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Quel va être l'avenir de l'UMP ?
Quel va être l'avenir de l'UMP ?
©Reuters

Eternel débat

"L'avenir de l'UMP est en jeu" : mais est-ce à cause du FN ou parce que le parti semble incapable de parler d'autre chose ?

Bien que Jean-François Copé ait dit sur TF1 ne pas vouloir entrer dans la polémique autour des propos de François Fillon quant au positionnement de l'UMP par rapport au FN, il a toutefois déclaré que c'était "l'avenir' du parti qui était en jeu et qu'à titre personnel, il ne voterait jamais pour un candidat du Front national.

Guillaume Bernard,Thomas Guénolé et Marika Mathieu

Guillaume Bernard,Thomas Guénolé et Marika Mathieu

Guillaume Bernard est maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures). Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d’ouvrages dont : Les forces politiques françaises (PUF, 2007), Introduction à l’histoire du droit et des institutions (Studyrama, 2e éd., 2011).

Thomas Guénolé est politologue à à Sciences Po, maître de conférence à Sciences Po et professeur chargé de cours à l'Université Panthéon-Assas.

Marika Mathieu : Marika Mathieu est journaliste indépendante, diplômée d'un master en journalisme international à la City University de Londres. Elle est l'auteur du livre La Droite Forte : Année Zéro - Enquête sur les courants d'une droite sans chef paru le 2 mai 2013 aux éditions de La Martinière.

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Atlantico : Après les déclarations de François Fillon sur le positionnement de l'UMP par rapport au FN, Jean-François Copé a estimé que "la situation était grave". Selon lui, "c'est l'avenir de l'UMP qui est en jeu si on la laisse dériver vers l'extrême-droite", il a de plus indiqué sur TF1 qu'il ne voterait, à titre personnel, jamais pour un candidat du Front national. La question des alliances avec le FN peut-elle réellement menacer l'avenir de l'UMP ? En quoi ?

Guillaume Bernard : La première chose à constater c’est que le « Front républicain » s’il n’est pas encore définitivement mort et enterré (puisque la position de Fillon l’envisage mais de manière non systématique) est tout de même plus que moribond (la position de Copé en faveur du « ni ni » l’écartant par principe). Ensuite, vue de l’extérieur, la situation interne de l’UMP est assez cocasse : c’est le « clan » supposée le moins droitier (celui de Filon) qui double sur sa droite celui (de Copé) qui tient le discours de la droite « décomplexée » (alors même que leurs positions, dans le fond, sont assez proches).

Il est possible que François Fillon considère que, puisqu’il n’a pas obtenu la direction du parti (ce qui le met à l’abri de la responsabilité d’éventuels échecs aux élections intermédiaires avant la présidentielle), il peut se permettre (encore qu’il risque de s’aliéner des soutiens) de tenter des idées ou, du moins, des formulations nouvelles : car, la position exprimée par l’ancien Premier ministre ne consiste pas en une rupture radicale étant donné qu’il ne remet pas en cause le refus d’alliance (même circonstancielle) de l’UMP avec le FN. Il évoque simplement la possibilité de ne pas se soumettre au « diktat » du « cordon sanitaire » et donc que des électeurs UMP puissent préférer un candidat FN à un socialiste parce qu’il serait moins « sectaire ». Sans doute a-t-il décidé de s’engager sur cette voie, d’un côté, à court terme, pour parasiter la présidence de l’UMP assurée par Jean-François Copé et, de l’autre, à moyen terme, pour apparaître comme le candidat aux primaires UMP le plus susceptible de rassembler au second tour de la présidentielle (non seulement au centre mais aussi sur la droite) et donc de l’emporter face à la gauche. 

