Non, tous les Français n'ont pas Internet... | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
Non, tous les Français 
n'ont pas Internet...
©

Déconnectés

Non, tous les Français n'ont pas Internet...

Lecteur ou lectrice chanceux(se) qui lisez cet article, sachez que vous êtes un(e) privilégié(e). En France, 2 à 5 % de la population n'a pas accès à Internet. Y compris en Île-de-France.

Nicolas Aubé

Nicolas Aubé

Nicolas Aubé est président de Celeste, fournisseur d'accès à Internet pour les entreprises.

 

Voir la bio »

Atlantico : Alors que l'ARCEP parle de 98,3% de la population française raccordée à l'ADSL, un récent rapport du sénateur Hervé Maurey avance le chiffre de 77% : comment expliquer ces divergences ?

Nicolas Aubé : Cela dépend de quoi on parle. Pour l'Internet par ADSL, qui commence au-dessous de 512 kb/s dans les zones le plus reculées, on s'approche de 95 à 98%. En revanche, pour les offres triple-play [internet, télévision et téléphone], on tourne plutôt autour de 77%. Enfin, seule une petite fraction de la population est aujourd'hui équipée en fibre optique [technologie ultra-haut-débit, ndlr].

Les zones restants sont dites "blanches" : elles sont à plus de 5 kilomètres du répartiteur, et n'ont pas encore de sous-répartiteur pour les connecter au réseau.

Certaines régions sont-elles plus concernées par les zones blanches que d'autres ?

Non, pas forcément. Depuis 2005, les régions et les départements, notamment en milieu rural, ont développé des réseaux de fibre optique pour relier les centrales téléphoniques et faciliter la couverture en ADSL de certains villages. Il n'y a donc pas de rupture territoriale.

En revanche, partout en France, même en Île-de-France, certaines personnes n'ont pas Internet car elles sont trop loin du répartiteur : elles doivent donc attendre l'équipement de leur sous-répartiteur ou le déploiement de la fibre optique. En tout cas, il n'y a pas de différence entre les entreprises et les particuliers à ce niveau-là.

Ces trous de couverture viennent-ils un problème de rentabilité pour les fournisseurs d'accès ?

Il s'agit au départ d'un problème technique : le réseau téléphonique a été conçu à partir des centres téléphoniques, qui sont situés dans les centres-villes et équipent environ 10 000 personnes. Mais cette architecture n'a pas été conçue pour Internet, car au-delà de cinq kilomètres, l'ADSL ne marche pas.

La solution, c'est d'équiper les sous-répartiteurs déjà existants en ADSL, mais bien sûr, cela coûte cher, et les opérateurs n'ont parfois pas intérêt à y investir de l'argent. Quant à la fibre optique, elle n'est pas soumise à la limite des cinq kilomètres, mais elle suit quand même l'architecture de l'ADSL pour son déploiement : le coût vient alors de la distance à câbler entre le répartiteur et l'endroit à couvrir.

L'action politique tente-t-elle de remédier à ces déficits de couverture numérique ?

Oui, il y a un plan "très haut débit" de 25 milliards d'euros, qui a pour vocation d'équiper tout le monde en fibre optique, ou au moins en ADSL triple-play, d'ici 15 ans. Il sera financé à moitié par les opérateurs privés, et à moitié par les collectivités territoriales et l’État.

Mais il restera toujours des zones trop éloignées d'une centrale téléphonique pour être connectées : la seule solution est alors le satellite, qui peut marcher partout.

L'ADSL a-t-elle un avenir ?

A long-terme, non, car il deviendra obsolète et sera progressivement remplacé par la fibre optique d'ici 15 ans, à cause des besoins croissants des gens en très hauts débits (au-dessus de 100 mb/s). Mais en attendant le déploiement complet de la fibre, cela restera toujours une solution d'appui.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !