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Antoine Gallimard : « Folio est ouvert à l’inédit de notre temps » 
©Antoine Gallimard / Photo C. Helie

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Antoine Gallimard : « Folio est ouvert à l’inédit de notre temps » 

Annick  Geille

Annick Geille

Annick Geille est écrivain, critique littéraire et journaliste. 

Voir la bio »

Janvier 2022 : Antoine Gallimard célèbre les 50 ans de la collection Folio. 

Repères :

Folio possède le plus grand catalogue de fonds de tous les éditeurs français. Cette collection représente 50% du chiffre d’affaires de Gallimard. Folio travaille avec une centaine d’éditeurs extérieurs au groupe afin de proposer aux lecteurs de Folio de grands textes découverts par d’autres maisons (voir ci-dessous « Cimetières d’étoiles » de Richard Morgiève, publié à l’origine chez Joëlle Losfeld  Grand Prix de la Littérature Policière 2019. Ce polar va être réédité le 13 janvier prochain chez Folio.) L’ouverture aux autres maisons d’édition assure la vitalité de Folio. Depuis sa création le 24 mars 1971 - suivie dès le 9 juin des premières maquettes de couverture-, 468 millions d’exemplaires de Folio ont été vendus, soit 50 Folio par minute. Folio compte par exemple le plus grand nombre d’auteurs lauréats du Goncourt  (92). Albert Camus est quant à lui la meilleure vente du catalogue Folio avec neuf millions d’exemplaires vendus pour « l’Etranger »… 

Quid du pass littéraire « Folio » ? 

• Date de création : 1972

• Nombre de nouveautés par an (toutes séries confondues) : 300

• Format : 108 x178 mm

• Prix moyen : 7,05 € .

Antoine Gallimard, PDG du groupe MADRIGALL évoque pour ATLANTICO  le pouvoir d’attraction de Folio

«Avec plus de 9000 titres, Folio est avant tout un catalogue d’auteurs qui décrivent un horizon de créativité multiple. Le premier titre publié en 1972, « La condition humaine » d’André Malraux, semble annoncer le fait que chaque grand romancier augmente notre connaissance des hommes. Permettant le dialogue entre  textes fondateurs et nouveaux talents, Folio reste ouvert à l’inédit de notre temps. Un catalogue vivant en forme de géométrie sensible, où se déploient des livres qui aident à vivre, et approfondissent notre vision du monde. Des histoires qui nous embarquent et de grands romans qui cheminent en chacun  d’entre nous. Une littérature toujours accessible et enrichissante. Folio accompagne les auteurs sur un temps long, depuis leurs premiers romans jusqu’aux prix littéraires qui les consacrent, en n’oubliant pas de parier aujourd’hui  sur ce qui sera demain notre héritage littéraire. 

Une célébration du patrimoine mondial avec une volonté de le questionner, d’avancer sans cesse, car ce qui est  intemporel aujourd’hui a été nouveau un jour. « Avancer, par de nouvelles découvertes, sur la voie héritée », rappelle Milan Kundera. Ainsi, Folio donne accès à un monde plus sensible et plus vaste. Et parce que « le livre n’appartient plus à celui qui l’a écrit, mais à ceux qui le lisent » selon Patrick Modiano, le lecteur reste au centre du processus. Par son format, son catalogue et son prix, Folio met la littérature à la portée de tous : elle  cesse d’être un privilège pour devenir un partage, le plus court chemin reliant un homme à un autre. »   Antoine Gallimard

Editions Gallimard - Francesca Mantovani

Richard Morgiève « Par-delà le Bien et le  Mal »

Le roman policier « Cimetière d’Etoiles » de Richard Morgiève  est une méditation sur le Mal. Écriture riche de trouvailles, intrigue au second degré. Cruautés atroces et humour froid - voir même refroidi -  garantis.  A lire le 13 janvier prochain ( Folio).

Repères : 

Né à Paris en juillet 1950,  Richard Morgiève  publie son premier roman à trente ans, remarqué par Jean-Patrick Manchette. Quatre romans policiers suivront, puis un premier roman de littérature générale, « Des femmes et des boulons » (1987) . Morgiève a depuis lors publié une vingtaine de fictions, parmi lesquelles « Vertig », (prix Wepler 2005), « Les hommes », (prix Printemps du roman 2017).Après avoir obtenu le Grand Prix de la Littérature Policière en 2019 pour «  Le Cherokee » ( Joëlle Losfeld), Richard Morgiève publie  « Cimetière d’étoiles » (Joëlle Losfeld) qui sera  réédité  le 13 janvier 2022 chez  Gallimard/Folio. 

