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La tapisserie de Bayeux prêtée à l'Angleterre, un cadeau ironique ?
©Musée de la Tapisserie de Bayeux

Dieu et mon droit

La tapisserie de Bayeux prêtée à l'Angleterre, un cadeau ironique ?

Un cadeau n'est jamais innocent. Il oblige et porte une signification . C'est le cas de cette très ancienne tapisserie racontant la conquête de l'Angleterre par les Normands.

C'est tout d'abord un cadeau diplomatique, à la manière des pandas qu'offre systématiquement la Chine aux pays amis de Pékin. La France étant renommée pour son art, elle ne pouvait qu'offrir une de ses plus grandes œuvres, et l'adjectif est bien choisi quand on sait que la tapisserie est longue de 70 mètres. Gardée à Bayeux, la très fameuse "tapisserie", merveille de l'art médiéval, devrait donc être restaurée avant un acheminement dans environ cinq ans pour un prêt dans un musée londonien. 

C'est un cadeau hautement symbolique : la tapisserie de Bayeux est un des vestiges les plus importants de la fondation du Royaume d'Angleterre. Tissée probablement par des artisans anglais, elle raconte la prise de l'île par le chef de la Maison de Normandie, le fameux Guillaume le Conquérant. Une façon de rendre hommage aux origines héroïques de l'Angleterre, de célébrer une geste originelle empreinte de gloire et de bravoure ? Très certainement. Mais avec un peu de vice, ce serait aussi l'occasion de montrer que la maison régnante fut à l'origine française (ou du moins normande), et ce dès le XIe siècle ! Mais à moins d'avoir encore au travers de la gorge les traitrises de la perfide Albion à Mers El Kébir, Azincourt ou Waterloo, ce cadeau de la Tapisserie de Bayeux à nos alliés anglais montre surtout que les destins de nos deux pays ont toujours été liés, dans le sang comme dans la paix. 1000 ans d'histoire commune succèdent à cette œuvre magistrale, et ce n'est pas rien !

Mais tout don implique un contre-don. Et si l'ardoise de la gestion de la frontière à Calais va de fait s'alourdir pour l'Angleterre, on pourrait souhaiter qu'une grande œuvre britannique traverse elle aussi la Manche. À quand, au hasard, le prêt de la pierre de Rosette par le British Museum ? Jamais probablement. Ils savent bien qu'on ne la leur rendrait pas !

 

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