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©WALTER DIAZ / AFP

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2020 : annus horribilis… ou mirabilis pour le climat ?

On retiendra 2020 comme une « annus horribilis » tant sur le plan sanitaire que climatique. Mais les lignes commencent véritablement à bouger, et il existe de bonnes raisons d’espérer.

Myriam Maestroni

Myriam Maestroni

Myriam Maestroni est présidente d'Economie d'Energie et de la Fondation E5T. Elle a remporté le Women's Award de La Tribune dans la catégorie "Green Business". Elle a accompli toute sa carrière dans le secteur de l'énergie. Après huit années à la tête de Primagaz France, elle a crée Ede, la société Economie d'énergie. 

Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages majeurs: Intelligence émotionnelle (2008, Maxima), Mutations énergétiques (Gallimard, 2008) ou Comprendre le nouveau monde de l'énergie (Maxima, 2013), Understanding the new energy World 2.0 (Dow éditions). 

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Il est désormais avéré que l’on retiendra 2020 comme une « annus horribilis » tant sur le plan sanitaire que climatique. Annoncée comme l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées avec une température moyenne mondiale, entre janvier et octobre supérieure d’environ 1,2°C à celles enregistrées sur la période de référence 1850-1900, 2020 se classerait en deuxième position des années les plus chaudes (après 2016 et avant 2019) relevées sur la dernière décennie, elle-même la plus chaude jamais observée, selon le dernier rapport annuel (encore provisoire) de l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale). Un état de fait qui, selon l’ONU, accroit le risque de voir dépassé le niveau de 1,5°C, prévu par l’Accord de Paris, d’ici à 2024, et sans nul doute, une occasion de plus d’alerter, encore une fois, sur les multiples menaces liées au changement climatique, qui se matérialisent par un large spectre de manifestations de plus en plus extrêmes et fréquentes, endommageant irrémédiablement les écosystèmes à la base de la vie sur la Terre.

Sur l’année qui vient de s’écouler, ce ne sont malheureusement pas les exemples qui manquent. Il faut dire que cette dernière avait d’ailleurs bien mal commencé.

Dès la fin 2019, démarraient de terribles feux de brousse en Australie. Ils se sont poursuivis de nombreuses semaines. Leur bilan fut catastrophique : 18,6 millions d’hectares brulés (186.000 km2), 5.900 bâtiments détruits (dont 2.779 habitations), 100.000 personnes évacuées, de nombreuses victimes à déplorer (près de 500 morts et 4.000 personnes hospitalisées) et un énorme coup porté à la biodiversité avec près de 3 milliards d’animaux tués ou impactés par les feux selon le rapport émis par le WWF (rendu public fin juillet 2020), et enfin plus de 300 millions de tonnes de C02 émises (300 mégatonnes).

Le cas australien, même s’il est d’une envergure gigantesque, n’est pas resté un cas isolé.

La Sibérie a déploré plus de 11 millions d’hectares (soit plus de la superficie du Portugal) également partis en fumée depuis début 2020. Dans ces contrées lointaines et souvent inhabitées, les feux hors contrôle dégageaient d’énormes quantités de fumées -repérées et photographiées par les satellites-, dues aux tourbières et toundras (riches en composés carbonés). Les services de surveillance européen de l’atmosphère Copernicus indiquaient qu’à fin août 2020, déjà plus de 540 mégatonnes de CO2 auraient été libérées dans l’atmosphère. Le phénomène est doublement inquiétant car la Sibérie (notamment l’Est) connait un réchauffement deux fois supérieur à celui du reste de la planète (5°C de plus que les moyennes saisonnières) et favorisent la perte rapide de la couverture de glace de mer qui réfléchit moins l’énergie du soleil, alors absorbée par l’océan, provoquant un réchauffement supplémentaire (on parle d’« amplification arctique »). Bien sûr, cela ajoute une crainte additionnelle, à savoir le dégel du sol (permafrost) qui donne lieu à une augmentation de l’activité microbienne et à un relâchement de deux gaz à effet de serre (le méthane et le CO2) stockés en grande quantité dans ces sols gelés.

