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Chaque année, en France, plus de 216 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire.
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©Reuters

Strangers in the night

Quand Twitter prouve que la théorie des 6 degrés de séparation maximum est totalement fausse dans les grandes villes

Selon une étude réalisée par des chercheurs hongrois, l'hypothèse selon laquelle chaque individu dans le monde est lié à un autre par une chaîne de relations personnelles d'au moins cinq personnes n'est pas si évidente sur Twitter.

S'il est un psychologue américain célèbre par son seul nom, c'est bien Stanley Milgram. Dans les années 1960, il a multiplié les expériences qui continuent de nous fasciner. Parmi elles, celle des fameux "six degrés de séparation." Les prémices  de l'expérience remontent à 1929. Frigyes Karinthy, un journaliste hongrois, évoque l'hypothèse que chaque personne sur Terre pourrait être reliée à une autre par des liens de six degrés. Stanley Milgram s'empare de l'idée en 1967.

Le chercheur décide d'envoyer 60 lettres à des recrues dans le Nebraska. Leur tâche est de transmettre ce courrier  à une personne vivant dans le Massachusetts. Pour y parvenir, ils devaient confier le pli à une personne capable de se rapprocher de la cible. Dans les faits, seuls 5% des courriers sont arrivés à destination avec effectivement environ six degrés de séparation. Mais une des lettres  n'a mis que 4 jours à arriver à bonne destination, ce que Milgram ne se priva pas de faire remarquer. Une impression de réussite que tout le monde a gardé à l'esprit.

Mais dans une société mondialisée, l'expérience s'avère plus efficace. En 2011, le réseau social Facebook s'est amusé à calculer le degré de séparation de ses utilisateurs. Et le résultat est une moyenne de 4,74 personnes.

Des chercheurs de l'Université Eötvös Loránd de Budapest, en Hongrie, ont tenté de vérifier la même théorie aux messages transmis via Twitter. Publiée sur le site PLOS one, l'étude révèle quelques surprises. Pour mener à bien l'expérience, les chercheurs ont collecté, pendant deux ans et demi, une énorme base de données avec environ  six millions d'utilisateurs localisables.

L'idée était de faire parvenir un message, d'une métropole à l'autre, entre deux utilisateurs, et de trouver la "route navigable" la plus courte possible entre les deux. Et qui donc ne devrait pas dépasser les six fameux degrés de séparation. Ainsi, ils ont pu suivre le cheminement d'un message parcourant plusieurs centaines voire milliers de kilomètres. En détails, un utilisateur reprenait le message d'un de ses abonnés. Et en remontant la source, le résultat fonctionne. Un message parti de New York est reçu à Chicago à environ trois à six degrés de séparation. "Si vous demandez à un ordinateur de calculer les degrés de séparation  entre deux individus à travers le monde, vous obtenez le chiffre juste" explique le chercheur Gábor Vattay au site City Lab. "Vous aurez six aux Etats-Unis et un peu plus dans le reste du monde." Pour l'instant, tout va bien.

Mais l'expérience se gâte lorsque le message arrive dans la ville. Dans seulement 20% des cas, les chercheurs ont trouvé une "route navigable" entre deux utilisateurs à proximité l'un de l'autre. "Le message se perd dans la ville" explique Gábor Vattay. "Si vous vivez dans une ville, la plupart des personnes que vous connaissez est répartie aléatoirement. Le message va se contenter de faire des tours à l'infini sans jamais trouver sa destination." Ce qui fait la force des grandes distances, c'est la situation géographique. Un utilisateur est en relation avec ceux des Etats voisins et à force, le message avance vers la cible. Mais dans une ville, tout est brouillé.

Pour City Lab, rien d'anormal. Ce résultat est même conforme à l'expérience de Milgram. A l'époque, le courrier "atteignait rapidement le bon secteur géographique mais tournait en rond jusqu'à finalement tomber sur le bon cercle d'amis."

Vraie ou fausse, la théorie n'en finit pas d'inspirer. Récemment, des chercheurs souhaitaient découvrir "l'épicentre" de Hollywood, comme le raconte Slate. En l'occurrence, il s'agit de Denis Hopper, héros d'Easy Rider, avec un nombre moyen de 2,80 degrés de séparation avec le reste de la profession.
 

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