Thomas Guénolé : Le sujet des alliances avec le FN est clairement menaçant pour l’existence de l’UMP pour une raison simple : les alliances avec le Front national sont une impasse électorale pour elle. En effet, les électeurs gagnés à droite sont perdus à gauche, et ces derniers sont plus nombreux que les nouveaux séduits. Les stratèges de la ligne Buisson doivent comprendre une bonne fois pour toutes que l’électeur de centre-droite – et plus généralement centriste -, ne déteste rien autant que l’extrême droite si ce n’est l’extrême gauche. Ainsi, si ça continue comme cela, ces électeurs n’auront d’autres choix que de voter pour l’UDI. UDI qui a en ce moment l’opportunité de récréer la grande UDF en s’alliant avec le Modem de François Bayrou.

Cela étant, Jean-François Copé a mis François Fillon « KO debout » à travers ses différentes interventions médiatiques récentes puisqu'il l'a rappelé à la règle d’absence totale de consigne de vote en faveur du Front national. Et nous avons donc assisté à un renversement des rôles spectaculaires. Il y a quelques jours encore, Copé était enfermé dans son corner lepéniste par ses déclarations sur le pain au chocolat, sur le ramadan etc., et François Fillon pouvait encore se permettre de lui donner des leçons de morale républicaine. Désormais, c’est lui qui a rejoint ce corner et Jean-François Copé en profite pour se placer au centre du ring de la droite. Le plus spectaculaire étant que François Fillon s’est vraiment mis dans cette situation tout seul. C’est bien la preuve que quand on manipule une arme comme celle de la provocation sans en avoir l’habitude, et que l’on va à l’inverse de ses convictions, cela ne fonctionne jamais.

Marika Mathieu : Jean-François Copé s’inquiétant du rapprochement de l’UMP et du FN est digne de l’étonnement d’un pyromane observant le feu qu’il alimente au rez-de-chaussée remonter dans les étages. Il est tout aussi amusant de trouver François Fillon à la fenêtre du premier pour annoncer que désormais, le feu fait partie des bases d’une maison bien entretenue. L’un comme l’autre, et dans leur ombre, Nicolas Sarkozy, partagent au fond le même constat : la politique de l’UMP doit se faire en fonction/réaction à celle du Front, et c’est bien cela la menace qui pèse sur l’UMP, dont les statuts d’origine (alliance de la droite et du centre), s’ils avaient été respectés, n’auraient jamais du conduire à la question même de l’alliance avec le FN.

Ce débat autour des alliances avec le FN est-il finalement le prolongement du débat avorté sur la responsabilité de la ligne Buisson dans la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 ?

Guillaume Bernard : C’est assez vraisemblable. Pour simplifier, la position de Copé consiste à vouloir concurrencer le FN en l’ignorant (en faisant à ses électeurs le chantage du vote utile), celle de Fillon en ne le heurtant pas (pour les récupérer mais sans le dire explicitement). L’une comme l’autre ne savent que trop la possible progression du FN aux prochaines élections, mais ils feignent (peut-être plus Copé que Fillon) de l’ignorer : ils est des cas où le FN sera devant l’UMP… aux européennes ? En outre, ils ne semblent pas conscients que l’électorat du FN est composite et que la force de ce parti (ce qui fait aussi, d’ailleurs, une part de sa faiblesse) réside dans sa capacité à capter d’abord à droite, mais aussi à gauche. Un discours libéral-conservateur ne suffira donc vraisemblablement pas à empêcher la progression du FN qui puise parmi les sympathisants UMP déçus mais également parmi les électeurs de gauche déroutés et qui se sentent trahis par les « bobos ».

