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Les hommes qui font la guerre aux femmes
Les hommes qui font la guerre aux femmes
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Revue de presse des hebdos

LR : Annie Genevard pourrait viser plus que la présidence par intérim; Le RN se notabilise à un train d’enfer; Alexis Corbière ne se voit pas d’extrême-gauche; Elon Musk, entre génie et gourou

Mais aussi : Afghanistan, guerre aux femmes

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Les hommes qui font la guerre aux femmes à la Une du Point. « Etre une fille sous les talibans » A la Une de l’Obs. L’Express évoque « les projets dingues d’Elon Musk » qui vise un voyage humain vers la planète Mars. Marianne s’intéresse à la communication avec… les extraterrestres, et aux risques d’embrasement mondial à cause de la guerre en Ukraine.

Cette gauche qui tient tête aux Insoumis

Selon Le Point « Il reste des cadres socialistes qui s’opposent à la « mélenchonisation » de leur camp. Stéphane Le Foll, Carole Delga, Michaël Delafosse, Bernard Cazeneuve, Jean-Christophe Cambadélis, pour ne citer qu’eux, font partie de ceux qui refusent l’alignement du PS sur la Nupes de LFI. Pour ces socialistes-là, la Nupes est le baiser de la mort. »

 « Le Parti socialiste qui est à l’Assemblée nationale se dit “social-démocrate”, mais la social-démocratie, c’est la réforme, pas le chahut », tacle Julien Dray, qui a fondé son mouvement, Réinventez !, en réaction à cette alliance qu’il dénonce. Pour l’ancien député PS de l’Essonne, la Nupes n’est pas une union de la gauche, « mais un ralliement des Verts et des socialistes à La France insoumise. Ils peuvent tous raconter ce qu’ils veulent, à la fin, c’est La France insoumise qui mène la danse. Les autres se laissent entraîner sur la pente d’une radicalité chaotique et nihiliste », martèle-t-il. 

« Les socialistes ont dû abjurer trente années de vie politique pour sauver trente députés, c’est tout de même une drôle de conception de l’union », renchérit Guillaume Lacroix, le président du PRG (Parti radical de gauche), qui dénonce l’initiative d’un camp qui ne sait plus ce qu’il pense : « Comment un communiste qui a fait campagne sur le nucléaire et les valeurs républicaines peut-il accepter de siéger aux côtés de députés qui, pour certains, sont notoirement antinucléaires et entretiennent un rapport pour le moins ambigu avec la République ? »

Quel avenir pour Annie Genevard patronne des Républicains ?

Le Point souligne qu’Annie Genevard « n’est que la deuxième femme à diriger cette famille politique, aux réflexes toujours très testostéronés, après Michèle Alliot-Marie. Laquelle, rappelons-le, s’était imposée à Jacques Chirac en 1999, en battant à la tête du RPR son poulain, Jean-Paul Delevoye. La députée du Doubs, 65 ans, la mieux réélue de son camp, avec 72 % des voix, ne compte pas être une présidente fantoche qui chauffe le fauteuil en attendant l’élection en décembre d’un nouveau « pape ». Elle entend tenir toute sa place. » 

« Et si elle faisait plus qu’un interlude ? Elle n’exclut rien. On ne s’appesantira pas sur les sarcasmes d’un autre temps entendus à l’évocation de cette hypothèse au sein d’un parti qui conserve un culte du chef à l’ancienne – Valérie Pécresse en sait quelque chose. « Si on se retrouve avec Mamie Nova aux commandes du parti, on peut commencer la production de pots de confitures et lancer notre petite entreprise ! » ose un sénateur, mufle. « On n’en est quand même pas aux soins palliatifs », se permet un cadre LR. On s’arrêtera là. » 

Présidence de LR : Aurélien Pradié ?

Dans l’Express, on lira un portrait d’Aurélien Pradié : « L'élu du Lot de 36 ans n'a pas le profil du meilleur camarade. Pas le genre à taper dans le dos de ses collègues. "Quand il n'aime pas quelqu'un, il ne fait pas l'effort", sourit la députée de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller. »

« Sauf surprise, le numéro 3 de LR sera candidat à la présidence du parti lors du congrès des 4 et 11 décembre. Il y affronterait alors Eric Ciotti, favori du scrutin. A droite, on attend le jeune loup de pied ferme. "Il a une cible dans le dos. Tout le monde veut se le manger", anticipe une dirigeante LR, résumant un sentiment assez partagé. Ainsi va la carrière du député du Lot. Son ascension météorique a pour corollaire un dense réseau d'ennemis. "Détestable", "individualiste", "brutal", "arrogant", "violent"... A droite, il suffit de se baisser pour trouver des contempteurs d'Aurélien Pradié. »

