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Mais pourquoi les sportifs 
sont-ils aussi superstitieux ?
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Vendredi 13

Mais pourquoi les sportifs sont-ils aussi superstitieux ?

Une étude australienne dévoile les mécanismes psychologiques qui sous-tendent nos étranges manies.

Le joueur de baseball Turk Wendell ne joue jamais sans son collier de dents arrachées à des animaux qu’il a lui-même chassés et tués. Tiger Woods est très attaché à son fidèle t-shirt rouge, qu’il quitte rarement, car sa mère lui aurait confié que son signe astrologique, le capricorne, démultiplie son pouvoir en portant cette couleur.

Le footballeur français Laurent Blanc a marqué les esprits durant la coupe du monde de 1998, en déposant un baiser sur la boule à zéro de Fabien Barthez avant chaque match. Bleacher Report a établi la liste des 50 manies les plus folles. Le grand vainqueur :  le champion de Jiu-jitsu Lyoto Machida, qui boit sa propre urine. D’où viennent ces étranges habitudes?

Le célèbre psychologue Burrhus Frederic Skinner avait déjà montré que la superstition touche même les animaux, dans sa fameuse étude "La superstition chez le pigeon". Ses expériences ont démontré que les pigeons ont tendance à répéter les comportements qu’ils ont manifestés aléatoirement juste avant un évènement positif.

Seul dans sa cage, avant d’avoir obtenu de la nourriture, un pigeon tourne sur lui-même, un autre se frotte la tête. Une fois nourri, chaque animal va répéter le mouvement particulier qui a précédé son repas : un comportement qui lui est propre et qui diffère chez chaque individu. Comme les pigeons, nous répétons ces comportements car ils sont associés à des évènements heureux, et nous doutons de ce qui peut arriver si nous ne les effectuons pas. Tiger Woods portait sans doute un t-shirt rouge le jour de sa première victoire.

Le psychologue Tony Dickinson de l’Université de Cambridge est allé plus loin : son équipe a entrainé des rats à effectuer différents mouvements pour obtenir différentes récompenses. Dans une première phrase, les rats comprennent l’intérêt des mouvements : ils pressent un levier pour obtenir de la nourriture, et tirent une chaine pour avoir de l’eau.

Mais, étrangement, les animaux deviennent ensuite irrationnels : ils semblent oublier les fonctions de chaque action, et continuent à pressé le levier alors qu’ils n’ont plus faim. Les rats ont développé une habitude : quelque chose qu’ils font juste parce que l’opportunité se présente, sans réfléchir aux conséquences.Tous comme ces animaux, nos superstitions découleraient des comportements bloqués dans notre répertoire d’actions, explique le site de la BBC.

Mais ces petites manies deviennent encore plus envahissantes lorsque les enjeux sont élevés, comme dans le sport. Selon le docteur Richard Lustberg, responsable du site Psychology of Sports, "les superstitions sont un mécanisme d'adaptation pour faire face à la pression",  "les athlètes veulent croire que leur habitude améliore leurs performances. En réalité, seules la pratique et la confiance les rendent plus performants." Mais ces manies peuvent avoir des effets positifs, en créant un cycle vertueux de réussite : "en effectuant un certain acte, la confiance du joueur augmente, et cette confiance permet de mieux jouer. "

Mais le phénomène ne touche pas seulement les sportifs. En ces temps de crise, les marchés financiers sont pointés du doigt pour leur irrationalité. Ainsi, le site Trader Forex a publié une analyse de Saxo Banque, sur l’influence du zodiac et du calendrier sur le comportement des traders. L’article affirme que "face à la complexité des marchés, à la difficulté d'interpréter correctement les informations, les tendances et les risques, certains traders se tournent vers l'astrologie, la numérologie ou toute autre tentative divinatoire inventée par l'homme face à un avenir incertain."


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