Les États-Unis n’ont pas non plus échappé aux flammes, notamment en Californie. Après plus de 100 jours sans une goutte de pluie, se déclaraient à la mi-août un « giga-incendie » (August Complex) qui allait battre le record des plus grands feux californiens et détruire plus de 1,6 millions d’hectares de végétation (soit le double des records historiques équivalent à une superficie équivalente à 1% de la région et supérieure à la région Ile-de-France). Là encore des victimes étaient à déplorer, ainsi que de nombreuses évacuations et près de 10.000 bâtiments détruits.

Bref, nul doute que 2020 restera une année intense en incendies violents… mais pas seulement...

On aura, en effet, également observé que la saison des typhons et des super-typhons avait franchi un cran en 2020. Après Bavi (Chine, Corée du Nord) et Maysak (Micronésie), ou encore Haishen (Japon, Corée du Nord), dans le Pacifique Nord-Ouest, ce sont les Philippines qui ont été durement touchées. En moins de 2 mois, cette région du monde était durement touchée par le typhon Molave (fin octobre), et, dans la foulée, le super typhon Goni, (nord de l’archipel -Central Luzon-). Ce dernier est le plus intense de l’année 2020 et figure parmi les plus violents jamais survenus sur terre, avec des rafales de vents à plus de 300 km/h et des précipitations sur les zones côtières et sur les reliefs ayant atteints en 24h, soit l’équivalent de 2 à 3 mois de pluie. Il était suivi par Atsani quelques jours plus tard.

Selon le GIEC, conséquence du changement climatique, le nombre d’ouragans a doublé en 100 ans pour atteindre 85 par an et devrait continuer à s’accroitre.

L’Afrique de l’ouest et la région du Sahel ont connu des pluies diluviennes et des inondations spectaculaires à l’origine de nombreuses victimes et de dégâts considérables dans plusieurs pays : Sénégal, Soudan, Mauritanie, Burkina Faso. C’est également le cas en Asie du Sud-Est, dont le Cambodge et le Vietnam, également durement atteints, mais aussi de l’Inde, pour qui les moussons deviennent de plus en plus destructrices et meurtrières.

Pour revenir sur un exemple plus proche de nous, on est nombreux à avoir conservé gravées dans nos mémoires, les images des dégâts causés par la tempête Alex, première de la saison des tempêtes hivernales en Europe. Après s’être formée sur l’Océan Atlantique Nord, elle a causé d’importants dommages, conséquences des pluies diluviennes provoquées sur le sud-est de la France et le nord de l’Italie. On se souvient tous encore des terribles images d’inondations ayant entraîné des torrents de pierre et de boue qui dévastèrent le petit village de Saint-Martin-Vésubie dans les Alpes-Maritimes au début du mois d’octobre dernier.

Il va de soi que ce petit rappel est bien loin de constituer une liste exhaustive des phénomènes et catastrophes climatiques de l’année, qui n’épargnent aucun lieu de notre planète et ne cessent de s’intensifier. Le réchauffement des océans bat des records, entrainant des conséquences sérieuses sur les écosystèmes marins déjà affectées par l’acidification des eaux due à l’absorption du CO2. Les records de chaleur et les sécheresses se multiplient, l’eau se raréfie provoquant des situations de stress hydrique par endroit et des inondations ailleurs, entrainant une baisse des rendements agricoles. La biodiversité, désormais reconnue comme un des enjeux majeurs de la menace climato-environnementale, est menacée, provoquant un risque d’accélération des pandémies. En effet, des liens de plus en plus apparents apparaissent entre la biodiversité et la santé et mettent en évidence la nécessité d’écosystèmes riches et équilibrés en interactions positivescette approche semblerait d’ailleurs être le meilleur bouclier contre les zoonoses (dont fait partie la Covid 19).