Richard Morgiève : Le Rimbaud du Polar

« Pas besoin d’être légiste pour voir que c’était du 45 ACP, que la balle avait traversé́ la boîte crânienne de bas en haut et qu’elle avait dû ressortir pas loin de l’orbite droite. Le gars aurait été défiguré et borgne s’il avait continué à lacer ses godasses mais on les lui avait piquées. Fletcher l’a retourné. Il ne s’était pas trompé. Il ne lui restait plus qu’un seul œil, vert. Ça allait avec ses cheveux blonds » Ainsi commence  la suite  du (fameux ) « Cherokee » ( Joëlle Losfeld/2019)  mais les deux polars de Morgiève peuvent se lisent séparément  . Même veine philosophique, même stupéfiante écriture, même regard désabusé sur la vie, dissimulant une tendresse enfouie. Richard Morgiève ( Prix de la littérature policière 2019 avec « Le Cherokee », justement voit son « Cimetière d’étoiles » réédité en poche chez Folio le 13 janvier prochain. Au premier degré ,un roman policier que l’on jurerait made in USA,  tant cet  auteur franco-français  semble plus américain que les natifs du Texas. Personnage complexe et taiseux, le flic Frechter erre le long de la frontière  (El Paso, Ciudad Jerez) avec son pote, détective lui aussi, tous deux extrêmement seuls sur terre donc pas follement joyeux. Les deux flics sont en quête de vérités qui se dérobent et  d’un éventuel tueur en série ayant froidement refroidi un ex Marine.  L’assassin rôde, les cadavres s’amoncellent,  « Ecce homo » (1888) dirait Friedrich Nietzsche, c’est- à- dire qui sommes-nous au fond, tout au fond, et pourquoi sommes-nous nés ?  Pour faire le Mal ou nous tenir le mieux possible dans une humaine condition compliquée par  l’absurdité des destins  ? Le détective métaphysique s’interroge.  L’écriture de Richard Morgiève est  faussement folle car  travaillée d’une main de maître  et à la virgule près .Cette  écriture  secrètement douce et  totalement dingue d’un Rimbaud du polar se met au service d’une intrigue ultra-noire. Entre deux scènes macabres, on écorche vif, on émascule,  le sang  jaillit de partout, on coupe, on viole,  on tranche. Des  bribes de bible flottent à la dérive de chapitres forgeant le mystère et un suspense d’enfer. L’Écriture (sainte)  fixe l’Apocalypse dans les yeux . C’est bien connu, le diable se cache dans les détails : la scène de crime. Morgiève rejoue par la littérature  sa version 2022 du « Combat avec l’Ange » d’ Eugène Delacroix (1798-1863) » Plus Richard Morgiève est violent, déjanté, plus on sent ses personnages  en quête de ce qui les empêche de dormir, de  respirer, de penser, de vivre même : le sens. Le sens d’à peu près tout. Leur propre nécessité, la gratuité pour ne pas dire l’absurdité de tout, villes hameaux et campagnes, toutes nationalités et races confondues. On pense  aux chairs torturées de l’humaine condition telle que peinte par Francis Bacon.  Écoutons la voix tragique du flic écrasé par le destin et  les divinités grecques du Portique de Tibère  : « Il était au-delà du bien et du mal sans avoir lu Nietzsche. Il a craché par la vitre ouverte et a démarré. Les Oiseaux se sont éparpillés, ils craignaient les gaz d’échappement et les pneus » Génial architecte de cette fiction furieuse, l’auteur  est en quête de réponses, si bien qu’on  peut dire de Richard Morgève qu’il est le  spécialiste du polar antique donc philosophique. Déjantée est le mot qui caractérise le mieux  sa littérature, subtile est son écriture, car l’auteur sait  cacher son ressenti pour mieux créer chez son lecteur le malaise et l’angoisse  qui hantent tous les personnages (en particulier ces chercheurs de sens que sont les flics de Morgiève) Une inquiétude ontologique signalant le meilleur du polar à la française. Annick Geille

Extrait : 

El Paso, l’enquête au deuxième jour 

«Tel fait une distinction entre les jours; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. » 

Et là, ce 2 janvier 1963 dans sa première heure, Fletcher et Drake s’étaient garés à proximité de la caravane dans le but d’enculer les Vautours et les agents du FBI Forrest Greene et Tim Hill : faire le mal pour obtenir le bien, ou de la monnaie. Plus subjugués qu’impressionnés par le mystère et le côté spectaculaire de l’affaire de la «caravane sanglante», du «mystère de l’homme écorché», les Vautours avaient récemment décidé de faire de la caravane leur plaque tournante, leur nid d’amour. Ils donnaient là leurs rendez-vous de business et baisaient des putes ou des gamines pas forcément consentantes – c’était pas des gars à faire la différence. Ils étaient pensés par leurs zobs et les réminiscences d’histoires pornos lues dans le noir à la branlette. Drake s’est garé à trois taffes de Lucky derrière la caravane... Un roadrunner a traversé la piste à toute pompe.

