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Pourquoi le retour de l’inflation va peser sur l’élection présidentielle
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Edito

Pourquoi le retour de l’inflation va peser sur l’élection présidentielle

Ce n’est encore qu’un murmure, mais qui pourrait s’amplifier rapidement. En décembre, les prix ont augmenté de 0,3% après deux mois de stabilité.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Ce n’est encore qu’un murmure, mais qui pourrait s’amplifier rapidement. En décembre, les prix ont augmenté de 0,3% après deux mois de stabilité. Mais c’est surtout en Allemagne que le mouvementparait bien engagé avec un glissement des étiquettes de 1,7% sur un an, proche de ces deux pour cent que la banque centrale européenne avait fixé comme objectif pour éviter une dépression de l’économiequi représentait un danger majeur pour tous ceux qui ne voyaient pas repartir une véritable croissance en Europe.
Aujourd’hui, un changement radical parait s’opérer, qui pourrait mettre fin à une longue période où sous l’effet de la mondialisation et du développement de la concurrence internationale, la planète paraissait engagée dans une course interminable à la baisse des prix, des coûts et des taux d’intérêt. On amême vu ces derniers devenir négatifs, un non sens dans un système classique qui commençait à instaurer des distorsions préjudiciables au bon fonctionnement des mécanismes de base . Un retour à la raison est peut-être en marche, mais on est allé si loin dans les excès qu’il ne se fera pas sans conséquences douloureuses.
Les premiers signes d’un retournement se multiplient, avec un rebond spectaculaire concernant le pétrole. Le baril qui était tombé autour de trente dollars est remonté en quelques semaines entre 55 et 60 dollars, un niveau auquel il parait être bien accroché depuis un accord entre les pays de l’Opep et la Russie, même si la perspective d’une reprise de la production de gaz de schiste aux Etats-Unis devrait conduire à une certaine stabilisation. Dans la foulée de l’or noir, les prix des matières premières explosent, tandis que l’on assiste partout à des hausses de salaires dont on avait perdu l’habitude en particulier en Allemagne et aux Etats-Unis, qui connaissent déjà le plein emploi favorable à l’amélioration des rémunérations. Conséquence immédiate : les taux d’intérêts sont redevenus positifs. La banque fédérale américaine envisage même de les réhausser à trois reprises cette année en fonction de l’évolution du coût de la vie.
Pour l’instant, le changement n’en est qu’à ses débuts, mais il pourrait commencer à produire des effets négatifs au moment de l’élection présidentielle. Car la hausse du coût de la vie va peser sur le pouvoir d’achat qui s’était amélioré pendant la période de baisse des prix du pétrole et des taux d’intérêt. C’est dire que la reprise de la croissance déjà trop molle va se trouver freinée, au détriment de l’emploi qui avait commencé à s’améliorer. La stagnation risque d’être plus que jamais à l’ordre du jour. Autre conséquence inquiétante : le renchérissement du loyer de l’argent va rendre le financement de la dette de plus en plus coûteux. Or, la France se trouve déjà dans une situation inquiétante que François Fillion avait qualifiée il y a plusieurs années déjà comme proche de la faillite. Elle devra émettre cette année pour deux cent milliards d’euros d’emprunts, dépassée seulement en Europe par l’Italie dans ce domaine. Une course de vitesse s’est engagée sur ce dossier, la Banque de France lançant une série d’émission s en ce début d’année pour obtenir des taus de crédits encore corrects. Une première émission de dix milliards s’est bien passée cette semaine, mais l’écart entre les conditions accordées à l’ Allemagne commence déjà à se creuser, d’autant que la dette est financée en majorité par des investisseurs étrangers qui pourraient se montrer de plus en plus circonspects vis-à-vis de notre pays. La situation de notre endettement est donc cruciale, mais en dehors de François Fillion qui prévoit dans son programme un désendettement prioritaire, la question ne préoccupe pas la quasi totalité des candidats à l’élection présidentielle, qui continuent d’élaborer des projets à l’ancienne, basés sur l’augmentation des dépenses publiques sans discernements, en promettant de recourir à une progressivité de l’impôt qui a déjà atteint des niveaux confiscatoires, les prélèvements atteignant jusqu’à 75% des revenus. Ce qui impliquera tôt ou tard des réveils douloureux….

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