Les politiques dans leur ensemble (y compris au FN) ne se sont pas encore rendus compte de la signification « populiste » profonde du mouvement LMPT (« La Manif Pour Tous ») du premier semestre 2013. Exaspérés par le mépris des élites intellectuelles et pour la défense d’une cause commune, les manifestants ont pleinement assumé le fait de défiler aux côtés de personnes n’ayant pas les mêmes préférences partisanes. Personne n’ignorait qu’il y avait parmi les manifestants des électeurs aussi bien de l’UMP que du FN (et pas seulement). Le mouvement LMPT a été l’illustration de l’inscription de la « ligne Buisson » dans la réalité historique : les plus profonds clivages ne passent pas entre la droite et la gauche mais au sein de la droite, ce qui signifie qu’il y a une plus grande proximité (mais non identité) entre les positions de nombre d’électeurs de l’UMP et ceux du FN qu’entre les premiers et ceux du centre. J’ai pour ma part, proposé le concept de « mouvement dextrogyre » qui signifie que la novation intellectuelle vient désormais (depuis une vingtaine d’années) par la droite (ce qui ne signifie nullement qu’il soit l’exclusivité de la droite radicale), ce qui repousse vers la gauche les anciennes conceptions politiques classées à droite mais qui ne le sont que phénoménologiquement (en particulier le libéralisme). Ce mouvement crée donc un espace politique à droite de plus en plus large, susceptible d’être électoralement occupé à la condition de tenir effectivement un discours ontologiquement de droite. 

Thomas Guénolé : Le débat sur les causes de la défaite n’a pour l’instant pas été fait. Toutefois, si la campagne pour la présidence de l’UMP a permis d’ouvrir un débat sur la lepénisation – dite ligne Buisson – le vote des adhérents n’a pas pu servir à départager les lignes à cause des conditions de celui-ci. Cette question continue donc de gangrener l’UMP et risque de la gangréner encore longtemps si rien n'est fait.

Par ailleurs, quand on regarde les chiffes et que l’on n’est pas dans le déni de réalité, on constate que cette ligne ne fonctionne pas. Il suffit de prendre l’exemple de Nicolas Sarkozy en 2007 qui a utilisé un seul marqueur d’extrême droite, le ministère de l’Immigration et l’Identité nationale. Il a perdu à gauche ce qu’il a gagné à droite. Il s’est alors retrouvé à 30% des voix, écrasant Le Pen à 10% tout en permettant à Bayrou d’atteindre à 17%. Ensuite, au cours de son mandat, Nicolas Sarkozy va progressivement incarner la droite sécuritaire laissant de côté les autres. Et si vous regardez rationnellement ce qui fait perdre l’UMP dans les divers scrutins durant le mandat de Nicolas Sarkozy, c’est à chaque fois le fait que l’électorat centre-droit est resté chez lui. En conclusion, je dirais qu’il est légitime de soutenir la ligne Buisson par conviction mais si on débat de son intérêt électoral, son bilan est nul. Aucune élection n’a été gagnée par la droite sur cette ligne lepénisée.

Marika Mathieu :Ce débat est plus ancien que toute tentative d’inventaire sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il n’est d’ailleurs toujours pas parvenu aux arguments qui pourtant s’expriment depuis des années dans la refonte des droites et la question du Front National,  faiseur de roi si bien compris qu’il est aujourd’hui prétendant au trône. C’est l’aboutissement d’un affaissement idéologique de la droite sociale post-gaulliste face au renforcement du discours national-conservateur dont l’influence s’est amorcée bien en amont de 2012.

Regardez plutôt le parcours du vice-président de l’UMP, Guillaume Peltier, allié de Jean-François Copé, premier élève de la promotion Patrick Buisson. Il fait ses classes en 1998 dans un FN déjà tourné vers l’objectif de normalisation, formé aux mots et aux intonations de Bruno Mégret qu’il suit au MNR sensé permettre aux idées du Front de s’incarner dans les postes à responsabilités. Il se lance ensuite auprès de Philippe de Villiers, qui tend lui aussi à prendre la place du Front et dont la percée lors du referendum européen de 2005 s’est construite grâce aux conseils de Buisson qui se rapproche alors de Nicolas Sarkozy. La conviction s’installe que la force d’impact auprès de l’électorat populaire se situe sur les questions de souveraineté et de sécurité, et l’identité nationale s’installe peu à peu au cœur du discours de l’UMP nouvellement créée, comme un exact corolaire à la proposition FN de préférence nationale. Guillaume Peltier est recruté par Brice Hortefeux dès 2007 à l’UMP, il devient porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2012, il sort gagnant du congrès interne de novembre à la tête du courant de la « Droite forte », il est aujourd’hui vice président du parti, alors même qu’il n’est pas élu. Son parcours illustre le faux débat qui anime l’UMP sur la question des alliances, et les électeurs ne sont pas dupes.