La notabilisation du Rassemblement National

L’Obs constate : « Après cinq semaines de travaux parlementaires, le Rassemblement national et ses 89 députés se sont fondus dans le décor de l’Assemblée. Jusqu’où ira cette quête de respectabilité ? »

« A l’Assemblée nationale, la notabilisation du RN va bon train. Un train d’enfer même, et tout semble se dérouler selon le plan établi. Grâce, notamment, aux voix de la majorité, le RN et ses 89 députés − plus que La France insoumise (LFI) ou Les Républicains (LR) − a obtenu deux vice-présidences de l’Assemblée − alors que Marine Le Pen n’en espérait qu’une. Désormais, on donne au transfuge de l’UMP Sébastien Chenu, hier conspué par ses pairs, du « Monsieur le président » lors-qu’il supervise les débats. Et il s’en est fallu de peu que le RN ne décroche aussi le trophée de la commission des Finances. Cerise sur le gâteau, le 26 juillet, deux députés de ce parti ont également été élus − une première − pour siéger à la Cour de Justice de la République (CJR), chargée de juger les ministres : le très proche de Marine Le Pen Bruno Bilde, comme juge titulaire, et Anaïs Sabatini, comme suppléante. De nouvelles conquêtes, spectaculaires, sur le terrain de la respectabilité. Elles sont à la hauteur du score frontiste du 19 juin, mais ont aussi été remportées au nom d’une « tradition républicaine » bien française. Ainsi, en Allemagne, le parti d’extrême droite AfD n’a jamais réussi à obtenir une vice-présidence du Bundestag, alors que le règlement prévoit cette possibilité pour chaque groupe… « Oui, mais qu’aurait-on dit si la classe politique avait nié les scores historiques du RN en l’ostracisant à l’Assemblée ? » interroge-t-on au sein de la majorité. Certains élus s’inquiètent cependant déjà des effets de cette institutionnalisation spectaculaire : « On a un vrai problème devant nous. Si demain il y a une dissolution, le RN l’emporte. »

Paris Match s’intéresse au duel entre Jordan Bardella et Louis Aliot, tous deux candidats pour prendre la présidence du parti, à la place de Marine Le Pen. L’hebdo précise que « les 30 000 adhérents à jour de cotisation qui voteront du 30 septembre au 3 novembre, désigneront aussi les membres du conseil national. »

Mais Marine Le Pen « reste notre leader naturel et la présidente du groupe à l’Assemblée, là où tout va se jouer » rappelle le député de Moselle, Alexandre Loubet. » cité par Paris Match.

Alexis Corbière, le modeste

L’Express demande à Alexis Corbière (député La France Insoumise) pourquoi il fait ce métier. Réponse : « La politique n'est pas un métier. J'ai aujourd'hui 54 ans, je milite depuis plus de trente ans et je détiens un mandat qui me mobilise à plein temps depuis seulement un peu plus de cinq ans. Ma profession est d'enseigner l'histoire. J'ai enseigné avant d'être élu et j'ai continué de la faire lorsque j'ai eu mes premiers mandats locaux à Paris. Je retournerai sans aucune difficulté devant mes élèves quand les électeurs auront décidé qu'un autre que moi saura mieux les représenter. »

Il ne serait plus d’extrême gauche mais reconnaît qu’il en reste proche : « Ce ne serait pas rigoureux que je me dise d'extrême gauche : je crois que les élections et les institutions sont nécessaires. Je suis méfiant contre toute forme d'avant-gardisme, c'est-à-dire d'aventure politique caricaturale incomprise par le plus grand nombre. En revanche, sur le fond, l'idéal d'un militant dit d'extrême gauche - je parle des grandes organisations comme le Parti ouvrier indépendant (POI), qui d'ailleurs est une composante de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), Lutte ouvrière, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) ou Révolution permanente - est proche du mien : l'égalité poussée jusqu'au bout et un partage des richesses. »

Les inédits de Céline

Le Point consacre un dossier de douze pages à Céline : « En attendant Londres, en octobre, Guerre, paru en mai, caracole en tête des ventes. Ces deux inédits bouleversent ce que l’on savait de la vie de l’écrivain et de la période décisive, 1932-1936. »