— Pourquoi ils sont pas albinos quand c’est blanc? a grogné Drake. Il dénote dans le décor, ce con-là. 

Il s’est retourné et a attrapé le sac du traiteur « Tran ». Ouvert tous les jours jusqu’à minuit, sodas, bières, farces et attrapes. Drake ne pigeait pas pourquoi les Tran vendaient des pétards et des masques chinetoques ainsi que des nems et des conserves de litchis. Étaient-ils manipulés par des entités ? Ils sont sortis du Cercueil. Dans ce milkshake goût assassinat, Rollie Fletcher faisait encore plus fantôme, paraissait plus à la ramasse. Quant à Drake, il était plus dégueulasse que d’ordinaire. Pour dire quelque chose de plus, ils avaient la gueule qu’avaient les bonshommes de ce Francis Bacon, ce côté écorché et blet. 

Même banale, la caravane se tapait un genre pas banal. Un genre «ordinaire inquiétant». Un genre «le pire est dans la norme ». Et il ne fallait pas oublier le passé, le gars écorché et mutilé. Bonne ambiance festive. Les scellés, tu oublies. Les Vautours s’étaient payé une serrure. Pour eux, la caravane n’était plus une scène de crime... La caravane était à eux. Bien sûr, Drake avait le sésame. Sont entrés dans le nid d’amour des deux buses. Les photos prises par « Cap » Connors avaient fait le tour du pays, accompagnées bien sûr de la prose de Dale Rose: «À quelques pas de la caravane maudite, le supplicié écorché et castré avec une cruauté diabolique par un suppôt de Satan serrait dans sa main droite la photographie de sa femme chérie... » Malgré tout son talent de prosateur Rose n’avait pas pu faire pire que ce que Fletcher et Drake avaient vu. Quant aux photos de « Cap » Connors, elles étaient en noir et blanc. Fletcher et Drake, eux, avaient connu la scène de crime en couleurs et odorama. Tous les flics le savaient, lorsqu’il y avait du sang en quantité, le plus souvent, il y avait des excréments. Le temps passait son éponge toutes les secondes et au bout d’un an, le sang et la merde avaient perdu couleurs et odeurs. Ce n’était pas plus qu’une pièce maculée de taches brunâtres, de traces de doigts sur les parois, les vitres. Les Vautours avaient investi dans un calendrier publicitaire Firestone avec des pin-up et des pneus, une cafetière, deux tabourets, un poste de radio. Un seau à glace Martini. Sur une étagère, une bouteille de Johnny Walker, à peine entamée. Manquait le fer à repasser mais pas le coussin Mickey jeté sur la banquette convertible en lit pour l’accouplement. Ils avaient lavé la table jadis trempée de sang et de viscères, disposé dessus une toile cirée festonnée de pères Noël joyeux avec des skis et des hottes pleines de joujoux... Tranquille, quoi. 

Ce qui était curieux, c’était le panneau pour mesurer l’acuité visuelle. Pourquoi les Vautours avaient-ils placardé ça ? Ils étaient en train de devenir aveugles ? Fletcher et Drake se sont concertés du regard. Les Beaky Buzzard étaient cons et fous, alors... Fletcher et Drake se sont assis. Drake a écouté la montre du Marine, la sienne, et a dit que le temps coco ne passait pas comme le temps GM – General Motors. Il a dit que le son de l’heure coco était plus vif, moins creux. Il a dit que si les rouges gagnaient la guerre, les Américains seraient moins cons car il n’y en aurait plus. Fletcher a posé son sac de l’inoubliable supérette Canton 400 S. Campbell St. – El Paso. Drake a plongé la main dans le sac du traiteur « Tran » – 

L’été toute l’année pour vos palais ». Fletcher a raflé deux mouches à macchabée endormies sur une vieille flaque de sang. Les mouches sont allées dans la boîte à mouches. Fletcher a constaté à mi-voix qu’il avait quatorze mouches en sa possession. 

Chacun ses placements. 

Les mouches mortes infectent et font fermenter l’huile du parfumeur ; un peu de folie l’emporte sur la sagesse et sur la gloire ». 

Fletcher a pensé au Dindon, à sa description: salopette, grand, dents en fer, chaussures de chantier. Simultanément, il s’est rappelé avoir pensé à un danger qu’il aurait en quelque sorte «apporté» au Corral à l’aube du premier jour de l’année... Lequel? Drake lui a tendu une serviette en papier et un rouleau de printemps (traiteur « Tran »)... Ils ont dépiauté leurs sandwichs bridés. 

