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Radioscopie du profil des candidats aux législatives 2012 : la panne d'envie des politiques
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Radioscopie du profil des candidats aux législatives 2012 : la panne d'envie des politiques

A la veille des élections législatives, l’Ifop présente son analyse des profils des candidats en lice en juin, en comparaison avec le scrutin de 2007.

Frédéric Micheau

Frédéric Micheau

Frédéric Micheau est directeur du département Opinion d'OpinionWay depuis juillet 2014

 

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En 10 ans, le nombre de candidats aux élections législatives a baissé de 21%. Il se rapproche ainsi de celui observé en 1997 : la dissolution surprise avait pris de court les formations politiques, qui avaient rencontré des difficultés à trouver dans l’urgence des candidats. Cette étude montre également que le déséquilibre hommes-femmes persiste, et au PS comme à l’UMP, les candidates sont envoyées dans des circonscriptions où la victoire apparaît plus difficile.

Les profils socio-démographiques

Une baisse importante du nombre de candidatures depuis 2002

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On constate que le nombre de candidats accuse une baisse de 2000 candidats par rapport aux élections législatives de 2002. Après l’effervescence de 2007, il y a eu une désaffection du peuple par rapport à la politique. Cela ne s’est pas traduit par une abstention massive lors de l’élection présidentielle, en revanche c'est l'envie des politiques de se présenter comme candidats aux législatives qui a été affectée. On peut l'expliquer par le fait que la conjoncture économique a révélé une certaine impuissance du politique dans cette crise.

 

Le nombre moyen de candidatures par circonscription continue de chuter

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Le déséquilibre hommes-femmes persiste

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Le profil type du candidat : c’est un homme. En effet, il y a un déséquilibre persistant entre hommes et femmes. On sait que traditionnellement la politique attire davantage les hommes, diplômés et âgés. Cela se confirme : 60 % des candidats sont des hommes, il s'agit exactement du même niveau que celui observé il y a dix ans. 

Évolution de la proportion de candidates par parti (2007-2012)

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En termes de parité, il n’y a pas eu de progrès significatif effectué. C’est toujours l’UMP qui présente le moins de candidates. Ceci est en parti dû au fait qu’il y a de nombreux députés UMP sortants, et il est donc difficile de les remplacer par des femmes dans la mesure où ils sont sortants. On peut tout de même noter que les autres partis font des efforts pour respecter la parité notamment le Front de gauche, le Front National et EELV.


Au PS comme à l’UMP, les candidates sont envoyées dans des circonscriptions où la victoire est plus difficile

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En revanche, on constate que le PS comme l’UMP envoie plutôt les femmes dans des circonscriptions où la victoire est plus difficile.. La parité c’est le fait d’avoir autant de candidats que de candidates, mais c’est aussi de faire en sorte que chacun ait la même chance d’être élu. Or ces femmes doivent se battre davantage pour être élues. C’est un handicap supplémentaire pour les femmes, et c’est peut-être cela qui fait qu’on a des assemblées qui ne sont toujours pas paritaires.

L’âge des candidats se stabilise

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En termes d’âge, il n’y a pas d’évolution depuis dix ans. Par rapport à l’image qu’on peut se faire des hommes politiques, a priori plutôt âgés, notamment chez les sénateurs, ils sont en réalité relativement jeunes puisqu’on se situe à une moyenne de 50 ans.

 

Répartition des candidats par tranches d’âge 2002-2012

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On a peu de chances d’avoir une assemblée équilibrée en termes de représentation professionnelle. Il y a uniquement 2% d’ouvriers qui sont candidats alors qu’ils représentent 8% de la population française. A l’inverse les cadres et les professions libérales sont surreprésentés. Les CSP + sont donc plus représentés que les classes populaires.

 

Répartition des candidats par profession 2002-2012

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Les profils politiques

Evolution de la répartition entre candidats sortants et non sortants (2007-2012)

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* Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL, M. Didier MATHUS, M. Didier JULIA, M. Yves BUR et M. Jean-Pierre SCHOSTECK.

 

Évolution de la répartition par fonction des personnalités candidates (2007-2012)

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Evolution de la présence par étiquette politique

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Bien que généralisée, la baisse du nombre de candidats aux législatives est significative dans les petits partis. A l’extrême gauche par exemple on compte 293 candidats en moins, car en 2007 Olivier Besancenot, candidat du NPA, avait réalisé de bons scores ce qui n’a pas été le cas de Philippe Poutou cette année. Il y a également des recompositions politiques de partis qui expliquent certains mouvements, notamment à l’extrême droite où le Mouvement National Républicain de Brunot Mégret a disparu entre 2007 et 2012. Aussi le CPNT a souhaité ne présenter aucun candidat et soutenir l’UMP.

 

Evolution de la présence par étiquette politique à gauche

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Focus sur l’accord électoral entre le PS et Europe Ecologie - Les Verts

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Evolution de la présence par étiquette politique au centre

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Il y a un point important : l’éclatement du centre ; entre L’Alliance Centriste, le Modem, le Nouveau Centre, le Parti Radical Valoisien, la diaspora centriste n’a jamais été aussi éparpillée. D’ailleurs, il est aisé de le constater en observant la baisse du nombre de candidats du Modem. On peut mettre ça sur le compte de la contre-performance de François Bayrou à la présidentielle où son score a été divisée par deux par rapport à 2007. 

 

Evolution de la présence par étiquette politique à droite

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Evolution de la présence par étiquette politique à l’extrême-droite et parmi les divers

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Note de lecture

Les chiffres présentés dans ce document sont issues de traitements statistiques réalisés à partir des données du Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, relatives aux candidatures aux élections suivantes :

- Élections législatives du 9 et 16 juin 2002 ;
- Élections législatives du 10 et 17 juin 2007.
- Élections législatives du 10 et 17 juin 2012. Sauf indication, les données sont présentées en pourcentages.

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