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L'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair.
L'ancien Premier ministre britannique, Tony Blair.
©Tolga Akmen / AFP

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Afghanistan : Tony Blair juge le retrait américain "imbécile", "tragique", "dangereux" et "inutile"

L'ancien Premier ministre britannique remarque que "les seules personnes qui applaudissent vraiment cette décision sont les personnes hostiles aux intérêts occidentaux".

"L'abandon de l'Afghanistan et de son peuple est tragique, dangereux, inutile, et n'est ni dans leur intérêt ni dans le nôtre", l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair dans un article mis en ligne samedi sur le site de sa fondation, puis dimanche dans le Daily Mail. 

Celui qui, il y a vingt ans, avait engagé le Royaume-Uni dans la guerre en Afghanistan aux côtés des Etats-Unis estime que le sacrifice consenti par les troupes britanniques - y compris celles qui sont mortes - "n'était pas vain". Pour Tony Blair, les progrès réalisés dans le pays au cours des 20 dernières années - notamment une génération qui a grandi sans la domination des talibans - sont une "bonne cause" qui "compte aujourd'hui".

Après avoir rappelé le contexte de l'intervention occidentale en 2001 - "Les Talibans ont reçu un ultimatum : nous livrer la direction d'Al-Qaïda ou être écartés du pouvoir. Ils ont refusé. Nous avons estimé qu'il n'y avait pas d'alternative plus sûre pour notre sécurité que de tenir notre parole" - il déplore le changement d'état d'esprit des occidentaux. "Aujourd'hui, nous sommes dans un état d'esprit qui semble considérer l'instauration de la démocratie comme une utopie et toute intervention, quelle qu'elle soit, comme une course folle. Le monde ne sait plus où se situe l'Occident, car il est évident que la décision de se retirer d'Afghanistan n'était pas motivée par une grande stratégie, mais par la politique. Nous n'avions pas besoin de le faire. Nous avons choisi de le faire. Nous l'avons fait en obéissant à un slogan politique imbécile sur la fin des "guerres éternelles", comme si notre engagement en 2021 était vaguement comparable à celui d'il y a 20 ou même 10 ans, dans des circonstances où les effectifs avaient diminué au minimum et où aucun soldat allié n'avait perdu la vie au combat depuis 18 mois."

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"Les progrès réalisés au cours des 20 dernières années étaient réels. Et pour ceux qui le contestent, lisez les lamentations déchirantes de tous les secteurs de la société afghane sur ce qu'ils craignent de perdre maintenant. Des gains en termes de niveau de vie, d'éducation, en particulier pour les filles, des gains en termes de liberté. C'est loin d'être ce que nous espérions ou voulions. Mais ce n'est pas rien. Quelque chose qui vaut la peine d'être défendu. Qui mérite d'être protégé", estime-t-il.

Il regrette les implications à long terme de ce retrait. "Le monde ne sait plus ce que défend l’Occident, tant il est évident que la décision de se retirer d’Afghanistan de cette manière était motivée non pas par la stratégie mais par la politique", écrit Tony Blair. "Nous l’avons fait sous les applaudissements de tous les groupes djihadistes du monde", poursuit-il. Et "la Russie, la Chine et l’Iran observent et en profitent. Les engagements pris par les dirigeants occidentaux seront évidemment considérés comme une monnaie dévaluée". "Vous regardez le monde entier et les seules personnes qui applaudissent vraiment cette décision sont les personnes hostiles aux intérêts occidentaux", résume-t-il.

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