Cela explique certainement que lors du dernier sommet virtuel de l’ONU sur le climat qui s’est tenu, le 12 décembre dernier, le secrétaire général Antonio Gutierrez ait affirmé : « L'équilibre écologique de la planète est rompu. L'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire » espérant ainsi profiter de ce 5e anniversaire de la signature de l’Accord de Paris pour accroitre les efforts et accélérer les mesures en matière de lutte contre le changement climatique… Et il ajoutait : « Nous ne sommes toujours pas sur la bonne voie »... Il est vrai que, malgré les efforts réalisés pour réduire les émissions mondiales de 45% d’ici à 2030 (par rapport aux niveaux de 2010), on est encore loin du compte, comme le démontre le dernier rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Ce rapport indique notamment que les gouvernements doivent réduire la production de combustibles fossiles d’environ 6 % par an d’ici à 2030. Or, la production prévue de charbon, de pétrole et de gaz par les pays continue encore, pour le moment, de prévoir de produire à l’horizon 2030 plus du double de la quantité de combustibles fossiles que celle qui permettrait de limiter la hausse de température de 1,5°C.

Certes… mais les lignes commencent véritablement à bouger, et il existe de bonnes raisons d’espérer.

En premier lieu, il faut reconnaitre que 2020 semble marquer une remobilisation politique fondamentale. Il aura fallu attendre 10 ans après le cri d’alerte d’Al Gore dans son film Une vérité qui dérange, en 2005, pour que la COP 21, en 2015, engage l’ensemble des parties prenantes en y associant notamment les entreprises, comme agents de transformation essentiels à la construction d’un nouveau paradigme éco-énergétique. L’Accord de Paris clarifiait les objectifs de trajectoire de réduction des températures à +2°C et si possible +1,5°C. 5 ans plus tard. La dynamique, alors lancée, de transition énergétique, est donc en train de se convertir en un processus de construction d’un monde architecturé autour de la neutralité carbone. Les enjeux plus clairs, de mieux en mieux partagés et compris, sont ainsi mieux assimilés par l’ensemble des parties prenantes, permettant ainsi de mettre en œuvre des stratégies concrètes et d’accélérer les efforts de décarbonation à réaliser dans les années à venir.

On a vu le secrétaire général de l’ONU profiter de cette fin d’année inédite pour appeler le monde à « déclarer l’état d’urgence climatique » tant que cette neutralité carbone n’était pas atteinte… et on a vu des pays se positionner en ce sens. C’est notamment le cas de la Nouvelle-Zélande, dont les côtes sont menacées par le réchauffement et qui a proclamé cet état d’urgence climatique, dans un mouvement lancé par le Parlement britannique et par l’Irlande. On a également vu, une tendance de fond se dessiner tout au long de l’année 2020 et qui a permis à un certain nombre de pays de prendre de nouveaux engagements de réduction des émissions via la limitation du recours aux énergies fossiles (Israël et Pakistan), de l’accroissement de la part des renouvelables dans le mix énergétique (Inde avec 450 GW de capacité visée, Chine 1200 GW -soit 25% de la consommation d’énergie primaire-), ainsi et surtout que les premiers engagements pour atteindre la neutralité carbone, notamment de la part de l’Union Européenne (2050), mais également de la Chine (2060), du Japon ou de la Corée du Sud… et même des États-Unis pour qui l’élection de Joe Biden s’avère décisive en la matière, puisqu’il a annoncé sa volonté de réintégrer l’Amérique dans l’Accord de Paris, et d’investir massivement dans les énergies renouvelables !

Les bases politiques permettant de tracer la feuille de route de la neutralité carbone semblent bien être enfin posées, dans une logique de solidarité mondiale.

L’Europe constitue une excellente illustration de ce nouveau souffle. Dès la fin 2019, la Présidente de l’Union Européenne, Ursula Van der Leyden, clôturait le chapitre du fameux 3X20, et plaçait au cœur de l'agenda de la nouvelle Commission qui venait juste alors de prendre ses fonctions, un programme de transformation structurelle de l'économie européenne pour atteindre la neutralité climatique d'ici 2050 et ainsi convertir l’Europe en premier continent neutre en carbone (Pacte Vert ou Green Deal).

