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La Chine en pointe sur les supercalculateurs... mais à quoi servent-ils ?
©Flickr

Course technologique

La Chine en pointe sur les supercalculateurs... mais à quoi servent-ils ?

La Chine possède des supercalculateurs plus nombreux et plus puissants que ceux des Européens. Le début d'un leadership ?

Jean-Gabriel Ganascia

Jean-Gabriel Ganascia

Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le thème APA du pôle IA où il anime l'équipe ACASA .
 

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Le super-calculateur chinois Tianhe-2 arrive pour la 2e fois en tête du classement mondial. En quoi est-il intéressant pour un pays de disposer de ce type de machine, connue pour réaliser des simulations météorologiques ou des simulations physiques ? 

Les supercalculateurs ont de nombreuses applications dans le monde d'aujourd’hui, en particulier pour les simulations physiques, pour la météorologie, pour la climatologie, etc. Qui plus est, nous sommes entrés dans l’ère dite numérique où la plupart des activités humaines ont une contrepartie informationnelle, ce qui engendre des quantités de données tous les jours plus grandes que l’on appelle couramment les « big data ». Leur traitement demande des puissances de calculs considérables, à la mesure des quantités de données engendrées. Il est donc naturel d’essayer de se doter de calculateurs puissants.

Un supercalculateur n'est-il utilisé que dans le domaine informatique ? Quels sont les domaines d'application des supercalculateurs ? (défense, science..)

Dans le domaine de la défense, les supercalculateurs sont fort utiles, en particulier depuis l’interdiction des expérimentations sur les armes nucléaires, car cela permet, par simulation, d’effectuer des tests. Dans le domaine commercial, le traitement des données des réseaux sociaux ou de micro-blog comme Twitter fait appel à des grandes puissances de calcul. Cela permet d’anticiper les désirs ou les habitudes des utilisateurs, de les profiler, et, par exemple, d’adapter la publicité à chacun d’entre nous en fonction de son âge, de son sexe, de ses moyens, financiers, etc. Dans le domaine scientifique, on a aussi des quantités très conséquentes de données à traiter : c’est le cas, entre autre, avec l’astronomie. Plus généralement, la science contemporaine recourt de plus en plus à ce que l’on appelle des « expérimentation in silico » qui font appel à des ordinateurs pour traiter les données ou pour modéliser des phénomènes naturels. Enfin, la sécurité et, surtout la cyber-sécurité, c’est-à-dire la surveillance des activités humaines, en particulier des échanges téléphoniques, des échanges de messages électroniques ou des attaques sur les réseaux a besoin de plus en plus de puissance de calcul.

La Chine est aussi le pays qui possède le plus grand nombre de supercalculateurs. Est-il intéressant en terme d'avancée technologique ? Quel avantage cela confère t-il à la Chine sur les autres puissances ?  

Indéniablement, la possession d’un grand nombre d’ordinateurs de grande puissance confère au pays qui les possède un avantage stratégique majeur, car il est en mesure de mieux protéger son cyberespace, de procéder à des expérimentations virtuelles sur des technologies sensibles, comme celle du nucléaire, de surveiller sa population, etc.

Les grandes puissances sont au coude-à-coude dans la course aux supercalculateurs. Qui est sera le gagnant à court et moyen terme ? 

Il est difficile de dire qui sera le gagnant à court et à moyen terme dans la course aux supercalculateurs. En effet, d’un côté, les principes sur lesquels reposent les ordinateurs ont été inventés et développés aux Etats-Unis. La plupart des brevets ont été pris dans ce pays. Les principes physiques sur lesquels reposent les avancées technologiques ont été découverts aux Etats-Unis et en Europe. En même temps, la production des composants se fait en Asie, en particulier en Chine. Et ce pays maîtrise les technologies de leur fabrication. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit en mesure de produire des supercalculateurs d’une puissance équivalente à celle des plus puissants calculateurs américains ou européens. Mais, à court terme, il est difficile d’imaginer qu’une rupture technologique provienne de Chine, puisque ce pays se contente essentiellement de reprendre des techniques inventées ailleurs en les améliorant éventuellement.

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