Elisabeth Borne ne se sent plus de gauche; Philippe de Villiers a appris à parler français au collège; Emmanuel Macron l’homme qui se veut entrepreneur de la politique [c’est dans l’Express] Poutine, celui qui ne regrette jamais rien [cité dans le Point] | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Media
Unes hebdos
©
Le PointL'ObsL'ExpressChallengesValeursMarianne

Revue de presse des hebdos

Elisabeth Borne ne se sent plus de gauche; Philippe de Villiers a appris à parler français au collège; Emmanuel Macron l’homme qui se veut entrepreneur de la politique [c’est dans l’Express] Poutine, celui qui ne regrette jamais rien [cité dans le Point]

Mais aussi : Une revue estampillée Zemmour dans les kiosques ?

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

Voir la bio »

« Elisabeth Borne, l’inconnue de Matignon » à la Une de l’Obs « Retraites, ce qu’ils ne disent pas » à la Une de Marianne qui propose ses solutions pour résoudre le problème. « Poutine, le forcené » à la Une du Point. « Macron dans le piège des retraites » à la Une de l’Express. « Villiers dit tout » à la Une de Valeurs. « Les plus belles PME de France » à la Une de Challenges.

Macron et l’âge de la retraite

Aux yeux de Marianne « Emmanuel Macron s’accroche à sa promesse de campagne : porter l’âge de départ à la retraite à 65 ans. L’exécutif présente comme une évidence incontestable la nécessité d’une réforme en considération du déséquilibre des comptes et de la démographie des actifs. Mais, à y regarder de plus près, rien ne semble si indiscutable tant le débat paraît d’emblée escamoté et les principaux éléments dissimulés ».

Marianne propose des solutions. D’abord produire plus, c’est-à-dire augmenter la productivité, sans pour autant travailler jusqu’à 64 ou 65 ans. Ensuite augmenter vraiment les fonctionnaires, au lieu de leur verser des primes qui contribuent faiblement aux retraites complémentaires. Marianne propose aussi de payer équitablement les femmes car à diplôme et ancienneté égaux, les femmes perçoivent  un salaire annuel net moyen de 26% inférieur à celui des hommes. Donc réduire l’écart gonflerait de 26% les cotisations des femmes actives. Il faudrait aussi selon l’hebdo, aider l’emploi des séniors via des quotas planchers d’embauche dans les entreprises.

Marianne propose aussi que l’on cesse de promouvoir le statut de microentrepreneur car dans le régime classique, un smicard à temps complet cotise, lui,  2 900 euros par an pour sa retraite, soit deux fois et demi plus qu’un microentrepreneur.

L’Express revient, lui aussi, sur la future réforme des retraites en regardant dans le rétroviseur : « Du haut de mon incompétence, et Dieu sait comme elle est grande dans ce domaine, votre truc va foirer. Mais c'est votre affaire." Le 26 décembre 2005, Jacques Chirac laisse à Dominique de Villepin la responsabilité de porter le contrat première embauche (CPE), une mesure destinée à lutter contre le chômage des jeunes qui terminera en eau de boudin. Emmanuel Macron ne sera pas Jacques Chirac : la réforme des retraites, c'est la sienne. »

L’Express ajoute « La fragilité politique s'impose à Emmanuel Macron. Il conçoit la réforme comme un acte d'autorité, notamment par rapport à son camp, qu'il a averti lors du dîner du 28 septembre : il veut rester le patron "jusqu'à la dernière minute". Il connaît trop "la comédie humaine", il voit que la bataille de la succession est déjà lancée. »

La boucle  de Macron, Borne et Darmanin

Selon Le Point « Emmanuel Macron, Élisabeth Borne et Gérald Darmanin disposent désormais d’une boucle spécifique sur la messagerie Telegram pour communiquer à trois sur les sujets touchant à la sécurité, à l’ordre public et aux affaires policières. La Première ministre s’était irritée, en juillet, de voir le ministre de l’Intérieur annoncer dans la presse que son texte sur l’immigration serait examiné au Parlement dès la rentrée de septembre. Elle l’a forcé, depuis, à y renoncer. »

Une revue estampillée Zemmour dans les kiosques ? 