Cette vision privilégiait, déjà alors, une stratégie de croissance basée sur de multiples opportunités liées à la construction d’un monde post-carbone.

En second lieu il faut reconnaître, même si cela peut être difficile à admettre, que la crise de la Covid, semble être devenue un élément de contexte déterminant, car de nature à pouvoir contribuer à accélérer cette nouvelle dynamique, finalement particulièrement adaptée à la sortie de crise et à la relance économique…. En effet, les confinements ont mis en évidence un autre champ des possibles. Le retour de l’économie physique a démontré les liens clairs (pour ceux qui avaient encore des doutes…) entre la chute consommation et les émissions de CO2. Chaque jour de confinement a réduit les rejets de CO2 en Europe de plus de moitié, passant de 469 kg à 161 kg d’émissions de CO2 par mois. Cette période exceptionnelle a également révélé les faiblesses et les disparités d’un tissu industriel local éloigné des centres du pouvoir et fortement mis à l’épreuve par la délocalisation… mais également marqué par un engagement et un volontarisme dopés par de nouvelles perspectives : réflexions et évolutions consécutives à la loi Pacte, émergence d’une pensée intégrée, préférence locale, circuits courts, digitalisation, nouveaux modèles économiques, prise en compte du bien commun et recherche accrue de sens… On a vu s’imposer dans le monde du travail de nouvelles réalités qu’il semblait bien difficile d’imposer, et notamment la démocratisation du télétravail quand il était possible… Cela implique l’émergence de nouvelles habitudes en termes de mobilité quotidienne et des effets de transfert des dépenses énergétiques (on a constaté un surcoût des consommations et des frais de chauffage dans les domiciles des Français). Bien sûr, tout cela a contribué à identifier les nouveaux besoins caractéristiques du « nouveau monde » et donc des nouveaux marchés issus d’une logique de rénovation, d’optimisation, d’amélioration… dans tous les secteurs de l’économie. Nul doute qu’il faille aujourd’hui adapter l’économie pour qu’il devienne possible de croitre en prenant véritablement en compte les défis environnementaux et sociétaux.

Quelle est la 3ème raison d’espérer ? Il convient de considérer que cette nouvelle dynamique politique dans ce contexte sanitaire bien particulier devient propice aux transformations d’autant que les technologies et les pistes testées au cours de la décennie qui vient de s’écouler permet d’envisager une nouvelle dynamique de relance économique.

La clef de voute du changement concerne en premier lieu le secteur de l’énergie au sens large. On sait bien qu’il s’agit d’innover pour diminuer ou transformer les consommations d’énergies fossiles, d’améliorer l’efficacité énergétique tous secteurs confondus, d’accroitre la part des énergies propres, et de favoriser les approches de capture du CO2… Pourtant 2020 semble devoir marquer un tournant dans le passage à l’échelle de technologies qui n’étaient encore que des pistes de réflexion et qui deviennent des solutions tangibles et concrètes. L’hydrogène -vert bien sûr !- semble devoir s’imposer comme le carburant de la mobilité lourde (camions, trains, avions), mais pas seulement, puisqu’il fournit des solutions de stockage de l’électricité… et devient une des meilleures piste de décarbonation pour l’industrie (20% du total des émissions en France). L’électricité se transfère de la maison vers les véhicules légers comme une solution de plus en plus prisée ou imposée pour certains pays. La seule valorisation de Tesla qui a doublé sur l’année pour atteindre la valeur de Toyota -qui produit 20 fois plus de véhicules-Volkswagen, Daimler, GM, BMW et Ferrari réunis est une illustration de ce phénomène. L’efficacité énergétique, mieux comprise, acquiert enfin ses lettres de noblesse, et elle est citée par toutes les parties prenantes dont l’AIE qui ignorait le sujet jusqu’à très récemment.

