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Emeutes à Amiens : pourquoi parle-t-on de “jeunes” plutôt que de “voyous” ?
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Amalgame

Emeutes à Amiens : pourquoi parle-t-on de “jeunes” plutôt que de “voyous” ?

Des violences urbaines ont eu lieu à Amiens dans la nuit de lundi à mardi. Comme souvent lors de tels évènements, les médias présentent les responsables comme des "jeunes". Le terme "délinquant" a-t-il disparu de leur vocabulaire ?

Anne Petiau

Anne Petiau

Anne Petiau est chargée de recherche et responsable des études à l’Institut de Travail Social et de Recherches Sociales.

Son dernier ouvrage, Technomedia. Jeunes, musique et blogosphère, est paru en 2011 aux éditions Mélanie Séteun.

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Atlantico : Des violences urbaines ont eu lieu à Amiens dans la nuit de lundi à mardi. Pourquoi parle-t-on de "jeunes" pour qualifier les personnes à l'origine de ces violences ?

Anne Petiau : Il s'agit de quelque chose d'assez récurent, puisque dès le début du 21e siècle, un discours inquiet au sujet de la jeunesse populaire se développe. L'historien et le démographe Louis Chevalier qualifiait pour sa part les jeunes issus des classes populaires de "classe dangereuse".

On suspectait les jeunes de pouvoir incarner un danger moral pour la société. Il y a un discours assez homogène sur les jeunes.

La jeunesse a acquise une certaine réalité et les jeunes partagent un certains nombre de caractères communs, au même titre que les membres des autres classes d'âges. Mais il ne faut pas parler de la jeunesse comme une entité homogène.

De quand date cette stigmatisation de la jeunesse ?

Cela commence avec les premiers phénomènes de jeunesse avec les "bandes de jeunes" précurseurs au 19e siècle, qui s’appelaient les Apaches. L'inquiétude se cristallisait dans le risque que ces classes populaires et ouvrières pouvaient incarner pour la classe bourgeoise.

Ce phénomène réapparaît lorsque la jeunesse s'affirme, notamment avec mai 68 en France. Mais le problème est bien plus global.

S'agit-il d'un discours essentiellement politique ?

Tout à fait, puisque le terme "les jeunes" est souvent utilisé pour parler de la jeunesse issue des milieux populaires.

C'est quelque chose de très réducteur puisque seule une petite minorité de la jeunesse populaire est engagée dans des comportements délinquants.

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