Selon l’Express « Autour du polémiste d’extrême droite, on n’en finit plus de chercher des moyens d’exister dans le débat, faute d’élus. (…) Marion Maréchal et son équipe planchent depuis l’été sur un projet de revue trimestrielle financée par le parti Reconquête! – lequel recevra environ 1,5 million d’euros par an de subventions publiques grâce à ses résultats du printemps. Le premier numéro pourrait sortir dès le premier trimestre 2023. » 

Le PS veut revenir à Paris

D’après Le Point « Après avoir quitté Solférino en 2018 pour Ivry-sur-Seine, puis envisagé de revenir à Paris en 2020, le Parti socialiste devrait réellement rapatrier son siège dans la capitale dès l’an prochain. L’équipe dirigeante s’est rendu compte qu’une implantation en banlieue, peu accessible, était une « fausse bonne idée », confie un proche d’Olivier Faure. »

Retour sur la campagne d’Eric Zemmour

L’Express publie des extraits de "La BéréZina", le livre qui décortique la campagne présidentielle de Zemmour : « Le personnage de Sarah Knafo fait beaucoup parler parmi les soutiens d'Éric Zemmour, à tel point que certains mécontents désignent la jeune énarque comme la cause centrale des dysfonctionnements. "Le problème de cette campagne se résume à une seule personne, c'est elle", assène un ancien frontiste. Dans les rangs, on pointe du doigt son omniprésence, sa mainmise sur l'organisation, et sur le candidat. "C'est pour ça que Paul-Marie Coûteaux est parti, assure un cadre. Il en avait marre de n'avoir aucun accès direct à Éric Zemmour. Quoi qu'il fasse, elle était toujours là."

Elisabeth Borne contre les 35 heures

Dans l’Obs Elisabeth Borne  déclare « J’étais là quand on a fait les 35 heures, mais je n’occupais pas le même bureau. » Aujourd’hui, elle se dit persuadée que la réduction du temps de travail était « une erreur » : « Je ne suis pas du tout d’accord avec le partage du travail, c’est un raisonnement faux. » Par ailleurs, elle ne serait plus de gauche bien qu’elle en vienne : « » Elle-même ne s’en réclame plus et se dit très en phase avec l’ADN du président. « J’ai beaucoup évolué politiquement, confie-telle à “l’Obs”. Je viens de la gauche, mais je crois profondément au dépassement porté par Emmanuel Macron. »

 « De fait, la Première ministre a fait l’essentiel de sa carrière de haute fonctionnaire auprès de leaders de gauche : Lionel Jospin, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Quand elle s’installe à Matignon pour la première fois, en 1997, elle est au service de Jospin. Quelques années plus tôt, déjà, la polytechnicienne avait travaillé pour lui au ministère de l’Education nationale. Olivier Schrameck, le directeur de cabinet du Premier ministre socialiste, se souvient d’une conseillère qui marquait une « nette inclination à gauche ».

L’Obs raconte aussi la jeunesse de la Première ministre, avec son accord, évoquant, dans son enfance, le suicide de son père jamais vraiment revenu des camps de concentration. 

L’hebdo mentionne la cigarette électronique qui ne la quitte pas, sans oublier les Carambar et les fraises Tagada qui sont sur son bureau. Elle mangerait peu, elle ne ferait que picorer et encore « quand elle a le temps » comme le dit une des ses amies.

 Le Point propose aussi un portrait d’Elisabeth Borne :  "À la tête d’un gouvernement et d’une majorité peuplés de crocodiles qui lorgnent sa place ou jouent leurs propres cartes en vue de 2027 – l’un n’excluant pas l’autre ! –, il a fallu poser quelques actes pour s’affirmer. Face à un François Bayrou qui critiquait presque ouvertement une erreur de casting, ou en donnant à voir sa différence d’approche avec Bruno Le Maire concernant la taxe sur les superprofits. (…) Sur les retraites, après plus de deux semaines d’atermoiements, c’est la voie de la concertation, la sienne, qui a remporté l’arbitrage. « Malgré son sens de la loyauté et de l’abnégation, Élisabeth dit ce qu’elle pense et défend son point de vue », fait observer l’ex-ministre Florence Parly. Mais jamais publiquement. »"

On lira une anecdote : « Juste avant la passation de pouvoirs, la deuxième femme nommée à Matignon après Édith Cresson s’aperçoit que ses collants sont filés. Elle fonce aussitôt en racheter une paire au Monoprix du coin, se dérobant à la surveillance de ses officiers de sécurité, laissant ses conseillers interdits. « Je ne vais quand même pas avoir un collant filé le jour de la passation avec Castex ! » Elle éclate de rire. « C’est peut-être la dernière fois que je peux acheter des collants tranquille toute seule ! ».