— Sans sauce d’abord, a dit Drake. 

Ils ont mordu dans leurs rouleaux, mâché ça comme s’ils tentaient de résoudre des équations du deuxième degré. 

— Meilleurs que ceux des Wong,s’est prononcé finalement Drake. D’accord ? 

— Ça ne se discute pas. 

— Et la sauce des Tran, elle ne se compare pas avec celle des Wong... Les Wong, c’est des Suisses. 

Tous les objets présents dans la caravane lors de la découverte du pèlerin écorché étaient partis. Sauf le lit, la table, les rideaux. Il manquait une des deux appliques. Une sirène en faux bronze. Elle manquait aussi lors de la découverte de la scène de crime. Fletcher a enfoncé la main dans le sac du trai- teur «Tran» et attrapé par la queue le flacon de sauce viêt. Aussi épicée que la « Gran pija » (à noter qu’elle ne faisait pas bander, elle). Rouge cul de babouin. Fletcher et Drake étaient respectueux des traditions. La «Gran pija» c’était pour les tortillas et les mexicaneries, les GDB. La sauce viêt pour les chinoiseries. La vie exigeait du doigté, de l’ordre. Fletcher a barbouillé son rouleau avec la sauce et donné le flacon à Drake qui l’a imité. Les rouleaux de printemps mouraient en silence, mais ils souffraient peut-être ? a pensé Drake. 

— J’adore, a-t-il dit en s’essuyant la bouche et les mains avec sa serviette en papier, pour la bouffe j’aimerais bien être jaune... Pour la queue, non. 

Il a pêché dans le sac deux barquettes de riz cantonais mélangé avec du porc caramélisé. Il a tendu des baguettes à Fletcher, lui a utilisé ses doigts. 

— C’est des porcs viêts ou américains? a-t-il dit la bouche pleine. 

Il a vidé une partie du flacon de sauce hémorroïdes dans sa barquette. Une mouche bourdonnait, on aurait dit une Vocho avec des ailes et de la merde plein le coffre. Fletcher en avait marre des mouches. Il a observé l’applique qui restait et a pensé au modus operandi du Dindon : il incorporait à une scène de crime un élément d’une scène de crime antérieure... Il aurait pris l’applique manquante pour la mêler à une future scène de crime... Et dans la caravane, ça serait quoi l’élément venu d’une autre scène de crime ? Il fallait qu’il arrête avec ça, il était en train de tout mélanger... Là-dessus, il s’est souvenu du mémo du shérif Nick Corey ! Le Dindon était diabétique, putain! Les débris de verre trouvés sur la moquette de la caravane, c’était l’ampoule qui avait contenu l’insuline qu’il s’était injectée. Et les empreintes laissées, c’était la signature du Dindon, ses Thorogood, son problème de pronation. Il avait mis du temps à percuter. Il fallait dire que lui et Drake ne s’étaient pas creusés à l’époque. Fletcher a regardé une fois de plus le panneau pour mesurer l’acuité visuelle. Pourquoi les Vautours avaient-ils accroché ça? Fletcher s’est levé. Du sac Tran, il a sorti trois paquets de marie-jeanne qu’il a laissés sur la nappe aux pères Noël, des fois qu’ils se défoncent. 

— Vas-y, a dit Drake, je vais faire le ménage... Et garde le sac, on pourrait essayer de voir s’il étouffe comme il faut. 

Il a sorti sa seringue et a balancé un chouette gros jet un peu partout en chantonnant Moon River comme l’aurait fait Audrey Hepburn. Il se l’est secouée en marmottant : « Une goutte pour papa, une goutte pour maman. » Il a pris la couvrante jadis trempée de sang et la bouteille de Johnny Walker. Il est sorti de là. Il a refermé la porte à clef. Il est parti vers le Cercueil en traînant la couverture pour effacer leurs traces dans le yaourt. Il a manqué tomber dans une des tapettes à souris creusées par l’El Paso Electric Co. Il a flanqué la couvrante dans le coffre, a retrouvé Fletcher qui lui a tendu une Lucky allumée. Fletcher a mis le contact et le Cercueil s’en est allé dans le laitage. 

"Et je vis comme une mer de verre, mêlée de feu. Et ceux qui avaient remporté la victoire sur la Bête, et sur son image, et sur le nombre de son nom se tenaient debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu"

— L’origine du mal, a déclaré Drake, c’est les autres. 

Copyright Richard Morgiève / Cimetière d’étoiles / Folio (en librairie le 13 janvier 2022)

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