International

Afghanistan : guerre aux femmes

Reportage sur les femmes afghanes dans l’Obs et dans  Le Point qui écrit : « Un an à peine après leur arrivée au pouvoir, les talibans ont déjà effacé les Afghanes de l’espace public. À Kaboul, les affiches à l’effigie de femmes ont été badigeonnées de noir. Dans les vitrines, le visage des mannequins féminins a été recouvert d’un épais voile. Ancienne officier antiterroriste au ministère de l’Intérieur, Mursal Heidari se retrouve cloîtrée dans une petite pièce au sous-sol d’une bâtisse où elle a trouvé refuge avec son mari et ses trois enfants. « Je n’arrive plus à trouver le sommeil, et je passe mon temps à attendre le jour suivant », se désespère la mère de famille, accroupie sur un coussin rouge au côté de sa fille. Pour tuer l’ennui, elle a passé sa journée à tatouer ses pieds au henné. Son foulard ample laisse dépasser quelques mèches brunes rebelles. Diplômée de sciences politiques, cette femme âgée de 30 ans était chargée de la lutte contre les combattants islamistes. « C’était une période de grande exaltation, raconte-t-elle au sujet de l’ancien régime républicain, qui autorisait les Afghanes à travailler malgré des traditions tribales toujours tenaces. Nous étions en train de construire un nouveau pays, et, en tant que femme, j’étais fière de le défendre. » 

On espère que les femmes qui ont témoigné dans ce reportage du Point, (et posé pour des photos à visage découvert, avec mention de leur vrai nom semble-t-il) ne subirons pas des mesures de rétorsion.

Dans une école clandestine pour filles, L’Obs explique de « la plupart des élèves veulent devenir médecins pour aider les femmes afghanes, et aussi par pragmatisme : c’est désormais le seul métier féminin que tolèrent les talibans avec celui d’infirmière et de sage-femme. »

Un article de l’Obs est consacré  au « mariage » des petites filles à partir de l’âge d’un an (10 000 afghanis soit 108 euros selon un cas cité par l’hebdo), vendues par leurs familles ruinées par la guerre et menacées par la famine.

« Des chercheurs de la Brown University ont calculé que l’engagement en Afghanistan avait coûté jusqu’à 300 millions de dollars par jour pendant vingt ans à Washington. La somme est faramineuse. Malgré la débauche de moyens, l’Amérique s’y est cassé les dents comme, avant elle, la Grande-Bretagne au XIXe siècle et l’Union soviétique au XX siècle. L’Afghanistan fut un enjeu de rivalités coloniales, puis de la guerre froide, puis de la « guerre contre le terrorisme ». Deviendra-t-il bientôt un terrain où s’exercera la compétition entre Pékin et Washington ? » demande Le Point.

Où va l’Ukraine ? s’interroge Marianne

Pour Marianne dans la guerre en Ukraine, il reste « deux hypothèses, et seulement deux : cette guerre ne peut se terminer, dans le meilleur des cas pour l’Ukraine, que par une situation à la coréenne : c’est-à-dire une ligne de cessez-le-feu et de démarcation qui consacrera la mainmise de la Russie sur l’est et le sud de l’Ukraine, le reste du pays, amputé et neutralisé de force, restant à la charge du contribuable européen, puisque par facilité, là encore, l’UE vient d’ouvrir ses portes à l’adhésion de Kiev ; seconde hypothèse, la pire comme en 1914, un conflit territorial local, la passion nationaliste, le jeu des alliances et l’égarement de dirigeants somnambules peuvent conduire à un nouveau suicide collectif – encore un ! – mais qui sera, cette fois, possiblement nucléaire... Peut-on encore espérer que nos dirigeants se réveillent enfin et décident de se mettre autour d’une table pour stopper cette dérive funeste ? »

La saga spatiale d’Elon Musk

L’Express, dans un long reportage, raconte qu’Elon Musk a son cap Canaveral à lui, près de la frontière du Texas avec le Mexique : « La Starbase, le site de construction et de lancement du Starship, la plus grosse fusée jamais construite au monde. Une "fucking big rocket" ("putain de grosse fusée"), comme le milliardaire aime l'appeler. Un engin monstrueux, haut de 120 mètres, capable de transporter 100 tonnes de matériel, et qui va renvoyer toutes les autres fusées existantes à l'âge de pierre de l'industrie spatiale. Le projet est à la hauteur de la mégalomanie de Musk. Avec le Starship, il ambitionne d'emmener les humains sur Mars, pour les sauver d'un déclin inéluctable sur une Terre rongée par la pollution et menacée par une troisième guerre mondiale. A Boca Chica, Musk, l'homme d'affaires redoutable et visionnaire, s'est métamorphosé en gourou New Age. »

Les vrais fondateurs de McDonald’s

L’Express nous pose une colle : « Quel est le lien entre Martin Eberhard, les frères Winklevoss ou Lizzy Maggie Philips ? A première vue, pas grand-chose. Leur seul point commun : l'Histoire les a un peu, voire totalement, oubliés. Le premier est le vrai fondateur de Tesla, les seconds ont imaginé Facebook et la troisième a inventé un jeu mondialement connu, le Monopoly » L'Express vous fait découvrir ceux qui ont révolutionné l'économie mais se sont fait voler ou déposséder de leurs entreprises, en commençant par l’aventure des restaurants McDonald’s.

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