Le roman de Philippe de Villiers

Valeurs a interrogé Philippe de Viliers à l’occasion de la publication de son nouveau roman historique.  L’auteur explique qu’il a truffé son livre d’expressions de patois : « Il m’a constitué. J’ai parlé patois jusqu’à l’âge de 13 ans. Ce fut ma langue maternelle. » De Villiers dit aussi qu’il a du redoubler sa sixième parce qu’il ne parlait pas assez bien le français.

De Villiers raconte l’histoire d’un maire interrogé par Napoléon de passage en Vendée, en 1808, qui lui demande de quel côté il était dans la guerre de 1793 entre les bleus et les blancs. Le maire répond « J’étais neutre ». Napoléon le traitre de « jean-foutre ». Un nom qui lui restera pendant la vie d’errance que le maire va désormais mener après cette rencontre.

L’écrivain ne parle pas seulement de son livre, il parle de politique et d’immigration dénonçant « l’engagement d’Emmanuel Macron de repeupler nos campagnes. Zemmour l’a dit, Macron le fait. Zemmour a parlé du grand remplacement, Macron fait le grand remplacement. (…) A vouloir mettre la mosquée à côté de l’église, on aura Colomey-les-deux-Mosquées. (…) Si la conquête peut passer par la voie de la paix, c’est la voie de la paix qui sera choisie. (…) C’est toute l’Europe qui est en train de se faire coloniser. »

Le réchauffement climatique menace les éoliennes

L’Express s’inquiète pour les éoliennes : « les scientifiques, se demandent si nous aurons beaucoup de vent à l'avenir. L'année 2021 s'est déjà traduite par un trou d'air exceptionnel en raison des conditions anticycloniques présentes sur l'Europe du Nord. Ainsi, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne et au Luxembourg, la vitesse des courants d'air à une centaine de mètres d'altitude - la hauteur des éoliennes - a diminué de 10 à 15% par rapport aux moyennes habituelles. Pour le Royaume-Uni, il s'agit même d'un des pires résultats de ces soixante dernières années. Avec des conséquences concrètes : la production éolienne, qui représentait 18% du mix énergétique, a vu sa part tomber à... 2% en septembre 2021. »

Les PME de Challenges

L’hebdomadaire économique consacre sa Une à neuf entreprises récompensées par les jurys (qu’il a rassemblés) pour le « Grand Prix des Lionnes ». Mais malgré ce nom il n’y a que deux femmes distinguées par ce prix.

Exemple de réussite familiale avec MP Hygiène, société animée par Marc Miribel et ses deux enfants Pierre et Laure qui ont développé cette entreprise née en 1863. Avec ses 250 employés, et 113 millions de chiffre d’affaires en 2021, cette société ardéchoise revendique la deuxième place sur le marché français du papier d’hygiène hors foyers. Elle produit elle-même du papier, un investissement de 35 millions d’euros.

Il y a aussi Loly, entreprise fondée par Kelly Massol, en 2009 avec 1.500 euros, par une autodidacte qui conçoit et commercialise des produits capillaires à base d’ingrédients naturels pour cheveux textures (ondulés, bouclés, frisés et crépus). A 38 ans elle peut se félicité d’avoir atteint 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Présente dans dix pays, elle est distribuée dans 2500 points de vente, dont 1500 salons de coiffure, 250 Monoprix, et 80 magasins Marionnaud. Elle vient de signer avec Lagardère pour être présente dans quinze aéroports. Et désormais, elle vise le marché américain d’ici 2025.

