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Les chats et l'Égypte : histoire d'une légende aussi mystérieuse que fascinante
©CRIS BOURONCLE / AFP

Bonnes feuilles

Les chats et l'Égypte : histoire d'une légende aussi mystérieuse que fascinante

Tout le monde connaît l’imaginaire superstitieux qui entoure le chat noir et l’image d’Épinal liant le chat et la sorcière. Mais nous sommes loin de connaître toutes les légendes inspirées de cet animal mystérieux. Chats devins, météorologues ou vampires, on a souvent prêté d’étranges pouvoirs aux félins. Extrait du livre "Le chat : légendes, mythes et pouvoirs magiques" de Christian Doumergue aux éditions de l'Opportun (1/2).

Christian Doumergue

Christian Doumergue

Christian Doumergue est un des plus grands spécialistes français de l'énigme de Rennes-le-Château. Passionné par l’Histoire, les symboles et l’ésotérisme, ses derniers ouvrages L’Ombre des Templiers et Le Secret dévoilé ont trouvé un large écho.

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En Égypte peut-être plus qu’ailleurs les morts sont restés vivants. Il n’est jusqu’aux fleurs déposées dans les tombeaux qui ne soient demeurées intactes, séchées, mais toujours riches de leurs couleurs et de leurs formes. Parmi les souvenirs qui hantent ces terres, celui du chat est un des plus obsessionnels. Les miaulements des anciens chats d’Égypte se sont depuis longtemps évanouis dans le souffle du vent, mais leur image ne cesse de nous apparaître à l’ombre des tombeaux millénaires. À travers leurs représentations, les chats des âges pharaoniques ont survécu au fleuve obscur du temps. Comme autant de fantômes d’ivoire, de pigment, de pierre, ou de bronze. Qui nous fixent de leurs yeux – vivantes opales – par-delà les siècles.

Tous ces spectres arrachés à l’oubli sont des évocations de la dimension surnaturelle du chat dans l’Égypte antique. Un monde où le visible et l’invisible s’interpénétraient sans cesse. Où, à l’image des grands dieux hybrides, unissant en un seul corps l’homme et l’animal, les deux mondes – celui des hommes et celui des dieux – étaient sans cesse unis l’un à l’autre. Et se répondaient par un fantastique jeu de correspondances.

Dans cette Égypte magique, tout objet matériel était susceptible d’agir dans le monde immatériel. Celui des dieux et des grandes forces positives et chaotiques. Les sables temporels du désert égyptien ont ainsi livré aux chercheurs de rêves anciens de nombreux « couteaux magiques. » Il s’agit de couteaux en ivoire, fins, incurvés, décorés de figures animales et autres créatures étranges. Ces « lames » servaient à se protéger aussi bien du vivant de l’individu (contre les scorpions, serpents, mais aussi les cauchemars ou la peur de l’inconnu) que dans l’au-delà. Deuxième fonction qui explique qu’elles aient été retrouvées en nombre dans les tombes du Moyen Empire (2000 à 1500 av. J.-C.).

C’est sur ces couteaux que l’on trouve les premières représentations de chats. Représentations saisissantes, comme arrachées aux visions de l’autre monde qui hantent l’âme de l’Égypte: certains de ces chats apparaissent maniant un grand couteau, une patte levée. Beaucoup, debout sur leurs pattes arrière, tiennent l’arme de leurs deux pattes avant.

Ce ne sont pas seulement des images. Ce sont des portes de l’âme. Ces visions qui ont traversé le temps, figées dans l’ivoire, y ont comme cristallisé le regard que les anciens Égyptiens portaient sur le chat. En les fixant, on y découvre un animal apotropaïque (du grec apotropein, détourner). Le chat détourne de celui qu’il protège les influences maléfiques.

Voués à l’éternité, les « Textes des Sarcophages » ont également conservé le souvenir de cette dimension protectrice du chat. Ces textes, écrits sur les sarcophages en bois, sont constitués de formules destinées à guider le défunt dans l’au-delà. Apparus vers 2100 av. J.-C., ils remplissent un rôle similaire à celui des textes des pyramides, qui couvraient pour leur part les parois intérieures des tombeaux monumentaux.

À travers ces hiéroglyphes destinés aux morts, l’ancien dieu chat sort des limbes. C’est en effet dans ces textes qu’apparaît la figure du « Grand Matou » (miw oa). Un chat d’essence divine, que l’on voit fendant le flanc de l’arbre sacré du dieu-soleil à Héliopolis

Extrait du livre "Le chat : légendes, mythes et pouvoirs magiques" de Christian Doumergue aux éditions de l'Opportun 

"Le chat : légendes, mythes et pouvoirs magiques" de Christian Doumergue

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