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Ces nouveaux climatiseurs plus respectueux de l’environnement
©PATRICK BERNARD / AFP

Quand il fait (encore) chaud

Ces nouveaux climatiseurs plus respectueux de l’environnement

Alors que les températures mondiales augmentent, les pays doivent adopter des initiatives afin d'améliorer les techniques de refroidissement, d'être moins polluant et plus abordable pour les consommateurs. À l'échelle mondiale, le refroidissement peut représenter jusqu'à la moitié de la demande de pointe en électricité pendant la saison chaude.

Morgan Bourven

Morgan Bourven

Morgan Bourven est journaliste pour le magazine Que choisir.  Il a également un blog de voyages.

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Atlantico : Selon un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la transition vers un refroidissement économe en énergie et respectueux du climat est techniquement et économiquement réalisable. Comment les industriels du secteur pourraient contribuer à cet effort environnemental ? Quels sont les moyens pratiques ou les technologies qui pourraient permettre d'améliorer les modèles de climatiseurs ou pour permettre de réduire leur consommation et leur émissions ?

Morgan Bourven : Les climatiseurs sont en effet une véritable bombe environnementale et selon un rapport publié en mai 2018 par l’Agence inter­nationale de l’énergie, les émissions de dioxyde de carbone liées à la climatisation devraient même doubler d’ici à 2050. D'abord à cause leur consommation électrique, très importante : un appareil d’une puissance réfrigérante de 2 500 W (pour une pièce de 25 m2 environ) coûte, en électricité, environ 16 centimes d’euro par heure d’utilisation, soit près de 4 € par jour en fonctionnement continu. À titre de comparaison, un réfrigérateur combiné récent consomme en moyenne 15 centimes par jour d’électricité. Même si l'électricité en France est largement décarbonnée, grâce à notre parc nucléaire, ce n'est pas le cas dans le reste du monde où l'empreinte carbone de ces appareils est importante.

L'autre problème est l'utilisation de gaz frigorigènes, qui sont des gaz dont l'impact sur l'effet de serre est de 140 à 11700 fois plus important que le CO2.

Heureusement, les fabricants font des efforts… pour se démarquer de leurs concurrents, mais aussi sous la pression de la réglementation, avec des appareils moins gourmands. Outre l’étiquette énergétique, qui les incite à diminuer la consommation électrique de leurs appareils (en améliorant leur efficacité, leur isolation, etc.), un règlement européen (842/2006) relatif aux gaz à effet de serre fluorés (gaz réfrigérants) leur impose de réduire l’impact de leurs produits sur ce critère. Le gaz R410A, qui a une très forte incidence sur le climat, est progressivement remplacé par le R290, dont l’empreinte est moindre, et par le R32 sur lequel travaillent certaines marques.

Face à l'urgence climatique, les climatiseurs peuvent-ils être un moteur clé de la transition écologique ?

Pour une vraie transition écologique, il faudrait en fait pouvoir se passer des climatiseurs. Ceux-ci sont énergivores, peuvent libérer des gaz à effet de serre, et en plus font augmenter la température globale des villes puisqu'ils ne font que pomper la chaleur de l'intérieur de nos logements pour les rejeter à l'extérieur. Dans les villes où des millions de climatiseurs sont allumés en permanence l'été, l'impact sur la température globale peut atteindre 1 à 2°.

Une transition écologique réussie est donc une transition qui permet de se passer des climatiseurs, en développant des logements adaptés aux grosses chaleurs qui vont se multiplier. En France, avec la RT2012, l'accent a été mis sur l'isolation thermique afin que les logements gardent la chaleur l'hiver. Le problème, c'est que désormais, ils gardent aussi très bien la chaleur l'été, un peu comme des serres. Il n'est pas rare de voir des logements neufs dont les occupants n'ont plus besoin d'allumer le chauffage en hiver mais qui allument la clim' l'été ! Il faut donc travailler sur ce point, par exemple en faisant en sorte que les logements soient traversants, en limitant le béton (qui conserve la chaleur, etc.), en baissant la température globale des villes grâce à des îlots de fraîcheur, etc.. La climatisation n'est qu'un épiphénomène face à ces enjeux.

Existe-t-il des modèles de climatiseurs "eco-friendly" et accessibles pour les consommateurs ?  Quels sont les climatiseurs à privilégier si l'on souhaite adopter une approche respectueuse de l'environnement ?

Un climatiseur "eco-friendly", cela n'existe pas : n'oublions pas que nous parlons d'un appareil qui tourne - et donc chauffe ! - pour rafraîchir une pièce. En réalité, le climatiseur est une absurdité... mais une absurdité bien utile quand il fait 30°C la nuit dans sa chambre ! Il est néanmoins possible de se diriger vers les modèles les moins mauvais pour l'environnement. La première chose à savoir est que les modèles dits "split" – avec le moteur à l'extérieur du logement – sont beaucoup moins énergivores que les climatiseurs mobiles monoblocs. Les modèles split sont en effet plus efficaces, mieux isolés, entraînent moins de déperdition... Selon nos calculs, à l'UFC Que choisir, un climatiseur monobloc consomme environ 30 € pour 12 h d'utilisation par jour pendant 2 semaines ; tandis qu'un climatiseur split coûte environ 45 € pour l'ensemble de l'été. Du fait de son silence, un climatiseur split est utilisé plus régulièrement, et pas seulement en période de canicule. Notre calcul prend donc en compte une période temporelle plus longue.

Une fois le modèle choisi, il faut bien déterminer sa puissance. Un climatiseur sous-dimensionné fonctionnera en surrégime et consommera plus, pour une efficacité moyenne. Mais attention, la puissance seule ne suffit pas. Il convient de se pencher sur son coefficient d'efficacité énergétique. Abrégé en EER (Energy Efficiency Ratio), ce chiffre est un standard de mesure permettant de comparer les appareils entre eux. Il se calcule en divisant la puissance de refroidissement du climatiseur (énergie frigorifique fournie ou chaleur absorbée) par l'énergie électrique consommée. Concrètement, plus l'EER est élevé, moins l'appareil sera énergivore. Cette information est traduite en classe (A, A+, A++, etc.) sur l'étiquette énergie.

Enfin, comme je l'expliquais en début d'interview, tous les gaz n'ont pas le même impact sur l'environnement. Au moment de s'équiper, il faut privilégier les modèles utilisant les fluides les plus récents (R290 voire R32).

Et avant d'acheter un climatiseur, vérifiez si un ventilateur ne suffit pas à vous rafraîchir : ils consomment en moyenne 20 fois moins d'électricité qu'un climatiseur et n'utilisent pas de gaz. Nous avons aussi publié de nombreux conseils pour limiter la chaleur dans son logement.

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