Le cordon sanitaire est mort depuis aussi longtemps que le « corpus » de la droite républicaine. C’est la faiblesse interne de l’UMP qui est en cause, toute flèche armée de quelques sondages y pénètre comme dans du beurre. C’est l’essence même du populisme, et il ne carbure pas que depuis 2012.

L'UMP est-elle aujourd'hui en état de trancher ce débat ? A quelles conditions le pourra-t-elle ?

Guillaume Bernard : L’UMP est, à l’évidence, dans une position délicate car elle doit régler deux problèmes : l’un externe, la progression du FN, l’autre interne, ses divisions sur un certain nombre de questions qui sont à la fois névralgiques et symboliques (comme les mœurs et la bioéthique ou la construction européenne).

Contrairement aux apparences, c’est l’enjeu interne qui est le plus crucial : une force politique ne peut durer sans colonne vertébrale claire. L’identité, c’est la capacité à être et à définir : c’est en sachant qui l’on est que l’on peut se positionner vis-à-vis des autres. Pour trancher le débat sur les relations à entretenir avec le FN (il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tous les sujets pour tisser des alliances : celles-ci dépendent des proximités avec les uns et des oppositions vis-à-vis des autres), il faut d’abord que l’UMP clarifie ses propres positions doctrinales et programmatiques. L’UMP est en face d’un terrible dilemme : soit elle refuse le discours droitier et dans ce cas libère de l’espace pour le FN, soit elle l’assume et des alliances avec le FN sont inéluctables.

Si Copé et Fillon en restent à ces oppositions de personnes et de tactique électorale, ils risquent, en l’état actuel, deux choses : d’une part, en externe, à ce que certains de leurs électeurs se détournent de l’UMP pour se rallier au FN et, d’autre part, en interne, à ouvrir toute grande la voie à un retour de Nicolas Sarkozy que, pourtant, ni l’un ni l’autre ne souhaitent vraiment. L’ancien président de République dispose comme atout qu’il a fait la preuve de sa capacité à endiguer le FN. Mais 2017 ne sera bien évidemment pas 2012 et encore moins 2007… Avec lui aussi, le logiciel devra être revu car, à tort ou à raison, la crédibilité du FN a progressé. 

Marika Mathieu : Ces divisions sur des questions tactiques sont le masque d’une confusion croissante sur ce que l’on entend justement par “idéologie”. Une partie de plus en plus en importante des dirigeants de l’UMP semble se rendre à l’idée que la meilleure ligne politique possible est encore de ne pas en avoir. Les propositions concrètes, pour se faire valoir en tant que projet de société et d’avenir ont besoin d’une structure et d’une armature idéologique que la direction de l’UMP semble incapable de se donner, à tel point, semble-t-il, qu’elle renonce même à la chercher. Dans un parti dont la droite forte s’est déjà révélée maitresse, et pour qui les discours “décomplexés” dans la forme se sont substitués à toute autre réflexion sur le fond, il semble peu probable que la direction actuelle soit à même de trancher un débat qu’elle contribue à rendre inaudible.

Ces querelles autour des alliances avec le FN sont-elles en adéquation avec les attentes des militants et des Français ? Plus que des débats stratégiques et idéologiques, ces derniers attendent-ils des propositions concrètes ?

Guillaume Bernard : Il est certain que ces débats tactiques risquent d’apparaître très rapidement comme de simples querelles politiciennes bien éloignées des préoccupations des électeurs : insécurité physique et matérielle (délinquance), insécurité économique (chômage, fiscalité, retraites), insécurité culturelle (immigration, multiculturalisme). Cela augmentera encore la défiance des électeurs envers leurs élus et, de manière générale, des Français envers les élites en particulier intellectuelles.

