Formidable. L’ensemble du gouvernement a depuis 24 heures le talent de nous présenter un projet de loi de Finances qui a toutes les qualités et qui répond à toutes les contraintes. Pour ne pas déplaire à Bruxelles, c’est donc un budget qui inscrit des « réductions de dépenses sans précédent » pour tenir le déficit sous les 3% en 2015. Pour ne pas déplaire aux contribuables, Pierre Moscovici insiste donc sur l’effort d’économies réalisées par l’État afin de ménager l’imposition des particuliers et des entreprises. Comprenne qui pourra après la cacophonie sur la pause fiscale nécessaire puis décalée. Bref, pour le gouvernement, « nous préférons faire des économies plutôt que d’augmenter les impôts ». Bien. Formidable aussi, la mécanique macroéconomique sous-jacente au budget. Tout est fait avec le pari de retrouver de la croissance et de ne pas la casser. Bercy se fonde sur les prévisions mondiales qui annoncent un renforcement de la reprise dans le monde entier, y compris en Europe. La France finira bien par en bénéficier. D’où la prévision de croissance supérieure à 1%. Personne ne vient dire dans cette mécanique, que la croissance n’existe que si on la fabrique. Or, rien n’est prévu dans ce budget pour que les agents économiques aient envie de créer de la valeur. Formidable, pour les contribuables. Ce qui est incroyable, c’est que ce budget qui veut désormais faire du bien à tout le monde, finira par n’en faire à personne.