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De l'impression d'ivresse à la perte des la vue des couleurs, les dangers de la plongée en apnée sont multiples.
De l'impression d'ivresse à la perte des la vue des couleurs, les dangers de la plongée en apnée sont multiples.
©Reuters

On respire avant

Comme le Grand Bleu : les 10 fondamentaux à retenir avant de plonger en apnée

Martin Stepanek, qui détient le record de plongée en apnée, a expliqué ses sensations lorsqu'il est sous l'eau. De l'impression d'ivresse à la perte de la vue des couleurs, les dangers sont multiples.

25 ans après Le Grand Bleu, la chaîne National Geographic s'apprête à suivre en direct les plongées en apnée du champion William Trubrige. A cette occasion, The Buisness Insider s'est intéressé à ce sport dont on ne parle que quand il y a des records ou des morts. Le site a donc demandé à Martin Stepanek, recordman du monde de la plongée en apnée, de témoigner des sensations qui s'emparait de lui dans ces moments extrêmes. N'importe qui avec un entrainement adapté peut retenir sa respiration pour au moins 3 minutes. Stepanek lui arrive à la retenir pendant huit minutes. Quand ses élèves approchent de ce stade, ils réalisent qu'ils sont capables de choses qu'ils croyaient impossible cela redéfinit le monde pour eux", s'enthousiasme Stepanek, fondateur de la Freediving Instructors International. Toutefois, pas d'emballement car "le plus important est de connaitre les dangers que ça implique". Avant de vous lancer dans l'aventure, retenez bien les dix fondamentaux suivants. 

1. Le coeur bat plus lentement

Quand vous plongez en apnée, vous avez droit à une seule respiration, votre support d'oxygène est donc  limité. Il faut donc l'économiser. Heureusement, le corps sait instinctivement comment s'y prendre. Quand un humain commence la plongée en apnée, son cœur se met automatiquement à battre plus lentement. Des plongeurs en apnée non-entraînés peuvent ralentir les battements de leur organe vital de près de 8%. Les professionnels, eux, arrivent à les calmer de 50%. 

2.Un éléphant vous écrase la poitrine

"La première et la plus importante sensation est l'expérience de la pression, pas seulement dans la poitrine mais aussi dans les tympans et les sinus", déclare Stepaneck. Quand vous arrivez à 10 mètres de profondeur, votre corps ressent la pression deux fois plus fort qu'à la surface de la mer et "la taille de vos poumons se rétrécit de moitié". Imaginez que Stepaneck, lui, plonge à 122 mètres de profondeur…

3. Le besoin urgent d'expirer

Quand vous essayez de retenir votre respiration, à partir d'un certain point (entre 45 secondes à une minute) votre corps va vous supplier de respirer. Mais malgré ce que vous pouvez penser, ce n'est pas d'oxygène dont vous avez besoin, vous voulez juste rejeter le dioxyde de carbone que votre corps a en trop.

4. L'urgence de respirer à nouveau

Cette fois, elle n'est pas dû au dioxyde de carbone. Quand vos poumons rétrécissent, ce qui arrive quand vous exhalez, votre corps reçoit le signal d'inspirer. Or, la pression de l'océan provoque ce même rétrécissement car la texture spongieuse de vos poumons n'est pas faite pour supporter la pression environnante. A 20 mètres sous la mer, vous ressentez la pression trois fois plus fort et vos poumons sont au tiers de leur taille habituelle. "Votre cerveau a alors l'impression que vos poumons sont en train d'exhaler", il ordonne donc à votre corps de respirer et de gonfler les poumons. Mais il a tort ! 

5. L'impression d'être ivre

A des profondeurs extrêmes, le nitrogène devient enivrant. Jacques Cousteau appelait ça "l'ivresse des profondeurs". Scientifiquement parlant, il s'agit de la narcose à l'azote. Plus vous plongez profondément, plus la pression sur votre corps augmente et pousse le nitrogène de nos poumons dans vos vaisseaux sanguins. Le nitrogène est très bien absorbé par les tissus épais comme le cerveau. Quand il arrive dans les cellules nerveuses, il les submerge, impactant votre capacité de réflexion et de décision, comme si vous étiez saoul !

6. Couler

A un certain stade, les plongeurs se contentent de couler. Le corps humain flotte naturellement dans l'eau de la mer. Si vous nagez à 5 mètres de profondeur, votre corps aura tendance à remonter à la surface. Toutefois, à partir d'une certaine distance, le poids du corps l'entraine dans sa chute. La profondeur à la quelle ce phénomène commence varie en fonction de la manière de nager du plongeur. Stepanek, par exemple, coule durant toute la dernière ligne droite. Pour lui, cette étape commence à 33 mètres. Au cours d'une plongée de 120 mètres, il en parcourt donc 67 en coulant.  

7. On ne distingue plus les couleurs

Comment savoir quand il est urgent de respirer ? Quand on ne distingue plus les couleurs.  "La partie de vos yeux qui gère les couleur demande beaucoup d'oxygène. Quand celui-ci diminue, ne serait-ce qu'un peu, les couleurs disparaissent. C'est le premier signe" d'un danger imminent, avertit Stepaneck.

8. Perte de la vision périphérique

Il arrive que la perte des couleurs ne se produise pas, même à un stade critique, dans ces cas-là, il important de surveiller sa vision périphérique. "Quand ma vision devient un tunnel, je sais que je pousse ma chance", déclare Stepanek. Il faut alors vite remonter à la surface avant que le "tunnel" ne se ferme et que le plongeur ne tombe dans l'inconscience. 

9. Les doigts et les orteils bougent de plus en plus difficilement

Quand le corps manque dangereusement d'oxygène, celle-ci circule très mal dans les doigts et les orteils. "Pour conserver l'oxygène, le corps la retire des extrémités pour la donner aux organes vitaux", explique Stepanek qui ressent régulièrement une sensation de brûlure dans les bras et les jambes quand il remonte à la surface.

10. Le protocole de surface

Evidemment, il est capital pour les plongeurs de conserver assez d'oxygène pour rester conscients et pouvoir remonter à la surface. Cependant, ils ont aussi besoin d'en garder pour venir à bout de la dernière étape mais pas des moindres : le protocole de surface.  Ce dernier consiste en une multitude de tâches à accomplir en 15 secondes avant de remonter à la surface. Le plongeur doit réaliser trois gestes dans l'ordre : retirer son masque, faire le signe "Ok" avec ses mains puis dire "Je vais bien". Ces taches permettent aux juges de voir si les plongeurs sont vraiment cohérents. Ce protocole peut paraître très superficiel mais quelqu'un qui manque complètement d'oxygène ne sera pas en mesure de les réaliser. Afin d'encourager à la sécurité, les plongeurs qui n'arrivent pas à accomplir leurs tâches dans l'ordre sont disqualifiés.

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