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Mères absentes : les conséquences d'une carence affective sur l'enfant
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Bonnes feuilles

Mères absentes : les conséquences d'une carence affective sur l'enfant

Les hommes et les femmes qui ont manqué de soins maternels et qui n’ont pas pris ainsi le meilleur départ dans la vie sont souvent, à l’âge adulte, en proie à des luttes intestines profondes, en partie à cause de ces besoins non satisfaits durant l’enfance. Ce livre vous aide à comprendre ce qui vous a psychiquement et affectivement manqué dans vos jeunes années. Extrait de "Les Mères absentes", de Jasmine Lee Cori, publié chez Ixelles (1/2).

Jasmin Lee Cori

Jasmin Lee Cori

Jasmin Lee Cori est psychothérapeute, spécialisée dans l’accompagnement d’adultes victimes d’abus ou de négligence pendant l’enfance. Durant son par-cours professionnel, elle a longtemps travaillé avec des services sociaux et en-seigné la psychologie en écoles spécialisées. Elle est l’auteur de nombreux ar-ticles scientifiques et de 4 précédents livres.

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Quand ces messages de la bonne mère sont absents, ils laissent des vides, des manques spécifiques ou un sentiment d’insuffisance. Reprenons chacun des dix messages en examinant les conséquences de leur absence.

« Je suis heureuse que tu sois là. »

Lorsque l’enfant ne se sent pas désiré ou le bienvenu, il peut en conclure qu’il serait peut-être mieux qu’il ne soit pas là. Il peut aussi se sentir terriblement abandonné. Une femme qui ne s’est jamais sentie désirée en tant qu’enfant était terrifiée à chaque fois qu’elle allait au restaurant ou à la laverie automatique avec sa mère, redoutant que cette dernière la laisse et ne revienne jamais. Pour un jeune enfant, ne pas se sentir désiré, c’est ne pas avoir de base solide.

« Je te vois. »

Si la mère ne voit pas ou ne connaît pas son enfant, ses réponses aux besoins de son bébé seront « à côté de la plaque ». Elle peut vouloir le guider, mais se tromper de chemin.

L’enfant qui a l’impression de n’être jamais vu peut se sentir invisible et se demander s’il est bien réel. Le sentiment de son irréalité peut être subtil et, en général, inconscient ou, au contraire, envahissant et déroutant.

« Tu m’es cher. »

L’enfant qui ne se sent pas chéri par ses parents ne se sent pas aimé pour ce qu’il est. Il peut même penser que sa mère l’aimerait davantage s’il était quelqu’un d’autre.

« Je te respecte. »

Si l’enfant n’a pas le sentiment que ses capacités, ses limites et ses préférences sont respectées, il ne peut pas apprendre à les respecter lui-même. En grandissant, il peut manquer d’estime de lui-même, se sentir honteux ou échouer à réaliser son véritable potentiel. De plus, il risque de devenir trop accommodant avec les autres et d’avoir du mal à défendre sa position.

« Je t’aime. »

Si l’enfant perçoit que sa mère ne l’aime pas, ou pas assez, il peut se dire qu’il n’est pas digne d’être aimé tel qu’il est. Par conséquent, il risque de jouer à être quelqu’un d’autre et de perdre son authenticité dans l’espoir d’être aimé. Il se dira : « Si je me conforme aux désirs des autres, ils vont peut-être m’aimer. »

« Tes besoins sont importants à mes yeux. Je suis ici pour toi. »

Si l’enfant perçoit que sa mère ne veut pas répondre à ses besoins, il peut croire que ses besoins sont honteux ou représentent un fardeau pour sa mère. Il en conclut qu’il ne devrait pas avoir de besoins et se sent seul dans tout ce qu’il vit.

« Je vais te protéger. »

S’il n’a pas le sentiment d’être en sécurité et protégé, l’enfant peut se sentir submergé, dépassé par la vie et en conclure que le monde est dangereux.

« Tu peux te reposer en moi. »

Si l’enfant ne peut pas se laisser aller à être lui-même aux côtés de sa mère, il lui manque un aspect important de la connexion. Être avec sa mère signifie alors garder le contrôle de soi ou se comporter selon ses désirs à elle, ce qui empêche l’enfant de se sentir à l’aise, « comme chez lui » avec elle.

« Je t’apprécie. Tu illumines mon coeur. »

Si l’enfant ne perçoit pas que sa mère l’apprécie et aime être avec lui, il peut en déduire : « Je suis une charge dont personne ne veut. J’aimerais disparaître. Je ne devrais pas prendre autant de place. »

Comme pour tous les exercices de ce livre, le suivant peut susciter des sentiments et des émotions inconfortables que vous aurez peut-être du mal à gérer. Si vous vous sentez trop bouleversé, laissez tomber l’exercice pour le moment et reprenez-le lorsque vous serez prêt. Vous pouvez aussi réaliser cet exercice en présence d’une personne qui vous soutient.

Quels sont les messages que vous avez reçus ?

►►Passez en revue chacun des dix messages de la bonne mère et notez par écrit votre réaction émotionnelle à chacun d’eux. Ce message vous est-il familier ? (N’oubliez pas que ces messages se transmettent par des comportements plus que par des mots.) Est-ce un message que vous pensez avoir reçu ? Que ressentezvous dans votre corps ?

►►Comparez ce qui est dit dans le message présent (première liste) et ce qui est dit dans le message absent (seconde liste) correspondant. Dans chaque « paire », lequel des deux traduit davantage votre vécu ? Essayez de rester extrêmement attentif aux pensées et aux émotions qui vous traversent, ainsi qu’à vos sensations corporelles.

Extrait de "Les Mères absentes", de Jasmine Lee Cori, publié chez Ixelles, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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