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Des participants posent avec un drapeau arc-en-ciel devant la Statue de Marianne sur la place de la République, lors de la Gay Pride à Paris le 29 juin 2019.
Des participants posent avec un drapeau arc-en-ciel devant la Statue de Marianne sur la place de la République, lors de la Gay Pride à Paris le 29 juin 2019.
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Tribune

Ce qui se joue vraiment derrière l’interdiction des thérapies de conversion

Les sénateurs ont voté mardi, à 305 voix contre 28, la création d’un délit pour interdire les "thérapies de conversion", les pratiques visant à imposer l’hétérosexualité aux personnes LGBT. En réalité, le cœur du texte n’est pas là.

Ludovine de La Rochère

Ludovine de La Rochère

Ludovine de La Rochère est présidente de La Manif Pour Tous.

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Ce mardi 7 décembre, le Sénat a voté en faveur de la proposition de loi « interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ». Ce vote faisait suite à celui, dans le même sens, de l’Assemblée nationale le 5 octobre dernier, le tout dans le cadre d’une procédure accélérée qui n’est cependant pas encore achevée, heureusement.

Dans nombre de médias et sur les réseaux sociaux, ce texte a été présenté comme visant à interdire les « thérapies de conversion », des pratiques qui prétendent « guérir » des personnes de leur homosexualité. Elles sont répandues dans certains pays mais, à vrai dire, pas vraiment en France.

Vu ainsi, évidemment, le grand public comme la plupart de nos élus, ont perçu favorablement ce texte et ce, d’autant plus qu’ils craignaient d’être accusés d’homophobie s’ils s’opposaient à cette proposition de loi.

Hélas, en réalité, le cœur du texte n’est pas là, et d’ailleurs, le terme de « thérapies de conversion » ne figure même pas dans la proposition de loi.

Ce que celle-ci interdit, ce sont « les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne ». Les mineurs, précisons-le tout de suite, sont concernés par ce texte. Et l’on constate donc que ce texte porte aussi sur « l’identité de genre », un concept non défini et qui ne peut l’être puisqu’il s’agir du ressenti profond de chaque personne d’être plus ou moins féminin ou masculin, ou les deux, ou aucun des deux…

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Quant à ceux qui sont ciblés par la proposition de loi, ce ne sont pas des organisateurs de « thérapies de conversion » telles que décrites par les associations militantes, mais tout particulièrement les parents ou grands-parents d’un enfant ou d’un adolescent et les professionnels du monde médical. Les uns comme les autres seraient passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 amendes s’ils tentent, de manière jugée trop insistante, de faire abandonner à leur enfant ou patient le projet de se lancer dans une transition de genre ou de sexe. Les parents pourraient même se voir retirer leur autorité parentale.

Si certains, en me lisant, pensent qu’il s’agit seulement d’éviter des outrances ou de la violence, je souligne que les termes de la proposition de loi – rappelés ci-dessus – sont si vagues que toutes les interprétations sont possibles, et c’est bien l’un des dangers majeurs de ce texte.

C’est d’ailleurs sur la base d’une loi équivalente qu’un père de famille, au Canada, a été condamné cet automne à 6 mois de prison ferme : il s’opposait à la transition que sa fille souhaitait subir. Se ressentant garçon, elle voulait bloquait sa puberté pour ne pas laisser son corps de femme s’épanouir et en vue d’une ablation ultérieure des seins et de l’utérus. Mais son père n’avait donc pas le droit de s’opposer avec fermeté à ce funeste projet. Il n’avait pas le droit de la faire accompagner psychologiquement pour tenter de remédier à la « dysphorie de genre » dont elle souffrait, ni de la sortir de l’emprise d’associations militantes dont elle était victime. Il a dû « trop » insister aux yeux de la justice… et pourtant, tout parent sait bien qu’il faut parfois insistait quand on considère que son enfant se met en danger !

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Certes, la proposition de loi indique que le délit est constitué si ces comportements et propos répétés ont « pour effet une altération de la santé physique ou mentale » de la personne concernée. Mais là encore, la marge d’interprétation est évidente, les personnes ayant l’impression de « ne pas être dans le bon corps » vivant de ce fait même un mal être profond, accompagné fréquemment d’anxiété intense, voire de tendances suicidaires. Il sera dès lors facile d’accuser l’entourage de ce mal être.  

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de pression idéologique puissante en faveur de l’identité de genre, concept qui va de pair avec les transitions de genre ou de sexe. Nous constatons tous, en parcourant les réseaux sociaux, en allumant la télévision ou Netflix, ou encore en écoutant des influenceurs et élus de gauche ou d’extrême-gauche la diffusion de ces idées suivant lesquelles on ne serait pas nécessairement homme ou femme, on pourrait « jouer » sur un curseur féminin-masculin de manière fluide, et même changer de sexe. Il est d’ailleurs possible en France, depuis fin 2016, de changer de sexe à l’état civil sans constat médical.

Hélas, cette pression militante s’exerce avant tout sur les jeunes, très jeunes même, comme en atteste la circulaire du ministre de l’Education nationale sur « la prise en compte des questions relatives à l’identité de genre », qui concerne aussi bien le primaire que le secondaire. De fait, le nombre d’enfants et adolescents qui pensent « ne pas être nés dans le bon corps » explose, et c’est pourquoi une cinquantaine de personnalités ont alerté en septembre dernier sur ce qui pourrait être le plus grand scandale sanitaire du XXIe siècle. De même, des sites de témoignages sont créés tous les jours par des personnes qui regrettent leur « transition », hélas irréversibles, et de parents démunis pour sortir leur enfant de l’emprise littéralement sectaire dont il est victime.

Alors n’hésitons pas, avant qu’il ne soit trop tard, à le dire à nos élus : cette proposition de loi ne devrait pas utiliser ce terme faussement libérateur d’ « identité de genre » ; il devrait absolument interdire toute incitation à « transitionner » auprès des mineurs ; et le Gouvernement devrait urgemment instaurer un moratoire sur les bloqueurs de puberté et les mutilations sexuelles pour « convenance » chez les mineurs. A minima.

Car le rôle de l’Etat est bien de protéger les jeunes de décisions prématurées, potentiellement prises sous pression, aux conséquences irréversibles, et de respecter les parents et les professionnels, qui connaissent mieux que quiconque leurs enfants et leurs patients.

Et ne nous y trompons pas, la dignité des personnes transsexuelles - qui sont infiniment respectables, évidemment - n’est pas l’objectif prioritaire des militants du genre : leur projet consiste essentiellement à nier le sens de notre réalité corporelle afin de mieux faire table rase de nos identités comme de nos héritages culturels, philosophiques et spirituels. Et d’avancer leur projet funeste de création d’un Homme nouveau.

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