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Islam Karimov, président de l'Ouzbékistan, serait décédé
©Sergei Karpukhin / Reuters

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Islam Karimov, président de l'Ouzbékistan, serait décédé

Karimov détient le pouvoir autocratique depuis la fin de la Guerre froide, et personne ne sait qui lui succédera.

Islam Karimov, président de l'Ouzbékistan, est décédé, selon trois sources diplomatiques citées par Reuters. Le président de l'Ouzbékistan a été hospitalisé au début de cette semaine, et les informations sur son état réel sont conflictuelles, dans ce pays dirigé de manière autocratique et post-soviétique. Le gouvernement avait précédemment déclaré qu'il était en situation critique. "Oui, il est mort", a simplement déclaré une des sources de Reuters. Âgé de 78 ans, il serait décédé des suites d'une attaque cérébrale.

L'Ouzbékistan est une ancienne république soviétique d'Asie centrale, à la population presqu'exclusivement musulmane. Avec 31 millions d'habitants, c'est le pays le plus peuplé de la région. Secrétaire général du Parti communiste d'Ouzbékistan à la fin de la Guerre froide, Karimov s'empare du pouvoir, le garde et l'exerce de manière purement autocratique jusqu'à aujourd'hui. Les atrocités du régime sont nombreuses, et alors que le pays dispose de ressources naturelles importantes, son peuple vit dans la pauvreté. 

Étant donné la nature quasi-totalitaire du régime, personne ne sait ce qu'il adviendra de la succession d'Islam Karimov, dans ce pays à la position stratégique entre la région Afghanistan-Pakistan et la Russie. Selon la Constitution, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim de la présidence jusqu'à une élection ; il s'agit de Nigmatilla Yuldashev, ancien ministre de la Justice, loyaliste du régime et choisi par Karimov pour le poste en janvier 2015. Mais comme le signale Deirdre Tynan, chef de projet Asie centrale d'International Crisis Group, "il y a peu de précédent en Ouzbékistan à une adhésion à la Constitution, qui a été modifiée sans arrêt pour consolider la position de Karimov."

Le plus probable est que le pouvoir exécutif soit exercé par les dirigeants les plus proches de Karimov, soit Shavkat Mirziyoyev (premier ministre), Rustam Azimov (vice premier ministre et ministre des finances) et Rustam Inoyatov (chef des services de sécurité). "Tous ces acteurs voudront une transition sans heurs, et sans laver de linge sale en public. S'ils arrivent à éviter de se battre, on peut s'attendre à ce qu'ils gèrent les parties-prenantes du régime et de son système opaque de gouvernance et d'échange de bons procédés. Il est probable qu'il y ait un script en place depuis un certain temps et que chaque membre du cercle restreint connaisse son rôle", explique Deirdre Tynan. Un autre successeur potentiel serait Lola, la fille de Karimov, actuellement ambassadeur du pays auprès de l'Unesco, mais celle-ci a toujours nié vouloir le pouvoir. "Bien qu'il ne s'agisse pas d'un processus démocratique, cela pourrait minimiser l'instabilité immédiate." 

Le pays est dans une position stratégique, sur le chemin de nombreux pipelines et routes commerciales, et fait partie des pays touchés par des menaces transnationales comme le djihadisme, l'État islamique s'étant récemment développé en Asie centrale. L'Ouzbékistan a hébergé des bases militaires américaines pendant la Guerre d'Afghanistan jusqu'à ce que les américains ne soient renvoyés après des critiques envers les atrocités du régime. Selon des sources diplomatiques, Karimov n'est pas non plus en odeur de sainteté à Moscou, même si la Russie a une vraie influence sur le pays. Même si une transition à un autre autocrate ne permettrait sans doute pas de réformer le régime vers une meilleure gouvernance, aucun des acteurs de la région ne veut d'instabilité à cet endroit et en ce moment.

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Via @Conflicts

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