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En quête d'immortalité ?

Le scientifique qui s'est injecté une bactérie préhistorique pour obtenir la jeunesse éternelle

Anatoli Brouchkov assure ne plus être malade depuis qu'il s'est inoculé une bactérie vieille de 3,5 millions d'années, découverte dans la glace sibérienne.

Et si le secret de l'immortalité tenait en quelques micromètres ? C'est le pari d'un chercheur russe, qui n'a pas hésité à s'injecter dans le sang une bactérie vieille de 3,5 millions d'années, qu'il a lui-même dénicheé dans les sols gelés de la Sibérie. Il s'appelle Anatoli Brouchkov et est moins fou qu'il n'y parait. Ce chercheur en géo-cryologie est un spécialiste du pergélisol, ces terres dont la température est toujours inférieure à zéro degrés. Appelé aussi permafrost, ce sol (qui représente 20% de la surface terrestre), est une source d'information extraordinaire pour les chercheurs du monde entier puisqu'il contient des molécules piégées depuis des millions d'années. C'est d'ailleurs pour cela que le réchauffement climatique est si inquiétant : 1 700 milliards de tonnes de carbone végétal s'y sont accumulées depuis la dernière glaciation et ne demandent qu'à être libérés.

Plus étonnamment, le pergélisol a aussi piégé des bactéries. En 2007, des scientifiques américains ont ainsi mis la main sur des colonies de bactéries gelées depuis 500 000 ans. Mieux, ils ont réussi à en faire revenir quelques-unes à la vie ! Un exploit incroyable que n'importe quel autre animal ne pourrait reproduire. Car s'il est simple de cryogéniser un homme, il est techniquement impossible de le ramener à la vie. Mais ces bactéries peuvent le faire. En 2012, la biologiste russe Nadejda Mironova affirmait ainsi à l'AFP que ces micro-organismes "ont probablement des mécanismes permettant de conserver la viabilité."


Le chercheur, interrogé par Vice

En 2009, Anatoli Brouchkov parvient donc à remonter des sols sibériens une nouvelle bactérie, dénommée Bacillus F et perçoit rapidement ses capacités à se maintenir en vie. Des tests sont effectués en laboratoire : injectée chez des souris ou dans la nourriture de mouches, la bactérie allonge significativement la durée de vie des cobayes. Anatoli Brouchkov en est alors persuadé : si cela fonctionne chez les souris, cela devrait fonctionner chez les hommes. Il décide ainsi de se l'injecter à lui-même, "par curiosité" raconte-t-il, en souriant, à Vice. Selon lui, les premiers résultats sont probants, même s'il ne l'a pas fait "dans une démarche professionnelle" et donc que ces constations n'étaient pas scientifiques. Interrogé par le Siberian Times, il explique, par exemple, "ne plus être tombé malade depuis deux ans" et serait capable "de travailler plus longtemps."

Le scientifique a-t-il pris un risque ? Selon lui, les bactéries Bacillus F peuvent être trouvées dans l'eau consommée par la population locale de ce coin désert de la Sibérie, les  Yakut. "Il semble que ce peuple vit plus longtemps que les autres, donc il n'y avait pas de danger pour moi" assure-t-il.


Les fameuses bactéries en question

Quand bien même les bactéries apporteraient une aide dans la prévention du vieillissement cellulaire (ce qu'il faudrait vérifier lors d'études cliniques), leur capacité à survivre est le premier mystère à soulever. "Je pense que c'est dans ce sens que l'on doit continuer de chercher" affirme le scientifique au Telegraph. "Qu'est-ce qui maintient ce mécanisme vivant? Et comment pouvons-nous l'utiliser à nos avantages ? "Pour le moment, Anatoli Brouchkov ne regrette pas son geste. Il pourrait même apporter une véritable avancée dans la lutte contre le vieillissement et pour une forme de jeunesse éternelle. 

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