International

La crise économique mondiale qui vient

L’Obs n’est pas optimiste : « Avec la flambée des tarifs de l’énergie et l’inflation, la plupart des pays développés vont affronter en 2023 une récession. Comme en 1973, l’année du choc pétrolier ? Ou comme en 2008, celle des “subprimes” ? »

« Pour les prévisionnistes, 2023 sera donc le nouveau 2008 ou le nouveau 1973. Deux mauvais millésimes, deux mauvaises nouvelles. Comme en 2008, année de la faillite de la banque Lehman Brothers et de la crise financière dite des « subprimes », 2023 sera marquée par un fort ralentissement de la croissance mondiale. De combien ? C’est le débat entre économistes, plongés dans le brouillard causé par la guerre en Ukraine. »

La bombe immobilière chinoise

L’Obs, dans un autre article parle de la crise qui frappe la Chine : « Une gigantesque bulle spéculative est en train d’exploser : en un an, les prix des logements ont chuté, les promoteurs sont à sec, et des bâtiments inachevés sont détruits. Un krach qui risque de plonger le pays dans de graves difficultés économiques. Avec de possibles répercussions mondiales » L’avenir serait très sombre : « De mémoire d’homme, c’est sans doute le plus grand krach immobilier qui se déroule sous nos yeux. »

Poutine le forcené

Dans Le Point, on croit trouver un portrait de Vladimir Poutine, mais c’est plutôt celui de la Russie dans le conflit avec l’Ukraine qui est proposé.

Poutine « triomphe en s’appropriant 15 % du territoire ukrainien. Sauf qu’il s’acharne à ne pas voir le reste : l’écroulement de son armée au nord-est de Kharkiv puis sur les fronts de Louhansk et de Kherson. »

« Le tableau ? Un désastre militaire pour Poutine, pourtant fier de la reconstruction de son armée durant les vingt-deux ans de son règne. L’arrogance du commandement, la faillite des services de renseignement et l’impréparation des bataillons ont ruiné ses ambitions. Voilà même ses hommes à court de munitions. »

« Ne jamais regretter. » À son arrivée au pouvoir en 2000, Poutine avait ainsi défini l’un de ses traits de caractère dans un ouvrage intitulé Première Personne (éditions So Lonely). Le résultat est là : une fuite en avant meurtrière dont l’affaire Nord Stream n’est que le dernier épisode en date. Car la mobilisation partielle décrétée le 21 septembre s’opère dans le chaos. Quelque 260 000 citoyens russes ont déjà quitté le pays pour échapper à l’enrôlement. »

Gazoducs et guerre sous-marine

Le Point évoque l’enquête sur les explosions qui ont percé deux gazoducs en mer Baltique : « Une indication sur la nature des explosions ne pourra être obtenue que lorsque des examens visuels auront été effectués sur place, par plongeur ou par drone sous-marin. Le prélèvement de sédiments autour des zones détruites donnera également des indications. On saura alors s’il s’agit d’une charge aussi élevée que celle évoquée par Copenhague et Stockholm dans leur rapport au Conseil de sécurité de l’ONU, ou bien d’une mine plus légère qu’utilisent les nageurs de combat. Ou encore de « charges creuses » posées contre les gazoducs. À moins qu’il ne s’agisse d’une charge posée à dessein dans le gazoduc, lors de sa construction, et ensuite déclenchée à distance depuis la terre. On se perd dans les conjectures. » 

La guerre en Ukraine et le patriarche Kirill

Dans Le Point,  Jean-François Colosimo  (auteur du livre La Crucifixion de l’Ukraine) ne mâche pas ses mots quand il parle du chef de l’église orthodoxe russe « Produit de l'ère totalitaire, enfant de la collaboration avec le KGB, aumônier des agents et des oligarques, inquisiteur en chef et ambassadeur bis pour le compte de Vladimir Poutine, Vladimir Goundiaïev (le patriarche Kirill) déshonore le christianisme. »

Dans le monde : démocratie libérale face au modèle autoritaire

Dans Le Point, Michel Duclos ancien ambassadeur de France, s’interroge : « Après cinquante ans de « déclin », l’Amérique, l’Europe et leurs alliés peuvent-ils renverser la vapeur dans le demi-siècle à venir ? » Il estime qu’il « y a bien une compétition entre modèles de gouvernance ou entre modèles de société dans le monde ; le principal péril que doit affronter l’Ouest dans les cinquante prochaines années est d’abord interne, c’est la crise de la démocratie libérale. La bonne nouvelle cependant, c’est que la crise du modèle autoritaire – en Chine comme en Russie, mais ailleurs aussi – a commencé. Elle n’en est qu’à ses prémices ».

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !