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Pourquoi vous serez 60% à partager cette histoire sans même l’avoir lue
©Reuters

Médias sociaux

Pourquoi vous serez 60% à partager cette histoire sans même l’avoir lue

Partagez cet article, vous n'avez même pas besoin de le lire... !

Le 4 juin dernier, le site d'information satirique The Science Post a publié un article au titre évocateur : "Etude : 70% des utilisateurs de Facebook commentent les articles scientifiques avant même de les lire". Un article à succès puisqu'il a été partagé près de 46.000 fois. L'ironie est que cet article était en réalité composé en grande majorité de texte de substitution "lorem ipsum", c’est-à-dire d'une suite de mots à consonance latine sans aucun sens ou liant. Le partager était donc la preuve qu'on ne l'avait pas lu, ou alors qu'on aime l'humour au second degré.

En revanche, une véritable étude menée par l'université de Columbia (New-York) et l'Inria publiée sur le site de ce dernier démontre que 59% des contenus partagés sur les réseaux sociaux ne sont pas consultés avant d'être à nouveau partagés, rapporteThe Chicago Tribune. Pour ainsi dire, les utilisateurs de Twitter se contentent pour la plupart de retweeter, ceux de Facebook de partager, sans lire. Un constat représentatif du potentiel viral des contenus qui circulent sur le net par le biais des réseaux sociaux, comme en témoigne Arnaud Legout, co-auteur de l'étude :

"Les internautes ont plus tendance à partager qu'à lire un article. C'est typique de la consommation moderne d'information. Les personnes adoptent une opinion basée sur un résumé, ou un résumé de résumé, sans faire l'effort de se renseigner."

Mais ces partages ont plus de portée que l'on soupçonne. Ils déterminent significativement ce que les réseaux sociaux mettront en avant pour les autres utilisateurs et vous-même. De nombreux articles au titre accrocheur, parfois peu représentatif de l'information qu'ils contenaient, se sont multipliés sur le web à l'aide des réseaux sociaux et se sont vu attribuer le sobriquet de "clickbait", ou "piège à clics".

Ceux-ci ont ainsi logiquement engendré les "sharebait", ces "pièges à partages", comme le souligne cet article du Washington Post.

En somme, c'est un progrès. Le "clickbait", ou le titre qui cherchait à faire cliquer, au prix éventuellement de décevoir le lecteur, reposait sur un modèle économique à vue courte. En effet, la plupart de la publicité en ligne est vendue à la page vue : faire cliquer un visiteur, quitte à le repousser ou à perdre de la crédibilité, fait gagner de l'argent sur le court-terme — mais seulement sur le court terme.

A contrario, le "sharebait" implique qu'une personne a non seulement voulu cliquer, mais partager l'article avec ses amis, donc a priori que celui-ci lui a plu. Si elle l'a lu…

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