A ces nouveaux marchés de l’énergie viennent s’ajouter de nouvelles approches, qui implique de nouvelles ressources dont l’Intelligence Artificielle en matière de préservation de l’environnement et de la biodiversité. Le secteur de l’agriculture n’échappe pas à la transformation avec des tentatives réelles de réduction de l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques, tout en augmentant la superficie des terres consacrées à l’agriculture biologique, voire même des récoltes dédiées à l’alimentation et à la fabrication de biogaz. On retrouve un nouveau souffle dans le secteur de l’agro-alimentaire et, bien entendu, de la santé. Les entreprises s’emparent de ces nouveaux défis car elles y voient des leviers de croissance innovants. A nouveau, l’idée n’est pas d’être exhaustif, mais d’appréhender les multiples opportunités de la construction du monde post-carbone qui commencent à convaincre l’ensemble des acteurs impliqués dans leur mise en œuvre. On parle même déjà de plus en plus « d’économie régénérative ».

En 4ème lieu il est important de prendre en compte que l’on mesure de mieux en mieux les coûts de l’inaction et on voit, au travers de différentes études, qu’ils deviennent supérieurs aux coûts d’agir. Plus de 200 des plus grandes entreprises cotées du monde prévoient que le changement climatique pourrait leur coûter dans les cinq prochaines années -un montant pourtant encore largement sous-estimé selon un rapport de l'Organisation, CDP (Carbon Disclosure Project) de fin 2019. Les assureurs paient des notes de plus en plus salées du fait des différents épisodes climatiques extrêmes (inondations à répétition, incendies, tempêtes plus fréquentes et plus violentes, ouragans, vagues de chaleur, canicules,…).Selon CDP, de nombreuses entreprises ont également perçu un potentiel énorme à réduire les émissions de CO2 à temps pour éviter les scénarios climatiques les plus sombres. Ainsi selon ces mêmes entreprises, considérées dans l'étude du CDP, et dont la capitalisation boursière combinée avoisinait les 17.000 milliards de $. On voit ainsi se formaliser la prise en compte des externalités ou la création de valeur intangible, dont les définitions vont s’affiner au fil du temps notamment au travers des mesures de plus en plus précise de la performance extra-financière.

Une 5ème raison d’espérer, est que le monde semble prêt à déployer des moyens sans précédent au service de la neutralité carbone et des étapes précédant cette colossale ambition. Il suffit de regarder les milliards débloqués et fléchés vers cette nouvelle économie pour se convaincre qu’il existe enfin une volonté de changement. Les investisseurs l’ont d’ailleurs également bien compris et prennent des positions extrêmement exigeantes pour s’assurer du bien fondé de leurs choix. Ainsi le risque de disparaitre des radars ou d’être rayé de la carte s’est-il infiniment accru.

Je voudrais terminer en donnant 2 exemples qui illustrent cette nouvelle dynamique de destruction de valeur et qui m’ont particulièrement frappé : General Electric, qui fût un symbole absolu d’innovation car elle commercialisait les produits inventés Thomas Edison et fut une des premières valeurs côtées à la Bourse de NY (depuis 1896), est sorti du Dow Jones en 2018. Il est arrivé exactement la même chose à Exxon le 31 Août dernier. Le risque de ne pas se savoir se transformer a augmenté de façon exponentielle en fonction de la capacité ou pas à savoir répondre au changement climatique… Au cours des 10 dernières années, ce risque à part entière s’est transformé en urgence absolue. Rappelons ainsi que General Electric était classé, en 2016, en 4ème position du Top 100 des entreprises accusées de produire de la pollution atmosphérique aux États Unis, et qu’Exxon, a été accusée (et est actuellement devant les tribunaux) pour avoir essayé d’occulter son rôle et l’impact de ses activités sur le changement climatique (après avoir pris un peu trop à la légère les questions des investisseurs qui pressaient la société d’inclure dans sa stratégie des pistes de réponses claires à ce sujet).

Dernier point, enfin : le monde commence à se penser autrement, et on voit des philosophes de l’environnement contribuer à définir ce monde qui commence à se construire dans une logique qui pourrait évoluer d’une approche « anthropocentrée » vers une ère de plus grande symbiose entre l’être humain et les merveilleuses richesses de notre planète d’accueil qu’il ne suffira plus de protéger mais qu’il conviendra aussi de régénerer.

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