Tout cela ne peut que profiter au FN qui apparaît comme le parti antisystème par excellence. La force sur l’échiquier politique dépend tout autant sa propre qualité que de la faiblesse des autres. A ce titre, une remarque pour terminer s’impose. Il ne faudrait pas se focaliser uniquement sur les relations UMP-FN pour analyser le positionnement du second. D’une part, les syndicats connaissent une faillite retentissante : leur discours a été sinon inexistant du moins inaudible dans la scandaleuse affaire Waterman ; ils n’apparaissent plus que comme les avocats de privilèges exorbitants (comme le régime de retraite spécial de la SNCF qui, déficitaire, est renfloué par… le régime général !). D’autre part, l’incapacité (due à un blocage idéologique) de la gauche et de l’extrême gauche à se saisir de la question du protectionnisme économique et social en faveur de la main d’œuvre est désormais actée. Ces deux éléments ont accru, peut-être plus encore que les hésitations à l’UMP, les marges de progression du FN. Or, sur ce point, l’UMP paraît a priori incapable de concurrencer ce dernier.

Thomas Guénolé : Bien sûr quand on agite les sujets qui constituent cette lepénisation de la ligne de l’UMP, on hystérise le débat mais cela ne correspond pas aux véritables attentes des gens, ni même des électeurs du parti. Les priorités des Français sont le chômage, les retraites, l’insécurité, la protection sociale, l’appauvrissement – que l’on appelle l’enjeu du pouvoir d’achat , la situation dans les banlieues et les déserts ruraux. Moins évoqué mais très important aussi dans l’esprit des Français : le fait que l’égalité des chances par l’éducation ne fonctionne plus, que réussir à l’école ne serve plus à rien. L’immigration fait bien sûr partie du top 10 mais dans les derniers parmi celui-ci.

La position de l’UMP sur ces sujets intéresse donc beaucoup plus tous les Français, y compris les partisans et les sympathisants de l’UMP, que les questions d’accords électoraux. Cependant, il est plus facile d’y attirer l’attention médiatique. En effet, quand François Fillon a ces propos sur le FN, tous les médias du pays ou presque en font leurs Unes avec force détails. Mais quand, il y a quelques mois, il a fait 35 propositions électorales sur des sujets divers (retraites, chômage etc.) et cela n’a été repris que très superficiellement par les médias. On atteint donc le problème du traitement de l’information, contraint par l’immédiateté des choses et qui le plus souvent ressemble à des commentaires sportifs.

Pourtant, sur le plan électoral, on constate que lorsque certains hommes politiques font un travail de fond pour proposer des idées, cela a souvent des répercussions intéressantes en termes de percées électorales. Plusieurs exemples très divers confirment cela : en 2009, EELV a fait un important travail programmatique et n’a pas été loin de passer devant le Parti socialiste. Le meilleur exemple est celui de Nicolas Sarkozy qui, de 2002 à 2006, a presque proposé une idée par semaine. Il a fait un très important travail d’innovation au niveau des idées. Et cela a été payant. Enfin, Jean-Luc Mélenchon a réussi a rassemblé une extrême gauche très divisée « par le programme ».

Marika Mathieu : Au delà d’une question d’alliance avec le FN, ou de consignes de vote, le fond tient à la nature de la distinction entre un projet UMP et un projet FN. Sur le travail, sur l’Europe, sur l’intégration ou sur la valeur de l’immigration, les électeurs attendent de la cohérence et du sens, incarnés dans des propositions concrètes. Tant que l’indéfinition subsiste sur la nature du projet UMP, il n’est pas étonnant de voir les électeurs plus attentifs, voire plus réceptifs (toutes les études en attestent) à ce qui semble, dans la nuit, plus dense et cohérent du côté du FN. La force d’influence vient de la droite radicale, c’est tout le problème de la droite modérée dont les querelles ne sont que le reflet de son manque de travail sur le plan idéologique.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio


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