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Hamon candidat officiel du Parti socialiste :  la logique du premier tour a été respectée
©Capture d'écran TF1

Sacre de Hamon

Hamon candidat officiel du Parti socialiste : la logique du premier tour a été respectée

Il y a une logique politique qui est issue du premier tour qui s'est quasiment transposée. Avec des électeurs qui ont apprécié chez Hamon une ligne politique qui apparaît comme relativement claire contre une autre, moins claire, celle de Manuel Valls.

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy est directeur du département politique & opinion d'Harris Interactive.

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D'abord il y a eu une croissance de la mobilisation entre le premier tour et le deuxième tour, ce qui n'est absolument pas négligeable. Et ce n'était pas gagné vu le débat sur les conditions de participation au premier tour, il y aurait pu y avoir une forme de désaffection de la part des électeurs socialistes ou des électeurs de gauche de manière générale et ça n'a pas été le cas cette fois-ci.

Cela peut être dû tout simplement au fait que l'affrontement était plus clair. Deux candidats avec deux personnalités et deux programmes radicalement différents. C'est plus simple de se positionner dans ce cas de figure que lorsqu'il  y a sept candidats avec sept personnalités et sept programmes. Puis il y a une logique politique dans cette élection.

C'est aussi un refus de la ligne Valls qui s'est exprimé, mais cela ne suffit pas à expliquer la défaite de l'ancien Premier ministre. SI ce n'était qu'un refus, ce serait Arnaud Montebourg qui l'aurait emporté. Ce dernier était beaucoup plus critique sur la ligne de Manuel Valls mais il donnait l'impression d'être moins cohérent et moins dans le renouvellement des idées que ne l'était Benoît Hamon.

Les électeurs n'ont pas voté qu'en fonction de la crédibilité, ils ont fait un vote en fonction de la cohérence. Manuel Valls lorsqu'il dit qu'il veut changer les choses apparaît comme moins crédible que Benoît Hamon. Le déficit de crédibilité est différent entre les deux hommes. Valls souffre d'un manque de crédibilité politique et Hamon économique.

Sur le vote

Le premier aspect que l'on peut voir c'est que c'est quand même une victoire extrêmement nette et clair, donc qui ne devrait pas susciter de débats de la part des membres du Parti socialiste qui est dans la lignée du premier tour. Ça montre bien que le sursaut de mobilisation n'en est pas un qui a été favorable à Manuel Valls, les voix ont été équitablement réparties entre les candidats.

Les électeurs ont dit "Oui Hamon, oui au renouvellement de la ligne politique, oui aux nouvelles idées et oui  à une cohérence qui est portée par Hamon plus qu'elle ne l'était par Arnaud Montebourg ou par Manuel Valls.

Report de voix

Une partie de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon peut basculer  vers Benoît Hamon d'un côté, et aussi une petite partie de celui d'Emmanuel Macron car lui aussi incarne le dynamisme et l'innovation politique

Une élection de Hamon peut ne pas forcément être une bonne nouvelle pour Macron contrairement à ce que l'on pourrait penser. Il peut y avoir  aussi une dimension pas uniquement sur l'axe gauche droite mais sur une dimension de renouvellement. Il y a des idées politiques aujourd'hui qui sont portées par Emmanuel Macron qui ne sont pas toujours très clairement identifiée par une partie de l'électorat socialiste, du coup Benoît Hamon a peut-être une carte à jouer ici.

Vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon maintenant, sur le fond politique on sait qu'il y a une partie de l'électorat socialiste qui était critique à l'égard de la politique menée par le Gouvernement et qui est susceptible de voter Benoît Hamon alors qu'à la base ils comptaient voter de Jean-Luc Mélenchon. Ils pourraient voter pour quelqu'un de plus positif contrairement au leader du Front de gauche qui a plus une position de "critique". Il est possible que des électeurs de gauche reconsidèrent un vote qu'ils pensaient donner à Jean-Luc Mélenchon. Concernant un rapprochement entre les deux candidats, il ne faut pas se voiler la face, au vu des déclarations de Mélenchon cette semaine, il y a quand même peu de chance qu'il se rallie à Benoît Hamon.

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