo ses pires forfaits, XXL et Bimboland, on le retrouve dans ce plan d’Angélique poussée par Joffrey sur l’escarpolette, se balançant seule, un enfant dans les bras, puis deux… Cette ellipse grotesque donne franchement envie de pouffer de rire. Et que dire de cette étreinte aussi kitsch que torride où Lanvin envoie voler par-dessus les moulins sa fameuse pudeur naturelle qui lui a souvent valu d’être comparé à Lino Ventura ? Ah, ces confrontations savoureuses entre des acteurs allemands approximativement doublés pour cause de coproduction et ces plans de coupe de châteaux et de paysages visiblement caviardés dans d’autres films, à en juger par leur couleur et leur grain.

Reste ce carton cocasse qui clôt le massacre et précise qu’il ne s’agit là que de la « fin de la première partie ». Il ne reste plus aujourd’hui qu’à le supprimer discrètement.

Source :Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Eric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc. Pour vous abonner,cliquez sur ce lien.


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